Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


Se connecter à moi sur LinkedIn Me suivre sur Twitter Facebook RSS

lundi, décembre 27, 2010

Radio: Est-ce qu'on parle mal la France ?

Je vous retrouve demain sur France Inter de 10h à 11h, dans l'Emission Service Public, en compagnie de Jeanne Bordeau, sur le thème "Est-ce qu'on parle mal la France ?" (sic -- ce n'est pas moi qui ai choisi le titre).



Vieux serpent de mer, auquel on ne finit plus de couper la tête -- elle repousse aussitôt !

NB: L'émission pourra être écoutée en podcast sur le site après enregistrement.

PS
Pour ceux qui prennent le train des commentaires en route, la discussion (fort intéressante, merci amis lecteurs une fois de plus !) enchaîne sur mon interview dans Libération du 6 mars (maintenant en libre accès), à propos du langage de Nicolas Sarkozy (buzz provoqué par la lettre du député François Loncle et la réponse du Ministre de l'Education Nationale).

PPS
L'affaire dépasse maintenant nos frontières... Je viens d'être interviewé sur BBC 4 dans le Six O'Clock news sur le sujet. Les observateurs étrangers sont quelques peu ébahis !

29 Commentaires:

Anonymous estellebeaurivage a écrit...

Moi, je veux bien que Sarkozy touche par sa rhétorique talentueuse, selon ce que vous laissez entendre. Mais on ne me retirera pas de l'idée que la connaissance de la langue, de sa syntaxe,de sa prononciation font partie de l'étiquette qui légitime (ou du moins rend crédible)le pouvoir.
Les Fançais sont entrain de s'apercevoir que non seulement ils n'ont pas voté pour un Marchais, mais pour un sous-Poulidor.
Ceci dit émission très intéressante.

28 décembre, 2010 15:33  
Blogger Ø a écrit...

S'il s'agit d'un serpent dont la tête repousse, ne devrait-on pas parler d'hydre (de Lerne) ?

28 décembre, 2010 23:42  
Blogger Jean Véronis a écrit...

0> Je suis bien d'accord: en écrivant je me disais que ni le serpent de mer, ni l'Hydre ne correspondaient tout à fait à l'image dont j'avais besoin, et je me suis permis de fabriquer un croisement... Mais peut-être que l'Hydre était un serpent de mer, finalement ?

29 décembre, 2010 16:58  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Estellebeaurivage> Ce n'est pas contradictoire. On peut être bête de rhétorique et massacrer la langue académique. C'était le cas de Georges Marchais par exemple. Parler "popu" dans son cas était quasiment une garantie d'authenticité... En ce qui concerne le président de la République, je partage votre avis: cela le desservira. Je suis convaincu que la majorité des français, y compris des classes populaires, ouvrières ou rurales, qu'il tente de séduire, ont en tête le stéréotype du monarque lettré, qui représente et glorifie la France, et constitue en quelque sorte le but ultime de l'ascenseur social à la française.

29 décembre, 2010 16:59  
Anonymous Anonyme a écrit...

L'hydre de Lerne est effectivement un serpent des marécages!

29 décembre, 2010 19:21  
Anonymous Emmanuel a écrit...

bonjour, j'ai écouté l'émission et j'y ai découvert que le corpus français comptait entre 500 000 et 800 000 mots !(à 2 min 55) Mais en cherchant confirmation sur le net, je n'ai rien trouvé de cet ordre. (Le chiffre des mes cours en SCL tournait autour de 100 000)
Je sais bien que la notion de "mot" est variable mais où trouver la source du chiffre donné par J Bordeau ?

02 janvier, 2011 18:11  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Emmanuel> Non, ce chiffre est totalement fantaisiste (ce n'est pas moi qui l'ai donné d'ailleurs !). Tout comme les affirmations du journaliste sur le nombre de mots dans les discours de Nicolas Sarkozy. Il est extrêmement difficile de quantifier le lexique du langue. La notion même ne veut pas dire grand chose... Compte-ton les mots techniques (et qu'est-ce qu'un mot technique ?) Si oui, rien que la chimie nous en offre des centaines de milliers... De plus, le langage est potentiellement infini par le jeu des préfixes et des suffixes. Très difficile. Trop difficile pour jeter des chiffres à la va-cite à la radio !

