Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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dimanche, novembre 08, 2009

Souvenirs: 30 ans d'enseignement de l'informatique (1)

Séquence nostalgie. Aujourd'hui, j'ai cherché mon vieux Penguin Complete Sherlock Holmes, pour y relire une nouvelle qui présente pour moi un intérêt particulier : The Dancing Men. Les lecteurs fidèles de ce blog verront peut-être pourquoi j'ai voulu m'y replonger, mais ce sera pour un autre billet. En saisissant le pavé poussiéreux, un marque-page jaunâtre est tombé au sol, et comme la madeleine de Proust a ravivé en moi quelques souvenirs...


Je ne sais pas parmi vous combien ont tenu un tel objet entre les mains... Les plus jeunes n'en n'ont probablement jamais vu. A dire vrai, je crois que je n'en ai plus manipulé depuis quelques décennies moi-même. Les dernières utilisations que j'ai dû en faire ont été les listes de courses, les notes à côté du téléphone, et les marque-pages... Il faut dire que ces cartes perforées, on en avait des caisses entières. Vous qui pensez maintenant en giga-octets, voire en tera (j'en ai quelques-uns sur ma table, et encore plus sur mes serveurs, pour quelques piécettes par mois !), vous avez sans doute du mal à imaginer que sur chacun de ces bristols on pouvait juste stocker une ligne de 80 caractères...

Le plus enfumé de mes délires ne m'aurait même pas suggéré en rêve ce que pouvait être un téra-octet. Autant parler de la taille de la galaxie à une fourmi. Les pisseurs de code actuels, qui bidouillent par essais erreurs à n'en plus finir, n'ont pas idée de la souffrance que représentait l'écriture d'un programme en ces temps lointains. Il fallait taper son truc sur une machine en acier grosse comme une machine à laver, sans aucun écran pour contrôler quoi que ce soit.


Les écrans cathodiques étaient une denrée rare, réservée aux Ingénieurs Système, autant dire aux habitants de la planète Krypton. Nous, pauvres squatters du Temps Machine, tapotions nos trucs laborieusement avec deux doigts (après moult réflexion et crayonnages sur du papier quadrillé !), et descendions les placer sur les étagères ad hoc.


Quelques heures après, au gré de la charge du Mainframe, on pouvait récupérer un listing avec quelques résultats. Je ne vous dis pas les mines déconfites quand le papier portait la seule inscription :

Syntax error Line 1

Aargh. Vous imaginez bien qu'on ne rebouchait pas les trous. Il fallait farfouiller dans le bac de cartes, trouver la ligne incriminée, essayer de se figurer pourquoi ça avait planté, et colmater au mieux, en intercalant des cartes pour ne pas tout recommencer. Plusieurs heures après, on redescendait le bac, en croisant les doigts...

C'était dans les années 70. J'ai appris comme ça (et avec une variante encore plus délicieuse, le ruban perforé, mais je ne veux pas vous lasser !).



Mon marque-page-madeleine est encore en parfait état. Les cartes étaient faites d'un bristol d'excellente qualité ; il le fallait, sinon les machines bourraient et c'était le désastre. En tout cas, il a fait surgir en moi un rapprochement cruel de calendriers. Novembre 1979 : cela fait exactement 30 ans que j'ai donné mon premier cours d'informatique... J'étais moi-même en train de terminer mes études, et en ces temps-là nos bons vieux maîtres recrutaient volontiers leurs élèves pour donner un coup de main. En informatique, ils n'étaient pas bien difficiles : la main d'œuvre était difficile à trouver.

Fort heureusement, je n'ai jamais eu à faire utiliser ces instruments de torture par mes étudiants (je devrais dire mes congénères: ils avaient probablement à peu près le même âge que moi). Les Miniordinateurs commençaient à apparaître dans les universités et même les premiers Micros. Chers amis blogueurs High Tech, je vous jure que le premier contact avec les touches d'un Apple II ou d'un TRS-80 (avec un vrai écran !) a été une jouissance sans bornes.



Peut-être est-ce cela que les jeunes générations ressentent en se tripotant l'iPhone ?

Quel vertige... Combien de cartes perforées faudrait-il pour stocker les 32 Go de l'iPhone que l'on dit en préparation ? Quelques centaines de millions, non ? Probablement de quoi faire deux fois le tour de la terre...

77 Commentaires:

Blogger Nicolas a écrit...

Nostalgie ! J'ai donné mon premier cours d'informatique au club "Microtel" du patelin, fondé par mon père en 81 ou 82, à quinze ou seize ans.

08 novembre, 2009 20:32  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Ah, je n'ai pas commencé aussi jeune ! A 15 ou 16 ans, je n'avais qu'une pauvre règle à calculer (tiens, il y aurait un billet à faire aussi sur cet engin-là) et quelques tables de logarithmes. Pour moi l'ordinateur c'était ça, et ça semblait forcément un peu lointain.

08 novembre, 2009 20:37  
Anonymous Thierry a écrit...

Vas-y, Papy, raconte !

:-)))

Pour moi, c'était un Sinclair ZX 81, en 1981 ou 1982. J'avais 11 ou 12 ans.

Et lui avait 1 Ko de mémoire vive.
(vous avez bien lu, UN !)

http://www.0x1b.ch/blog/1206304592/Sinclair_ZX81.jpg

08 novembre, 2009 21:26  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Ca paraît dingue, non ? et on arrivait quand même à faire des trucs !

Le plus rigolo sur le Sinclair c'était le clavier. Quelle horreur !

08 novembre, 2009 21:36  
Blogger ivanko34 a écrit...

je me souviens de ces cartes perforees ! j'etais etudiant et on essayait de voler la premiere carte du tas, celle qui contenait le compte d'un utilisateur car en etant etudiant on n'avait pas le droit de se servir de la salle informatique... Ecrire des programmes en fortran !

Maintenant la technologie me fait peur - elle n'a pas ete dans le bon sens et ne rend pas la vie plus agreable, au contraire

08 novembre, 2009 21:41  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Oui, c'est vrai ! j'avais oublié ces astuces. Il y en avait de toutes sortes pour arriver à avoir un peu de "temps machine". Il fallait vachement ruser !

Bah, la techno a toujours fait un peu peur. On avait peur des métiers à tisser mécanique, de la vitesse excessive du train (qui disait-on allait rompre le cœur et les artères), etc. Mais il est vrai que l'informatique a suivi un chemin étrange. Une explosion phénoménale au niveau puissance et miniaturisation, mais finalement rien ne marche. Nous vivons dans un immense bug. A commencer par Windaube, bien sûr, mais si on réfléchit bien TOUT est buggé. Je ne compte plus le nombre de fois où mon décodeur satellite plante, où ma super-télécommande programmable déconne, et ainsi de suite...

