Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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jeudi, mai 10, 2007

2007: La France qui se lève tôt

Daniel Scheidermann m'a demandé de réfléchir à quelques expressions clés de la campagne, pour Arrêt sur images de dimanche (ce sera d'ailleurs plutôt Arrêt sur paroles, puisqu'on va y décortiquer les mots...). Parmi les expressions qui ont émaillé cette campagne, il en est une qui m'a frappé : « la France qui se lève tôt ». Elle apparaît dans le discours de Nicolas Sarkozy début mars 2005 au Conseil national de l’UMP. Elle va devenir pour lui une expression clé, qui sera martelée tout au long de la campagne. Elle se durcit au fil des mois, entrant progressivement dans la rhétorique sarkozienne qui consiste à opposer des classes de Français entre eux. Il y aura donc « ceux qui se lèvent tôt » et les autres, dont on va voir qu’ils peuvent regrouper des catégories assez différentes, dans un flou savamment entretenu. L’évolution de l’expression au fil des discours constitue pratiquement un cas d’école, qui illustre le fonctionnement et la mise en place du discours sarkozien. On va voir que l’expression change progressivement de signification, partant du presque consensuel (le travail doit rapporter plus que les aides publiques) jusqu’à un discours qui rejoint (et, comme on le verra, paradoxalement dépasse) celui de l’extrême-droite.



« J’ai cité Léon Blum parce que je me sens l’héritier de l’enfant qui en 1936 grâce aux congés payés jette sur la mer son premier regard émerveillé et entend prononcer pour la première fois le mot “vacances”. »
(Nicolas Sarkozy, Discours au Futuroscope de Poitiers, 26 janvier 2007)




1. Les assistés

Dans une première phase, l’expression est un peu pléonastique (« se lève tôt le matin »), et illustre l’idée que le travail doit être récompensé et être plus payant que l’ « assistanat ». L’opposition avec d’autres groupes n’est pas encore explicitement marquée dans le discours, bien qu’on sente déjà poindre la France « qui n’en peut plus de l’assistanat » :
Nicolas Sarkozy - Conseil national de l'UMP le 6 mars 2005

C'est pourquoi l'Union pour un Mouvement Populaire souhaite que l'on fasse davantage pour la France qui se lève tôt le matin et qui pour autant peine à boucler ses fins de mois. La France qui travaille. La France qui ne demande rien, mais qui se lasse qu'on exige tant d'elle. La France qui est généreuse et solidaire, mais qui est en droit d'attendre de ceux de ses enfants qu'elle aide qu'ils fassent un minimum d'efforts personnels pour s'en sortir. La France qui n'en peut plus du nivellement, de l'égalitarisme et de l'assistanat, doit être entendue, écoutée et récompensée.
On peut encore imaginer dans l’extrait précédent que la France qui se lève tôt inclut la très grande masse des travailleurs pauvres et précaires, à travers l’expression « qui pour autant peine à boucler ses fins de mois ».

En juin 2005, le discours se précise. Les travailleurs pauvres passent au second plan: « Notre politique sociale ne peut se résumer à la seule question des exclus », et l’on voit que dans la question des droits de successions, qu’il s’agit de ceux qui ont tout de même au moins un peu à transmettre et ne sont donc pas dans la plus grande pauvreté. Le discours est d’ailleurs explicite : « L'UMP doit faire des classes moyennes, du monde des salariés, des Français du milieu, un sujet de préoccupation constant. ».
Nicolas Sarkozy - Réunion des cadres de l'UMP le 11 juin 2005

Et c'est un comble : bien souvent la reprise d'une activité est financièrement pénalisante pour celui ou celle qui a le courage de se lever tôt le matin. Nous ne pouvons et ne devons pas l'accepter. Nous devons changer cette réalité.
La vision socialiste est celle du nivellement, la nôtre est celle qui reconnaît comme naturel que celui qui travaille plus que les autres, gagne davantage que les autres.
Cessons de culpabiliser la France qui se lève tôt le matin.
Cessons d'imaginer que la France qui travaille n'a pas d'aspirations sociales.
On peut avoir un emploi, une famille, un logement et trouver que la vie est dure. On peut avoir tout ceci et rêver de promotion sociale. Notre politique sociale ne peut se résumer à la seule question des exclus. Notre politique sociale doit s'adresser à la France qui travaille aussi.
L'UMP doit faire des classes moyennes, du monde des salariés, des Français du milieu, un sujet de préoccupation constant. C'est le message premier de l'orientation politique de notre parti.
Récompenser le travail, c'est avoir le courage de reconnaître qu'après une vie de labeur, on a le droit de transmettre à ses enfants, en franchise d'impôts sur les successions, le patrimoine difficilement constitué.
En mars 2006, l’expression se transforme : le pléonasme disparaît, et elle se complète : La France qui se lève tôt et travaille dur. On voit exprimée pour la première fois l’idée qu’à côté de cette France des travailleurs, il y a une France paresseuse, celle des chômeurs qui ne recherchent pas véritablement un emploi. Mais le mot paresse n’est pas prononcé, et l’opposition n’est pas explicite. Elle est laissée, comme souvent chez Sarkozy, à la reconstruction subliminale de l’auditeur. Les expressions sont mises côte à côte, mais rien n’est vraiment dit. On fait simplement appel à la responsabilité. Qui peut être contre ?
Nicolas Sarkozy - Pour une France plus juste - Douai - lundi 27 mars 2006