02 janvier, 2011 18:16  
Anonymous Anonyme a écrit...

Et comment qu'on l'écrit la France ?
"ce n'est pas moi qui ai" (je pense que c'est de l'indicatif et en plus à la limite si c'était du subjonctif, ç'aurait été "aie", non ?)

03 janvier, 2011 10:34  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Oui, bien sûr, l'accord se fait avec l'antécédent du pronom relatif. Merci d'être passé(e).

03 janvier, 2011 11:12  
Anonymous Anonyme a écrit...

Dans la série tout vient à point à qui sait refréner sa rage infinie, libé propose un joli article sur le président et sa façon de parler.
On y apprendra avec joie que, d'après Luc Chatel, si le président parle comme le beauf-frêre de mon voisin, c'est parce qu'il a envie que celui-ci le comprenne. Donc son élocution n'est que le reflet de sa proximité avec la France qui parle mal la France.

"(..) Juger de son expression en puriste, c'est donc non seulement lui intenter un injuste procès, mais aussi ignorer son sens de la proximité."
CQFD.
http://www.liberation.fr/politiques/01012311588-sarkozy-ne-parle-pas-mal-il-refuse-le-style-amphigourique

Bonne année pleine de posts amphigouriques (j'ai bon, je crois pas..? je suis toujours ému quand j'emploi un nouveau mot, désolé)
Djamé

05 janvier, 2011 00:29  
Anonymous David Desgouilles a écrit...

Bonjour Mr Véronis. J'ai appris, en écoutant la revue de presse de France Inter de ce matin, l'existence de votre analyse sur le langage de Nicolas Sarkozy et votre analogie avec Georges Marchais.
je souhaitais donc vous faire part de l'article que j'avais rédigé en mars 2009 sur ce sujet et qui recouvre une bonne part cette analyse.

http://carnet.causeur.fr/antidote/la-strategie-des-deux-georges,00239

Cordialement à vous,

David Desgouilles
Blog Antidote
Collaborateur à Causeur.fr et blogueur associé de Marianne2.fr

06 janvier, 2011 10:30  
Anonymous Anonyme a écrit...

Bonjour,

Je suis désolé, je n'ai pas pu trouver votre analyse donc je ne connais pas son contenu. Avez-vous effectué une analyse statistique des fautes de français commises par notre Président ?

Si tel est le cas, il faudrait pour que cela soit significatif comptabiliser le nombre de fautes par rapport au nombre de mots prononcés et non seulement "dans l'absolu".

Vous le savez, notre Président s'exprime beaucoup, sur tous les sujets et souvent spontanément il n'est donc pas impossible que ses fautes ne soient finalement pas si fréquentes.

Un autre argument que j'ai lu ici et là me dérange : On dit d'une part qu'il parle "popu" par démagogie et d'autre part qu'il n'est pas lettré et donc qu'il ne maîtrise pas son langage.

C'est - comme la plupart des critiques à son égard, mais ceci est un autre débat - tout à fait contradictoire : S'il est peu lettré et qu'il parle réellement comme cela, alors où est le calcul ? S'il calcule un langage "popu" alors comment expliquer qu'il réussisse à ne jamais "déraper" et à parler toujours sur le même ton ?

A mon avis, un homme (ou une femme) médiatisé ne peut pas vraiment tricher sur sa façon de communiquer, car à force de débats, d'interviews, de discours, ses défauts et sa véritable "nature" se révèlent.

Sur le "fond" (même si on parle de forme), je ne pense pas que le langage "familier" soit incompatible avec la politique. On demande aux politiciens d'écouter, d'organiser, de légiférer, de prendre des décisions. Il ne faut pas attendre d'eux une maîtrise parfaite de tous les domaines comme le font les français.

Enfin, un argument évident : A l'oral n'importe qui commet bien plus de fautes qu'à l'écrit et se permet des raccourcis, et on ne peut pas se "relire".

Alors Monsieur Veronis, ma question est simple : Si vous vous adressiez à plusieurs millions de français tous les jours, êtes-vous bien certain que vous ne feriez pas de fautes ?