Ca, c'est peut-être ce que j'avais le moins prévu dans toute cette histoire !

08 novembre, 2009 21:49  
Blogger ivanko34 a écrit...

C'est vrai que depuis windows il y a des bugs, des mises a jour presque tous les jours

Alors que du temps de l'apple2, du sinclair zx81 et Tandy TRS80, je ne me souviens pas de bugs. Quand on arrivait a charger le programme il fonctionnait

Tout a change avec microsoft qui a reussi a faire admettre qu'une industrie puisse produire des produits remplis de bugs comme si c'etait naturel de mettre en vente des prototypes

08 novembre, 2009 22:00  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Oui, quelque chose a basculé. Les bugs étaient rarissimes. Je ne me souviens pas de plantages à répétitions et rebootages intempestifs sur les micros des années 80. Quant aux mainframes,ça ne faisait même pas partie des hypothèses ! Il y avait certainement des bugs mineurs, mais ils étaient aussitôt corrigés, voire à chaud (certains se souviennent-ils de Superzap sur IBM?)...

Mais à partir des années 90, on dirait que la planète entière s'est résignées à ce que ça merdouille de partout. Le bug est devenu la norme.

08 novembre, 2009 22:08  
Blogger ivanko34 a écrit...

-la planète entière s'est résignée-

ce qui a change c'est qu'une puissance dominante s'est imposee et a impose partout ses produits mediocres et bugges

le modele economique des usa a pris le controle de la planete entiere et chaque individu de la terre doit vivre de la meme facon partout

quand on voyage on se rend compte que partout est devenu pareil

-la planète entière s'est résignée-

08 novembre, 2009 22:34  
Blogger mi a écrit...

bonjour,
moi c'est en 69 que j'ai commencé, époque de l'approche du problème/bug 70 (on notait l'année sur un (1) chiffre, parce que 80 signes pour une carte, fallait la bourrer!)
en 69, sur un 360/25 nous avions 12 ko (12x1024 octets) de mémoire (dont 6 pour le superviseur) et pas question de mémoire virtuelle
notre bonheur, c'était la nuit! nous avions la machine à nous
je travaillais en gestion, avec des prévisions de vente par lissage exponentiel
un enseignement à cette époque ? oui, chez les constructeurs, en enseignement programmé et SUR LE TAS (8 gus dans un bureau avec un tableau noir, celui qui trouve explique aux autres)
Bug sur un mainframe ? Très rares, les hommes-systèmes avaient le code source du système (un demi-carton de listing)
Superzap sur IBM? je me souviens de ptf (program temporary fix)

Happy birthday !

08 novembre, 2009 23:29  
Anonymous Anonyme a écrit...

Bonsoir,

Jouons aux anciens combattants.

J'ai croisé pour la première fois un ordinateur, je n'avais pas 10 ans, avant 1974. Je suis reparti avec une carte perforée avec mon nom et mon prénom. Fier, très fier. MAintenant, je sais que ce n'était pas l'ordinateur mais la perforatrice de cartes.

Ensuite, début fin des années 1970, au lycée avec les fameuse bande perforées et chez moi.

L'inévitable ZX80. Les ordinateurs n'étaient pas plus stable qu'aujourd'hui, j'ai toujours réussi à les faire planter. Quand on programme c'est presque facile.

Autre souvenir ce cette période, les listing sur 160 colonnes, avec les superbes poster d'ASCII art.

Je vous remercie d'avoir partagé votre madeleine.
Guy

08 novembre, 2009 23:44  
Anonymous michaël a écrit...

@ivanko & @jean : il y a sans doute une part de vérité dans l'affirmation que Microsoft a fait accepter à ses clients l'idée qu'un programme pouvait comporter des bugs et être vendu quand même. L'éditeur a d'ailleurs réussi à vendre officiellement certaines versions bêta de son système d'exploitation dans le courant des années 90.

Néanmoins, il me paraît un peu ridicule de s'arrêter à cet argument. À l'époque du mainframe, les utilisateurs n'avaient pas les prérogatives des ingénieurs système ; ils n'affectaient en rien le fonctionnement de la machine depuis leur dumb terminal. (Quoique, j'ai le souvenir d'un Solar 16 planté à distance par nos calculs hasardeux sur les nombres premiers, calculs lancés un vendredi soir depuis une console Tektronix... Le lundi matin s'était soldé par un listing d'une trentaine de mètres de long, bourré de messages d'erreur, et la perte temporaire de nos droits d'accès à la machine.)

L'arrivée du micro-ordinateur a coïncidé avec la fin de l'environnement sûr et protégé coutumier des développeurs. Enfin, l'utilisateur disposait d'une machine autonome qu'il pouvait personnaliser, entraînant une variabilité de la configuration de chaque PC qui a rendu presque inaccessible la production de code bug free. (Cette maladie du bug affecte même les codes critiques, lire par exemple Lauren Wiener et son Les avatars du logiciel, paru chez Addison-Wesley en 1996.)

Proposer un logiciel dans ce contexte c'est, pour le programmeur, destiner son code à une multitude d'ordinateurs dont pas un n'est la réplique exacte de son voisin. La faute à Murphy, nos PC ont thésaurisé les Mo de RAM et les Go/To d'espace disque, permettant à des milliers de programmes différents, écrits par des pros comme par des amateurs de tous niveaux, de cohabiter au sein de chaque micro-ordinateur. Allez pondre un code sans erreur dans un tel contexte ! (Bien entendu, je fais ici l'impasse sur tout un pan de l'histoire informatique. Un OS comme Unix réduit considérablement les risques pour les programmeurs, et donc pour les utilisateurs, en isolant le noyau, les services et les applications.)

09 novembre, 2009 05:35  
Anonymous JF a écrit...

"Un OS comme Unix réduit considérablement les risques pour les programmeurs, et donc pour les utilisateurs, en isolant le noyau, les services et les applications."

D'un autre coté, on a le même effet à l'étage supérieur avec le serveur X...

09 novembre, 2009 07:44  
Anonymous JF a écrit...

"Combien de cartes perforées faudrait-il pour stocker les 32 Go de l'iPhone que l'on dit en préparation ?"

Allons, geekons un peu... Tant qu'à geeker on va prendre des vrais giga, des de 2^30 octets (et pas de 2^9).

Donc, si une carte perforée stocke 80 octets (ça me parait pas énormel, rien qu'une page de livre c'est un millier de caractères, j'ai l'impression qu'on peut matériellement en mettre plus ? 80 octets de 8 bits, ça ne fait que 640 trous, on peut faire plus que ça sur une carte de 20 cm, non ?)

.. bref: 32*2^30 / 80 = 4.29E8 soit 429 millions (bien vu !).

Si on prend 15 cm par carte, on a donc 6.44E7 mètres, ce qui fait 64 000 kilomètres, une fois et demie le tour de la Terre.

09 novembre, 2009 07:50  
Anonymous JF a écrit...

Grrr, je voulais dire

" .. de 2^30 et pas de 10^9" !!

09 novembre, 2009 07:50  
Blogger Jean Véronis a écrit...

JF> Je ne m'étais pas trompé de beaucoup dans mon calcul mental ! D'autant que les cartes ne faisaient pas 15 cm mais 18,732. Donc 64000 / 15 * 18,732... Ca ne m'étonnerait pas que ça soit porche de 80 000.

Tout ça les doigts dans le nez, sans ordinateur, ni même un calculette. Y'a de beaux restes...

09 novembre, 2009 07:56  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Mi> Merci pour ce témoignage sur cette époque un peu antérieure à la mienne. Je ne connaissais pas l'histoire du bug de l'année 70 ! Excellent.

C'est un peu flou dans ma mémoire, mais il me semble que les PTF (program temporary fixes) sur OS/360 utilisaient ce système de patch Superzap en hexa pour remplacer directement dans le code exécutable (grâce à un module qui s'appelait quelque chose comme IMASPZAP = I Am a Super Zap). Mais bon, c'est brumeux dans ma tête !

09 novembre, 2009 08:17  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Guy> Quand on programme c'est presque facile [de faire planter] -- hélas ! Évidement quand on programme soit même, surtout quand on apprend, c'est fréquent. Ce qui a été un changement notable, comme on disait plus haut, c'est que ce soit devenu la norme dans les applications commerciales, et que ça ne choque plus personne (ou presque)...

09 novembre, 2009 08:19  
Blogger arnul a écrit...

Au chapitre des bugs Peut être faut-il distinguer la cupidité d'une certaine entreprise et le niveau de complexité des systèmes, qui a augmenté. Le fait est que le décollage de la fusée ariane est aussi bugué, même si la boulangère d'Aubervilliers ne peut pas s'y connecter avec son minitel. Cela dit il y a une sorte de contre exemple de programmation réussie avec certaines distributions linux, d'une robustesse quasi suspecte, pour autant qu'on accepte une vie de paria, sans itunes et tout le bazar ultra cool.

Merci, Jean Véronis Gutemberg, pour cette belle séquence incunables

09 novembre, 2009 08:59  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Michaël> Il me semble en effet que l'apparition de la micro-informatique a été le déclencheur du grand Bug généralisé. J'avoue que je ne sais pas bien analyser les raisons du phénomène, mais tout le monde s'est mis à faire de l'informatique. Pas seulement à l'utiliser. C'est quand même assez rare, pour ne pas dire unique, dans l'histoire des technologies. Tout le monde ne décide pas du jour au lendemain de fabriquer des voitures, des horloges ou, encore pire, des médicaments ou des biotechnologies... Pourtant c'est ce qui s'est passé avec l'informatique dans les années 70-80: la population entière s'est improvisée informaticienne. Le moindre bled avait son club comme nous le rappelait Nicolas. Souvenez-vous du plan Fabius :"Informatique Pour Tous", ça disait bien son nom. L'informatique c'était simple, tout le monde pouvait programmer. Parfait. Sauf que c'était faux, comme pour toute technologie pointue.

Comme je disais, je n'ai pas encore suffisamment analysé les causes de ce phénomène, mais il a à mon avis eu des effets extrêmement insidieux. Tout d'abord, en donnant l'illusion que l'informatique n'était plus une affaire de spécialiste. C'est à partir de là que nous avons vu apparaître les Bidouilleurs. Ce n'est pas une réaction corporatiste ou élitiste de ma part (je déteste ça), mais enfin, vous allez plutôt voir un médecin qui a fait des études quand vous êtes malades, plutôt que la voisine qui se documente un peu...

J'ai commencé à prendre des responsabilités à l'université à cette époque (notamment la direction d'un département), et je me souviens à quel point il était difficile de faire comprendre aux gens (y compris des universitaires éclairés) qu'il ne suffisait pas d'utiliser un peu le traitement de texte et de programmer le jeu du pendu sur TO7 pour être informaticien.

Du coup on n'a jamais pensé que pour une science (ou même une technologie) existe, il fallait de vrais enseignants, et de vraies formations. On a mis des TO7 et des MO5 dans les lycées, les profs de maths et de techno seraient bien capable de les utiliser. Ils sont restés dans les placards dans 9 cas sur 10, si vous vous en souvenez bien.

Ce qui était jusqu'alors perçu comme la profession-phare de l'avenir, "Informaticien", est devenu en quelque années une sous-profession. On dit d'ailleurs maintenant des "développeurs", ou même des "devs". Ce sont devenu les OS du XXIè siècle. Mal formés, mal payés, ce sont des ouvriers en col blanc. A la limite cela pourrait se concevoir si des seniors pouvaient assurer le management de ces armées de pisseurs de code.

Malheureusement, la dévalorisation dont je parle fait que les gamins des années 90 ont plutôt vu leur avenir dans le marketing et la finance. Donc, pénurie de séniors compétents.

Tous les ingrédients étaient donc réunis pour le grand Bug généralisé. Microsoft a eu simplement le génie d'en faire commerce...

09 novembre, 2009 09:35  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Arnul> Oui, la complexité des systèmes a augmenté. Mais celles des voitures et des avions aussi, et ils ne plantent pas à tout bout de champ. Il me semble, comme je disais juste au-dessus, que le problème c'est que la formation (et donc la compétence) non seulement ne s'est pas développée, mais s'est plutôt dégradée... Résultat: la Bidouille et le grand Bug généralisé qui en découle.

Linux, et son côté paria: vrai (même si ça évolue). En ce qui me concerne j'ai fait un choix qui réunit, je crois, le meilleur des deux mondes : j'ai un mac sur ma table (en fait 3...) pour mon travail (et mon divertisssement) quotidien et des serveurs Debian sur lesquels je n'ai pas besoin d'iTunes et compagnie.

09 novembre, 2009 11:07  
Blogger babelouest a écrit...