06 janvier, 2011 14:13  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Anonyme> Votre commentaire est long et nécessiterait peut-être un billet en réponse... Je vais essayer de répondre sur ces quelques points.

> Avez-vous effectué une analyse statistique des fautes de français commises par notre Président ?

Non, j'adorerais pouvoir le faire. Mais il faudrait pour cela disposer de la transcription (fidèle, pas retouchée) de nombreuses heures d'enregistrement, ce dont nul dispose.

> Si tel est le cas, il faudrait pour que cela soit significatif comptabiliser le nombre de fautes par rapport au nombre de mots prononcés et non seulement "dans l'absolu".

Oui, et non. Il y a certes un point de vue quantitatif: les meilleurs lettrés s'embrouillent parfois la langue dans un lapsus ou un "accident" d'élocution. C'est normal, et c'est le propre de l'oral. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, si autant de monde remarque les erreurs, c'est très probablement qu'elles dépassent le seuil de l'habituel. Mais au-delà du quantitatif, il y a le qualitatif. Certaines fautes sont "typantes". Quant vous les faites, elles suffisent à vous "cataloguer" comme "non-éduqué" (c'est un constat, pas une approbation du phénomène de ma part). C'est le cas de mauvaises constructions du type "Qu'est-ce que j'm'aperçois" ou "si y'en a qu'ça les démange", ou bien de pronnociations du type "chu pas sûr, M'ame Chabot". Prenez des personnalité politique du même âge et à peu près du même parcours: Villepin, Royal, et vous verrez que, s'ils "buggent" à l'oral comme tout un chacun, ils ne produisent pas ce type d'énoncé.

Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, le seul équivalent parmi les personnalités politiques connues, c'est Georges marchais, ce qui est paradoxal.


> Un autre argument que j'ai lu ici et là me dérange : On dit d'une part qu'il parle "popu" par démagogie et d'autre part qu'il n'est pas lettré et donc qu'il ne maîtrise pas son langage. C'est - comme la plupart des critiques à son égard, mais ceci est un autre débat - tout à fait contradictoire : S'il est peu lettré et qu'il parle réellement comme cela, alors où est le calcul ? S'il calcule un langage "popu" alors comment expliquer qu'il réussisse à ne jamais "déraper" et à parler toujours sur le même ton ?

Je ne suis pas d'accord avec cet argument. Nicolas Sarkoy ne calcule pas son "langage popu". C'est bel et bien son langage, même si, en bon politique, il se connaît et le "surjoue" de temps à autre (comme chez Alsthom). Mais c'est ancré en lui, depuis son enfance.

... suite -->

06 janvier, 2011 14:34  
Blogger Jean Véronis a écrit...

--suite-->


> A mon avis, un homme (ou une femme) médiatisé ne peut pas vraiment tricher sur sa façon de communiquer, car à force de débats, d'interviews, de discours, ses défauts et sa véritable "nature" se révèlent.

Nous sommes d'accord.

Sur le "fond" (même si on parle de forme), je ne pense pas que le langage "familier" soit incompatible avec la politique. On demande aux politiciens d'écouter, d'organiser, de légiférer, de prendre des décisions. Il ne faut pas attendre d'eux une maîtrise parfaite de tous les domaines comme le font les français.

> Nous sommes d'accord aussi. Je crois que ce qui surprend c'est

1. La "rupture" avec les autres présidents de la Ve, tous extrêmement lettrés

2. le côté "langage popu" plus que le langage familier (ce n'est pas la même chose, et hélas on confond souvent les deux).


> Enfin, un argument évident : A l'oral n'importe qui commet bien plus de fautes qu'à l'écrit et se permet des raccourcis, et on ne peut pas se "relire".

Oui.

> Alors Monsieur Veronis, ma question est simple : Si vous vous adressiez à plusieurs millions de français tous les jours, êtes-vous bien certain que vous ne feriez pas de fautes ?