Vous remarquerez une chose. Aujourd'hui, on ne trouve plus de compilateur en Assembleur pour faire des programmes. Sans doute en existe-t-il en interne chez les fabricants. Pourtant, en général le noyau d'un système comme Linux est bien écrit en Assembleur, au moins en partie ! On ne trouve plus que des langages haut niveau, qui ne savent plus bénéficier des avantages de parler directement à la bête. Un peu comme ces voitures, où tout est fonction de boîtiers jetables, bourrés d'électronique et de codes cachés même au mécanicien lambda.

Qui sait ce que cachent ces machines, et leurs modules de commande hermétiques ?

09 novembre, 2009 11:37  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Bebelouest> je crois que pour moi ça a été la révélation la plus importante de ces 30 années : le moment où j'ai perdu pied, et où j'ai compris que je ne comprenais plus tout.

Jusque là je connaissais mes machines de fond en comble, jusqu'au moindre octet. Par exemple sur le TRS80, dont j'ai intégralement désassemblé et étudié le DOS (le "trash-dos" comme on disait). J'ai même monté un ordinateur de mes mains...

Et puis un jour j'ai découvert cette superbe machine qu'on appelait Mac (ou plutôt le Lisa et même en fait, un proto de Lisa que j'ai eu la chance d'observer vers 1981). Mais je n'avais pas réalise que sous cette belle pomme se cachait le diable (comme dans une histoire plus ancienne et plus fameuse)...

Un beau jour (vers 1984, 85?) j'ai essayé de comprendre ce qu'il y avait dans le mac, comment ça marchait (les fenêtres, la boucle d'événements, etc.). Tout cela était nouveau, superbe et fascinant. Mais j'ai ressenti un immense vide. Quand j'ai écris ma première appli pour mac, j'ai compris que quelque chose avait changé. Je ne maîtrisais plus. J'appelais des choses mystérieuses écrites par d'autres dans savoir exactement ce qu'elles produisaient derrière le rideau... Un peu comme les ombres du magicien d'Oz.

Et ça ne s'est pas amélioré. Qui peut se vanter de comprendre vraiment ce qui se passe dans sa machine. Les gens de Microsoft avoue que plus personne en interne ne sait pourquoi il y a tel ou tel pout de code dans Windows ou dans des applis comme Word. Et personne n'ose les enlever, de peur que...

09 novembre, 2009 11:46  
Anonymous Manu a écrit...

J'ai quelques souvenirs moi aussi : en terminale C (1985) avec une calculatrice à 32 pas de mémoire qui m'obligeait à gratter des instructions
en IUT d'informatique j'ai vécu la révolution du turbo pascal en 2ème année (alors qu'en 1ère année il fallait attendre 10 minutes pour compiler 1000 lignes et découvrir une erreur dans à la ligne 10).
ma madeleine c'est un carton rempli de disquettes souples 5p1/4 que je n'arrive pas à jeter.

09 novembre, 2009 12:05  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Ah oui, le carton de disquettes ! j'ai fini par jeter le mien. J'avoue que ça m'a coûté...

Tiens, on devrait lancer une chaîne. Vos 3 souvenirs informatiques les plus nostalgiques !

09 novembre, 2009 12:11  
Anonymous Bertrand a écrit...

Pour moi, le souvenir des cartes perforées, c'est le lecteur de cartes qui envoie toutes les cartes par terre (et donc dans le désordre) car une carte était cornée et donc ne passait pas. Je me souviens que ce n'était pas très amusant quand ça arrivait ;-)

09 novembre, 2009 12:21  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Ah l'horreur ! J'avais oublié la joie de passer la moitié de la nuit à remettre tout un bac dans le bon ordre...

09 novembre, 2009 12:32  
Anonymous nono a écrit...

ah, l'arrivée en grande pompes du TRS-80 à la maison. Nous entrions dans la science-fiction.
Et il y a eu windows 3.0, avec des vraies fenêtre et l'irruption des icônes en couleurs s'il vous plait, et du winfile... Bientôt avec ATM.
Et puis le système 6 du macintosh, une révélation, avec des machines de fous, (j'ai perdu le premier portable mac, donné le se, mais conservé la fantastique bête de course qu'était le quadra 25 Mhz qui fonctionne toujours, et qui donnait des ailes à photoshop 3, une tuerie).
Depuis windows 95, le seul truc qui m'a vraiment fait grimper aux rideaux, c'est mac os X.
Et je n'ai eu aucune nostalgie en jetant des sac poubelle pleins à craquer de disquettes 5"1/4...
Qu'est-ce qui va détrôner le vieillissant iphone ?
La plus grosse (énorme) tuerie dans tout ça ? Internet !

09 novembre, 2009 12:49  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Nono> Entrer dans la science-fiction ! Oui, c'est exactement ça le sentiment qu'on avait à l'époque. L'idée qu'on explorait un monde nouveau, que le progrès n'allait jamais s'arrêter...

09 novembre, 2009 13:12  
Anonymous JF a écrit...

Dans les machines à fort potentiel nostalgique, il y a les calculatrices HP. J'ai encore ma HP28S dans un tiroir, toujours aussi robuste qu'au premier jour. Ca c'était de la bécane, Monsieur. Rien à voir avec ces joujoux comme les TI ou les Casio.

(la honte de ma vie: j'avais acheté une casio, à clavier azerty et tout. Elle ne faisait pas la moitié de ce que faisait la HP28 de mes copains. Un jour -- soulagement-- je me la suis fait voler; j'ai pu alors acheter d'occaze la 28S d'un camarade de classe et marcher, enfin, la tête haute : même si mes potes étaient entre temps passé à la 48, j'avais une Vraie Machine (tm). Et pis d'abord, la 28 avait un clavier et une ergonomie bien meilleure que la 48. Na.)

09 novembre, 2009 15:14  
Blogger ivanko34 a écrit...

nous on etait du clan des Texas TI57 TI58 TI59

on se moquait des hp parcequ'il fallait reflechir a comment arriver faire une simle addition sur les hp

09 novembre, 2009 15:55  
Anonymous Annie a écrit...

soit vous faites plus jeune que votre âge soit vous avez mis une photo antédéluvienne :
j'ai connu les cartes perforées fin années 50 ou début 60.
puis le premier ordi fut en mi-années 1970, dans un boulot en 1985…, 1997 internet, je n'ai plus jamais pu vivre sans… ou si mal ; je me souviens mon envie vive dès années 70 d'être devant un ordi… j'avais peur de louper le coche… de la modernité

09 novembre, 2009 15:58  
Blogger ivanko34 a écrit...

en 1989 a l'universite des sciences de Montpellier on avait bien des cartes perforees

Il y avait aussi des terminaux et meme des terminaux graphiques

En 1991 j'avais un apple2

Puis tout est alle assez vite dans l'evolution des ordinateurs

09 novembre, 2009 16:07  
Blogger Jean Véronis a écrit...

JF+Ivanko> Je n'ai jamais utilisé de calculettes programmables. Quand j'étais au lycée la calculette ça n'existait pas, programmable ou pas. Je crois qu'elles ont commencé à apparaître après que j'aie passé le bas (1972) et elles coûtaient une fortune.

Le pb des HP c'était la notation polonaise non ?

09 novembre, 2009 16:07  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Annie> Non, je ne suis pas le comte de Saint-Germain ! je n'ai connu ni Jésus ni Alexandre (hélas). Ma photo est un peu vieille, effectivement, elle date d'avant l'ouverture du blog. Depuis, j'ai pris du poil gris... Ce n'est pas de la coquetterie, plutôt de la négligence: il va falloir que j'en change !

Ceci étant, je suis né en 1955, comme dit mon entrée Wikipedia (on ne peut plus avoir de secret sur cette planète !). J'ai connu la fin des cartes et rubans perforés, qui ont dû disparaître à la fin des années 70, je pense...

09 novembre, 2009 16:11  
Blogger ivanko34 a écrit...

Jean> J'avais travaille aux vendanges juste avant le debut de la fac et j'ai pratiquement tout depense pour la Ti57. C'etait la misere la vie d'etudiant. Mais plein de bons moments et l'envie de savoir et d'apprendre

09 novembre, 2009 18:24  
Anonymous franck179 a écrit...

Mais qu'est-ce que c'est que ce truc à gauche du TRS80 (mon premier ordi, enfin celui de mon père à l'époque j'étais tout gosse !!) On dirait un lecteur de disquette 5"1/4 , le mien n'avait qu'un lecteur de CASSETTES !!!

huhu séance nostalgie ...

09 novembre, 2009 23:09  
Blogger Jean Véronis a écrit...

fra,ck> Oui, c'est vrai ! ce n'est pas le tout premier modèle. Le premier modèle avait effectivement une sauvegarde sur un magneto à cassette classique. Tiens j'ai retrouvé la photo, je change !

09 novembre, 2009 23:19  
Blogger ivanko34 a écrit...

il vaut mieux laisser le lecteur de disquette car le lecteur de cassette ne marchait jamais ...

09 novembre, 2009 23:52  
Blogger Jean Véronis a écrit...

ah oui, ça c'est vrai, c'était la galère !

10 novembre, 2009 00:36  
Anonymous michaël a écrit...

Lecteurs de cassettes> C'est sans doute le pire périphérique de sauvegarde jamais proposé. Du ZX81 à l'Oric 1, du TO-7 au TI-99, du TRS-80 à l'Amstrad CPC-64... tous merdaient continuellement (je le sais, j'ai bossé à Hebdogiciel comme technicien chargé de tester les programmes des lecteurs avant publication dans le journal). Mais cela permettait à une radio libre parisienne (Ici & maintenant peut-être ?) de proposer des séances de téléchargement radiophonique en 84-85. Il suffisait de disposer d'un radio-cassette et hop ! les programmes arrivaient tout chauds par les ondes... sans la moindre faute de frappe !

Rubans perforés> Les Unités pédagogiques d'architecture parisiennes disposaient (au moins jusqu'en 83) d'un centre de calcul dans le 19e arrondissement auquel nous nous connections par modem (300 bauds puis, miracle, 1200 bits/sec). Les entrées de programme se faisaisent par ruban perforé. Nous recevions les résultats sur un terminal graphique Tektronix, c'était beau !

TI vs HP> Y a-t-il une filiation à dégager entre les différents couples maudits des plus de 40 piges : Beatles/Stones, TI/HP, PC/Mac... Je verrais bien un rapprochement possible entre Beatles, Mac et HP. Même si, personnellement, c'était la TI (la notation polonaise inverse, c'était pas ma tasse de thé ; il m'aura fallu quelques années de programmation pour en saisir l'intérêt).

Science-fiction> Il y a clairement un lien entre science-fiction et informatique. Douglas Engelbart parlait, à la fin des années 50, des "visions graphiques" qui l'ont amené à inventer le Online System (démontré en 1967). Jean-Marie Chevalier organisait en 2008 des journées d'étude (à Nice) sur le thème Sciences et Fictions. Fredric Jameson propose lui de Penser avec la science-fiction (Max Milo), etc. Beaucoup plus subjectivement, la plupart des geeks et des hackers croisés ces trente dernières années étaient, pour la plupart, de grands consommateurs de SF.

10 novembre, 2009 08:21  
Anonymous JF a écrit...

Jean, et al. : Oui, bien sûr la HP c'était la notation polonaise inverse. C'est ce qui en faisait tout son attrait geek, et qui la rendait insupportable au reste du monde...

(en fait, comme pas mal d'outils informatiques hyper-puissants, c'est une convention qui est pas forcément intuitive et dans laquelle il est difficile de rentrer, mais une fois qu'on a compris, c'est extraordinaire de flexibilité et de capacité. Je suis en train de me mettre au SQL en ce moment et je retrouve exactement la même sensation : imb**able au début, mais quand on a compris le truc c'est miraculeux).

10 novembre, 2009 08:36  
Anonymous JF a écrit...

Michael: Je pense que la vraie filiation, c'est pas HP > Mac, c'est plutôt HP > Linux. Je suis sûr que les utilisateurs de TI sont tous devenus des windoziens, tiens...

10 novembre, 2009 08:37  
Anonymous JF a écrit...

Science-fiction, informatique et nostalgie : j'hésite à poster un lien aussi évident, mais tout l monde je suppose connaît

http://catb.org/~esr/jargon/html/

(sinon, alerte procrastination ... vous avez été prévenus).

10 novembre, 2009 08:40  
Blogger ivanko34 a écrit...

Manu: A propos de turbo pascal, je viens de voir que Borland a tout laisse tombe et fait autre chose. Il n'y aurait donc vraiment plus de compilateur ni d'assembleur.

"Encore une preuve que plus par moins égale moins
Encore une victime et jamais de témoin"
(Alain Chamfort)

10 novembre, 2009 09:13  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Michaël> Oui, c'était affreux ce lecteur de cassette, mais tout de même il faut relativiser. Quand on n'avait connu que ces histoire de cartes et ruban, avec tout le temps que ça prenait pour les perforer, etc compagnie, c'était magnifique de pouvoir appuyer sur un bouton et de sauver son programme, même si ça plantait une fois sur quatre ou cinq... Et surtout, voir ce qu'on faisait sur l'écran. Je cois que c'était surtout ça la révolution que j'ai ressentie. Même si ces machins la avaient 40 colonnes, ascii pur. C'était quand même le bonheur.