J'en ferais. J'en ai fait très probablement à l'instant dans l'émission à laquelle je viens de participer sur le sujet sur RMC. Je ne saurais pour autant "parler popu", car ce n'est pas mon "sociolecte" (bien que je ne sois pas né avec une cuiller en argent dans la bouche, loin de là). Le paradoxe, c'est que ce "parler popu" est en voie de régression, car les classes populaires (ouvriers, agriculteurs) avec lesquelles on l'associait, à tort ou à raison, vont désormais suffisamment longtemps à l'école de la République pour qu'elle parlent un français tout à fait standard, sans parler, bien sûr, de l'effet de nivellement des médias, et de la télévision en particulier.

06 janvier, 2011 14:36  
Anonymous Anonyme a écrit...

Vous avez beau jeu aujourd'hui de souligner les fautes des autres et en particulier celles de Sarkozy, m'est souvenir que vous prenez mal qu'on vous reprenne vous sur des erreurs que vous faites volontiers. (Je parle d'une fois où vous aviez été repris sur ce blog, et aviez répondu vertement que non, vous aviez raison)
Mais je suppose que vous êtes ravi de revenir sur le devant de la scène en vous attaquant au président.

06 janvier, 2011 19:34  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Cher anonyme courageux(se)> Ah bon? si vous le dites...

Quel était le cas en question au fait?

06 janvier, 2011 19:45  
Blogger pièce détachée a écrit...

Un peu en vrac, et je n'ai pas pris le temps d'écouter l'émission :

En d'autres termes, ce qui frappe chez Sarkozy, c'est le hiatus entre tous les autres signes de distinction supposée auxquels on n'aurait rien à redire (costards, petits fours, épouse, véhicules, etc., un rien trop affichés mais bon) et celui de la langue (gestuelle comprise), qu'il n'arrive pas à maîtriser, qui jure. Ce manque de maîtrise en un point dévoile d'emblée ce que l'entassement des autres signes prétendait masquer. Patatras !

Tenter de rattraper la mayonnaise en clamant «foin de l'amphigourique je parle pour être compris du "peuple"», c'est surimposer l'insulte à la vulgarité du galimatias. Dans le coin on ne peut peut plus rural et sinistré où j'habite, ceux qui ont voté pour lui sont les premiers à rejeter cette posture, en un français parfois singulier, toujours parfaitement adéquat et qu'ils n'entendent pas qu'on essaie de singer. — Bien sûr, le tout-puissant «stéréotype du monarque lettré» est pour beaucoup dans ces protestations : un monarque, oui, mais parlant un français qui a de la gueule dans tous les sens du terme (les références à Charles de Gaulle rivalisant avec le goût pour les brèves de comptoir compilées par J.-M. Gouriau — et ma foi...).

Faire le compte des fautes de français me semble vain : les meilleurs en commettent parfois délibérément, parce que respecter la règle donne parfois des formes hideuses (© Paul Valéry). On en revient au début : trousser la règle en brûlant ses jupons ? Patatras !

@ Estellebeaurivage : «sous-Polidor», on ne saurait mieux dire.

06 janvier, 2011 21:42  
Blogger romain_42 a écrit...

Cher Professeur,

Ayant entendu une radio faire état de votre article dans Libé de ce jeudi, j'ai eu le plaisir de constater que pour une fois on vous avait accordé l'espace mérité et particulièrement apprécié le rappel de cette "fatitude" bien oubliée.

Pour ma part, j'ai réagi à la réponse de Luc Chatel. Si vous en avez le temps, vous pourrez la lire ici :

http://malesherbes.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/01/06/si-pres-des-gens.html

Cordialement.

07 janvier, 2011 12:38  
Blogger J. a écrit...

"Popu" pour "popu" et impératif pour impératif, il est plus efficace de dire "Taisez-vous Elkabbach" que "Casse-toi, pôv' con".
@pièce détachée : belle analyse

07 janvier, 2011 15:29  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Il n'y avait pas de mépris dans la phrase de Marchais.

07 janvier, 2011 17:37  
Blogger Jean Véronis a écrit...