Moi la science fiction m'a beaucoup marqué. J'étais un lecteur assidu (Asimov, Van Vogt, Dick, etc.).

Si je devais faire un rapporchement musique-informatique, je dirais Hendrix-Unix. Ce n'est pas pour faire une rime à deux balles. Je crois que j'ai dû être parmi les premiers utilisateurs d'Unix en France, et ça aussi ce fut une révélation (après les VM/CMS, VMS et compagnie !).

10 novembre, 2009 09:20  
Anonymous michaël a écrit...

Jean>Bug généralisé> Ton hypothèse est séduisante, mais insuffisante à mon sens pour expliquer l'évolution que nous avons connue en informatique.

Certes, au début des années 80, tout le monde s'est mis à faire de l'informatique (je parlerais plutôt de programmation que d'informatique). Comme, à partir de 1986, tout le monde s'est mis à faire de la maquette, avec le Mac Plus, PageMaker et la première LaserWriter. Le phénomène s'est répété avec le montage vidéo au milieu des années 90. Et nous pourrions multiplier les exemples indéfiniment, sites web personnels en tête.

En 80-85, tout le monde pouvait effectivement programmer : les ordinateurs le permettaient ! (Texas vendait mieux sa cartouche Basic Etendu que n'importe lequel de ses jeux pour TI-99.) Les colonnes de Hebdogiciel, comme d'autres journaux de cette époque, étaient remplies de programmes fonctionnels, intéressants, originaux. Le concours des "deux-ligneurs" remportait un franc succès (un programme complet en deux lignes de 256 caractères). Des bidouilleurs, certainement, mais quel talent exprimé grâce à ces machines individuelles.

Cela ne transformait pas ces hobbyistes, appellation contrôlée de l'époque, en informaticiens (même si certains le sont devenus par la suite). Pas plus que sa pratique dominicale ne transforme le peintre amateur en artiste dont les oeuvres se destinent aux cimaises de Beaubourg.

Pour revenir à ce que tu nommes bug généralisé, tant que les systèmes étaient étanches, peu ou pas interopérables, aucun mal endémique ne menaçait l'ensemble de l'informatique.

À la micro-informatique et ses bidouilleurs, il faut ajouter a minima la mise en réseau de tous les ordinateurs ; la multiplication des lignes de code par centaines de millions ; la coexistence de logiciels de toutes époques et techniques (le cyberespace s'étend et se densifie, il ne change pas de version, lui !) ; la quête forcenée de la rentabilité maximale par les éditeurs ; la frénésie d'innovation des fournisseurs de composants ; la course folle à la propriété intellectuelle...

Le problème du bug généralisé découle plus du modèle de société où nous vivons, fondé sur la compétition et la récompense des vainqueurs, que de tout autre facteur. AMHA.

10 novembre, 2009 09:20  
Anonymous Mathilde a écrit...

Il y a quarante ans, un beau documentaire sur les gens qui travaillaient à IBM en France, une usine = un ordinateur.
http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CPF86631880/a-propos-de-machine-a-penser.fr.html

10 novembre, 2009 09:53  
Blogger Jean Véronis a écrit...

JF> Ah non, je ne connaissais pas ce lien ! Merci, c'est excellent.

10 novembre, 2009 10:02  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Mathilde> Magnifique ce reportage. Quel témoignage sur l'époque ! (il date de 1963). Je remets le lien en format cliquable. Et l'INA est toujours la même boîte à trésors...

10 novembre, 2009 11:01  
Blogger ivanko34 a écrit...

on rigole davantage sur ina.fr avec Pierre Desproges

10 novembre, 2009 11:57  
Blogger ivanko34 a écrit...

on dirait un film d'epouvante

les machines ont pris le controle des humains

10 novembre, 2009 12:29  
Blogger mi a écrit...

J'ai regardé avec beaucoup de plaisir le documentaire de l'INA.
A 4 minutes 30 j'ai sursauté, M. Jean-Pierre Brulé, 17,5 ans, BEPC, agent de liaison était présenté. Or, de 1975 à 1981, le pdg de notre fournisseur, CII-HB (B pour Bull) avait le même nom.
Etait-ce une ascension fulgurante en 12 ans ?

10 novembre, 2009 13:42  
Blogger Fitzcarraldo a écrit...

Quand j'ai raconté à mon fils (30 ans) qu'après avoir épuisé les joies de l'Apple II "Europlus" (avec deux lecteurs de floppy disks 5'1/4 de 143 Ko de capacité acheté en 1979) j'acquis un MacIntosh (1 Mo de RAM, c'était déjà la 2eme génération, les premiers n'avaient que 128 Ko), puis - pour un prix exorbitant - un disque dur externe de 20 Mo épais comme un dictionnaire, il a cru que je me payais sa tête.
On était en train d'acheter un disque dur de 1,5 To pour 99 €...

10 novembre, 2009 13:52  
Anonymous Anonyme a écrit...

J'ai commencé sur un Bull P... avec 10 k de mémoire et nous faisions la facturation d'une boite de pharma avec ca...avec des bremes (cartes) partout...J'ai connu un vieux, déjà programmeur de cette époque qui faisait des corrections sur les cartes perforées en utilisant un Bull P80 et des confettis de couleurs et de numérotation identiques pour boucher les trous inutiles colonne par colonne. Un artiste.....Heureusement le ruban scotch existait a cette époque...

Maintenant j'utilise Linux et je braille avec mes 4 Gig de ram....

Alain, Montreal

10 novembre, 2009 15:38  
Blogger Qui a écrit...

Mon premier ordi, c’était la CAB500 de l’Université de Vincennes en 1969. Il n’y avait pas de disque dur, et la mémoire n’était ni à ferrites ni à transistors, mais à tambour !
Ensuite, j’ai connu les cartes perforées au boulot, en1979, juste avant qu’elles disparaissent.
On faisait la comptabilité en Fortran !
Comme j’étais fana d’électronique et d’informatique, j’ai construit mon premier ordinateur sur la base des plans de Tavernier dans le Haut-Parleur. Des milliers de composants à acheter et à souder, la construction m’a pris deux ans, de 1981 à 1983. Le terminal était un Control Data d’occasion. Le processeur était le fabuleux 6809, avec comme OS le Flex, qui tournait sur disquettes IBM 8 pouces, et qui, soit dit en passant, était supérieur au DOS Microsoft. Je ne regrette pas les nuits passées à programmer des routines en assembleur pour les entrées-sorties, mais je regrette aujourd’hui de devoir faire confiance à cette boite noire qu’est devenue l’ordinateur. A l’époque, pour une opération donnée, je savais exactement ce qui se passait dans chacun des registres de la CPU, je connaissais l’état électrique de chacune des broches du PIO. Aujourd’hui, qui connaît le code d’une seule DLL ?

10 novembre, 2009 15:41  
Blogger mi a écrit...

à propos de boucher des trous (Alain Montreal)

J'ai encore une plaquette de mini étiquettes à coller sur les perforations (avec beaucoup de difficultés on peut lire au verso "BRADY co 727 W. Glendais Ave. Milwookee Wis", ou "IBM 1401 or 084").

Les confettis on se les gardait pour en remplir les parapluies (entre autres)

La P80 est visible ici : http://www.feb-patrimoine.com/projet/serie_150/perfo_p80.htm

J'avais oublié le terme brême, merci.

Le disque pour Fitzcarraldo était peut-être un Corvus, 5 ou 10 Mb, faisant un bruit de boeing et qui demandait un certain temps d'attente pour lui permettre d'évacuer l'air.

10 novembre, 2009 17:42  
Anonymous jcd bruxelles a écrit...

Dans les années 80 j'ai programmé des logiciels de statistiques sur un ORIC dont la mémoire était déjà de 64 K et qui disposait d'un lecteur de disquettes 3'. Ces machines étaient étonnantes mais nous utilisions les disquettes comme une mémoire centrale en échangeant des bouts de matrices. C'était périlleux parce que il fallait éviter de travailler dans un environnement à température trop clémente, au-delà d'une d'une demi-heure de travail dans un bureau à 21°, cela plantait. Mais ces machines toutes petites étaient notre joie.
Ma première machine programmable fut au milieu des années 70 une HP25 avec si mes souvenires sont bons 25 pas de mémoire. Puis un Genie (copie de TRS80, avec 16K e RAm et un lecteur de cassettes qui je crois n'a jamais fonctionné correctement).
Puis, outre quelques travaux sur "grosses machines", le passage enfin au premier mac commercialisé que tout le labo se partageait à tout de rôle.

10 novembre, 2009 19:04  
Blogger ivanko34 a écrit...

reveillez vous avant qu'il ne soit trop tard !

l'humanite a ete prise au piege d'envahisseurs extra terrestres avec un coeur de silicium caches dans des ordinateurs

ils sont maintenant partout et ont pris le pouvoir sur les humains

leur but est de dominer la terre

on est foutus

10 novembre, 2009 19:13  
Anonymous Emma a écrit...

Moi aussi j'en ai encore quelques-unes à la maison, avec quelques lignes de Pascal ou de Fortran, souvenirs des études d'informatiques au début des années 80. Il fallait faire la queue pour accéder aux 4 ou 5 perforatrices mises à la disposition des étudiants. Puis laisser notre paquet de cartes dans un bac et revenir quelques heures plus tard chercher le résultat : soit un listing complet, soit une page, soit, pire, le paquet avec quelques cartes pliées et qu'il fallait retaper. Peu de temps après, j'eus mon premier micro-ordinateur, avec 16 Ko de RAM et un lecteur de cassette pour sauvegarder les programmes.

10 novembre, 2009 22:01  
Anonymous Anonyme a écrit...

Les trois souvenirs impérissables se situent tous entre 1969 et 1973 sur un ordinateur DEC PDP-12 de 150 000$CAN. Une bête de luxe avec: 8192x12 bits de mémoire vive, 2 lecteurs DEC-Tape, un gros disque rigide de 32 ko (!), un ensemble d'entrée-sortie analogues-digitales (utiles en laboratoire), un écran cathodique (512x512 je crois) programmable point-par-point, un multiplexeur permettant de concentrer 4 terminaux divers sur une seule sortie (pour communications par paquets; juste un peu avant les américains...).

Maintenant pour les souvenirs.

Le premier: l'amorçage du PDP-12 à partir de l'entrée sur touche à bascule d'une dizaine d'instruction (permettant le démarrage des DECtape et subséquemment l'écriture sur le disque rigide du noyau système)

Le second: la première tablette sensible au toucher du monde, transparente et fixable sur l'écran cathodique du PDP-12; elle permettait de réaliser une expérience avec des enfants; la seconde était au Ministère de la défense et n'a jamais servi; la mienne surchauffait et il avait fallu y accrocher un séchoir à cheveux (subtilisé à ma mère) en mode sans chaleur évidemment...

Le troisième: une des premières imprimantes à "points" (matricielle); un monstre d'une vingtaine de kilos imprimant presque silencieusement à 120 caractères/seconde; beaucoup mieux que le télétype à 10 c/s et plusieurs décibels (surnommé la "mitraillette"); bel objet dont le caisson était en bois véritable...

J'ai finalement exécuté tout mon protocole expérimental de doctorat sur cette machine: de l'expérimentation proprement dite (portant sur les opérations de la mémoire à court terme chez l'humain) jusqu'au tranfert téléphonique des 38 400 mesures discrètes de temps de réaction vers l'ordinateur central de l'université (un Cyber de Control Data).

La programmation ? Sur le PDP-12 strictement en assembleur; sur le Cyber, en Fortran.

Martin GAGNON, professeur
Université du Québec à Montréal

10 novembre, 2009 23:18  
Anonymous Delo a écrit...

A propos de bug, au milieu des années 80 : la salle informatique de mon lycée avait des Apple II. Perpexité de tous quand on a calculé la racine carrée de 49, si ma mémoire est bonne : ça ne donnait pas exactement 7 mais quelque chose comme 7,000001 ou au contraire 6,999999.

l'informatique n'est pas une science exacte.

11 novembre, 2009 09:19  
Anonymous Estelle a écrit...

Bonjour tous !!
Je voulais juste dire mon admiration devant les pionniers que vous êtes.
Personnellement, j'ai commencé la programmation et l'informatique il y a 4 ans et je crois que si ça avait été comme à l'époque, j'aurais vite été dégoûtée..
chapeau bas !!

11 novembre, 2009 09:40  
Anonymous michaël a écrit...

delo> Dans la première moitié des années 80, nous tirions parti de cette faiblesse calculatoire pour classer les micro-ordinateurs par "qualité". Ainsi, dans les batteries de tests que nous leur faisions subir, il y avait un calcul qui partait de 2, en extrayait la racine carrée en boucle dix fois avant d'élever au carré le résultat dans une autre boucle répétée dix fois. Sur le papier, on obtient évidemment 2. Avec les micros d'alors, les résultats variaient entre 1,996 et 2,004.