David> Merci pour ce lien vers Causeur. Je ne partage pas tout à fait votre avis, cependant. Nicolas Sarkozy ne singe pas le parler "popu". C'est sa vraie façon de parler (ce qui, comme je l'ai dit dans l'article de Libé ou sur la BBC l'autre soir, est assez incompréhensible pour un enfant élevé dans les beaux quartiers de Paris). On ne peut pas imiter à ce point en toute situation, le naturel reviendrait au galop. Et les vidéos les plus anciennes montrent qu'il avait déjà ces caractéristiques de parler "popu" dans son langage.

Ceci dit :

1) il le "surjoue" notamment comme vous le dites quand il va dans des usines ;

2) il assume et ne cherche pas à se corriger le moins du monde, sauf rare exception comme sa dernière interview avec Pujadas etc. où les spin doctors lui avaient manifestement conseillé de se "présidentialiser". Mais on voit que ça ne dure pas.

08 janvier, 2011 09:38  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Piève détachée> Y a-t-il forcément hiatus entre des signes extérieurs de richesses et un langage peu soigné ? Ca colle au contraire assez bien avec un style bling-bling nouveau riche, cf. "La vérité si je mens...".

Sinon, je pense aussi que les classes populaires, rurales, n'aiment pas ce style, et que cela nuira à Sarkozy en 2012, à moins que les spin doctors le travaillent en profondeur, et qu'il nous dise (encore) "J'ai changé...".

08 janvier, 2011 09:44  
Anonymous Anonyme a écrit...

réponse au com du 6 jan 19h45.
(Traitez-moi de "courageux" entre guillemets pour vous moquer et continuer à prendre les contradictions de haut!)
la conversation était celle-ci :
http://blog.veronis.fr/2008/05/actu-la-une-du-mondefr.html

08 janvier, 2011 10:37  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Eh bé, comme on dit par ici ! si vous trouvez que j'ai été péremptoire dans ma réponse sur ce post (ici), alors les bras m'en tombent. Les lecteurs jugeront.

En tout cas, merci de venir troller un peu, ça manque sur ce blog ;-)

08 janvier, 2011 11:01  
Anonymous Anonyme a écrit...

Dieu merci la politique, et son analyse, ne se résume pas à l'orthographe, et à sa stigmatisation publicitaire. Le linguiste-poticien est un poisson d'eau trouble.

08 janvier, 2011 15:16  
Blogger J. a écrit...

@jean veronis
C'est vrai que ça sent le troll.
Laissons tomber.

08 janvier, 2011 15:36  
Blogger pièce détachée a écrit...

@ J.V. :

Ce que je voulais souligner, ce n'est pas tant l'entassement de «signes extérieurs de richesse», amplement ressenti et commenté, que le manque de maîtrise, en un point qui suffit à tout flanquer par terre, de «signes de distinction supposée auxquels on n'aurait rien à redire». Même sans bling-bling, cela suffirait pour que Sarkozy ruine ce que vous appelez à raison le «stéréotype du monarque lettré» — un stéréotype tout-puissant pour nous tous, plus ou moins consciemment, que nous le voulions ou non. Un indice : même des gens que leur formation et leurs opinions politiques porteraient à penser les questions de statut selon d'autres schémas, formulent leurs critiques, sans s'en rendre compte le moins du monde, en des termes parfaitement conformes à ce stéréotype : noblesse oblige, Sarkozy déroge...

12 janvier, 2011 18:20  
Anonymous joële Hugon a écrit...

Ben Ali, lui aussi, a tenté de parler"popu" : son dernier discours télévisé a été prononcé en arabe dialectal (il paraît que c'était la 1° fois).
ça n'a pas marché.

17 janvier, 2011 11:31  
Anonymous Anansi a écrit...

Trop tard pour écouter le podcast, mais j'aurais voulu revenir sur l'objet original du billet.
Depuis bientôt dix ans RFI diffuse à 21 h TU et publie sur son site un journal en français facile.
Il est bien écrit, bien articulé, moins francocentré que les autres, il parle bien la France.
Pourtant, je n'arrive pas à analyser l'intérêt de cette initiative, unanimement raillée par mes connaissances puristes.
Est-ce une simple copie des journaux en easy english ? Est-ce que cela contribue à la diffusion du français ?
Quelle est votre analyse ?

27 février, 2011 14:25  

Enregistrer un commentaire