La marge d'erreur dépendait des stratégies de calcul retenues par les constructeurs (troncature ou arrondi) lorsque les valeurs après la virgule allaient au-delà des quelques octets alloués au stockage des chiffres décimaux.

11 novembre, 2009 10:05  
Blogger Henri83 a écrit...

A l'époque où la NASA a envoyé ses astronautes sur la lune, on programmait encore avec des cartes.
les responsables du programme on demandé aux informaticiens "combien pesait leurs équipements?", ce à quoi ils ont répondu : "matériel xx Kg, logiciel 0 kg". Quelque temps plus tard, le responsable de la logistique poids revient furieux vers les informaticiens et leur dit "vos bacs de cartes perforées pèsent des tonnes! pourquoi m'avez vous répondu 0 pour le poids du logiciel?". Après quelques secondes de réflexion, la réponse a été "le logiciel! mais il est seulement dans les trous!".

11 novembre, 2009 12:41  
Blogger Michelaise a écrit...

je participe avec sourire et nostalgie à cette histoire d'anciens combattants... je n'ai pas utilisé les fiches perforées, mais les ai plus ou moins enseignées... j'ai tapé mon mémoire sur une des premières machines, énorme, à traitement de texte qui permettait de corriger les fautes d'orthographe. Et en 1981 un lycée m'a proposé un enseignement d'informatique en seconde... j'étais au chômage, j'ai dit oui. Puis je suis allée à la librairie de la fac et j'ai acheté TOUS je dis bien TOUS les livres d'informatique que j'ai trouvés... c'est à dire 2 livres !!!!

11 novembre, 2009 14:33  
Anonymous lp a écrit...

Amusant de voir qu'il y a 40 ans ( je venais de naitre ), c'était la préhistoire...J'espère donc voir avant mon dernier bug, si le Grand Logiciel me le permet, l'avènement des machines pensantes autoréplicantes.

11 novembre, 2009 22:23  
Anonymous K. a écrit...

Il y a dix ans, j'aurais participé à la nostalgie des "premiers pas dans l'informatique" sans arrière-pensée. Et j'aurais aussi fait ce constat qu'en l'espace de quelques années, "quelque chose" avait été rendu incompréhensible dans le fonctionnement des ordinateurs du fait des innovations introduites et des usages massivement déployés.

Aujourd'hui ma façon d'appréhender cette perte a changé. Il me semble que ce n'est pas le fait de ne plus accéder au cœur du fonctionnement technique de la machine qui fait écran, mais plutôt le fait que jamais ses concepteurs et ses utilisateurs ne se saisissent sérieusement des ressorts de son avènement.

25 ans d'usage intensif et expert de l'informatique (dont quinze professionnellement) n'ont été que d'une utilité marginale pour en comprendre les fondements épistémologiques. Ma conclusion à ce jour est que les informaticiens n'ont jamais su ce qu'est un ordinateur et qu'ils ne le sauront jamais tant qu'ils n'en étudieront que le fonctionnement ou les usages.

11 novembre, 2009 23:00  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Que de commentaires !!! Je suis impressionné. D'habitude je m'efforce de réponde à tout le monde au fur et à mesure, mais là j'ai du mal ! Aurais-je touché quelques fibres profondes côté nostalgie ?

12 novembre, 2009 09:53  
Anonymous Cochonfucius a écrit...

De la nostalgie, et puis, des sentiments mêlés sur ce qui a ou n'a pas éclos durant ces trente ou quarante années.

(Voir une chronologie partielle, subtilement transposée dans un univers fantasmagorique)

Ayons confiance, mes camarades, l'avenir dure longtemps.

12 novembre, 2009 14:41  
Blogger ivanko34 a écrit...

pas de noltalgie

de plus cette epoque etait minable

on s'en souvient encore car on passait des heures a comprendre et arriver a faire fonctionner quelque chose

mais globalement c'est nul horrible minable inutile

cela n'auait jamais du exister

12 novembre, 2009 17:14  
Anonymous michaël a écrit...

delo> je ne retrouvais pas ce @#¡#~ de lien, à propos des capacités calculatoires de nos chers micro-ordinateurs. Le revoilà !

Why computers suck at maths

(Désolé, en anglais uniquement.)

15 novembre, 2009 10:04  
Anonymous Anonyme a écrit...

Moi j'ai donné mon premier cours d'informatique en 1987, les langages et techniques ont bien changés depuis... :) C'est super de ce souvenir comme ça des bons moments du passé comme sur ce site que je viens de découvrir : LifeShare

14 janvier, 2010 18:56  
Anonymous Philippe a écrit...

Tout cela me rappelle de bons souvenirs :) 49 ans dont 25 comme professionnel, j'ai connu l'Apple IIe (mon premier), l'Atari 520ST, l'Amiga, les PC, bossé sur IBM 32, 34, 36, Netware, Windows, Linux, débuté sur Internet en 94 à 3,23 Francs la minute ;) Aujourd'hui, avec ma culture "utilisateur final" je ne retrouve plus mes petits chez les marchands de viande, et je crois que je vais faire la dernière partie de ma carrière comme Infirmier... Mais que de plaisirs passés

Merci pour le blog

02 février, 2010 10:26  
Anonymous Anonyme a écrit...

L'association Enseignement Public et Informatique (EPI) - fondée en 1971 -
vient de publier en ligne :

Historique de l’option informatique des lycées (décennies 1980 et 1990)
***************************
- Première partie : « La naissance d'une option »
- Deuxième partie : « Le développement de l'option. Vers une généralisation » .
- Troisième partie : « Suppression, établissement et nouvelle suppression.
Une politique en dents de scie » . Rubrique "Historique" de : http://www.epi.asso.fr

04 décembre, 2010 10:51  
Anonymous Secrétariat EPI a écrit...

L'EPI vient de publier également,le 15-02-2011, une "tentative d'historique" de l'association (1971-2011) signée Jacques Baudé :
http://www.epi.asso.fr/revue/histo/h11epi_jb.htm

Bien cordialement

Le Secrétariat de l'EPI
bureau@epi.asso.fr

16 février, 2011 11:24  
Anonymous Alain Kapur a écrit...

(re)bonjour,

A propos ...

L'EPI s'était fait un plaisir de signaler (en décembre 2009) l'excellent site de Jean Véronis !

http://www.epi.asso.fr/revue/lu/l0912b.htm

http://www.epi.asso.fr/revue/lu/l0912b.htm

Bien cordialement

A.Kapur EPI
16-02-2011

16 février, 2011 11:37  

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