Il faut revoir les règles d'indemnisation du chômage qui doivent être à la fois plus justes et plus incitatives à la reprise du travail. 40% des chômeurs n'ont aucune indemnité et ces dernières sont insuffisantes pour les salariés des catégories modestes ou même intermédiaires !
En contrepartie, car il n'y a pas de droits sans devoirs, il faut exiger des demandeurs d'emploi qu'ils recherchent véritablement une activité, et en reprennent une quand ils le peuvent, sous peine de voir leurs droits à indemnisation réduits voire supprimés. C'est en luttant contre les abus de la générosité qu'on protège la générosité. La France qui se lève tôt et travaille dur, veut bien être au rendez-vous de la solidarité, mais elle attend en retour que ceux qui sont aidés soient au rendez-vous de leur responsabilité.
La stratégie devient claire en mai 2006. Il s’agit de récupérer l’électorat du Front national. Elle sera constante jusqu’à l’élection, et l’on verra qu’elle aura été payante :
Nicolas Sarkozy - Réunion des cadres de l'UMP - Samedi 13 mai 2006

Au service de cette grande ambition, l'UMP doit être le parti de tous les Français. Que chaque Français, d'où qu'il vienne et quel qu'il soit, le sache : nous avons quelque chose à lui dire. Nous voulons l'écouter, le comprendre, lui parler. La France qui s'entasse dans le métro à 18 heures, la France qui se lève tôt pour rejoindre l'usine ou le bureau, la France des fonctionnaires qui aiment leur métier, la France des parents qui se serrent la ceinture pour leurs enfants, la France des campagnes qui ne veut pas renoncer à son avenir, la France des cités qui rêve de réussite sociale, la France qui a du mal à finir les fins de mois, bref la France qui est à la peine et qui mérite sa réussite, c'est la France que nous voulons représenter, incarner, entraîner.
L'électeur du Front National que nous avons perdu en chemin parce que sa souffrance n'a pas été entendue, comme l'électeur du parti communiste qui ne sait plus à quel idéal se vouer, n'appartient à personne ! Rien ni personne ne pourra m'interdire d'aller lui parler et le convaincre de nous rejoindre !
La première phase se conclut par le discours d’Agen en juin 2006. C’est dit explicitement : la France qui se lève tôt et travaille dur n’inclut pas la masse des travailleurs précaires, comme on aurait pu le penser au départ.
Nicolas Sarkozy - Réunion publique Agen - 22 juin 2006

Je veux parler d'une autre souffrance, bien réelle, qui ne doit pas être sous-estimée : celle de la France qui n'est pas dans la précarité, qui se lève tôt, qui travaille dur, qui se donne du mal pour nourrir sa famille et élever ses enfants, qui elle aussi je l'affirme est à la peine, et qui entend qu'on le sache et qu'on réponde à son appel.
Sur fond de chômage de masse, de mondialisation, d'efforts acharnés de productivité et de prélèvements sur le travail sans cesse accrus pour régler la facture toujours plus lourde de la fracture sociale, depuis 25 ans la vérité est qu'on demande à cette France qui travaille toujours plus de sacrifices.
Je veux m'adresser à cette France qui n'en peut plus de faire des efforts et dont on ne parle que pour la culpabiliser.


2. Les fainéants et les tricheurs

La deuxième phase débute avec le discours de Périgueux en octobre 2006. Elle consiste en un durcissement radical : jusqu’ici l’autre France, qui ne se lève pas tôt, était laissée en filigrane. Elle est maintenant clairement désignée. Ce sont les fainéants et fraudeurs :
Nicolas Sarkozy - Nicolas Sarkozy, Discours à Périgueux - 12 octobre 2006

Je veux un Etat qui ne soit pas fragilisé par le laxisme et par la fraude.

Je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire, que ceux qui ne veulent pas travailler vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur.

Je ne veux pas que ceux qui fraudent l’assurance chômage, l’assurance maladie, les allocations familiales, ceux qui escroquent le fisc ou les ASSEDIC, ceux qui détournent de l’argent public par copinage ou par favoritisme, continuent à mettre en péril la solidarité nationale. Parce que cela renforce la crise morale et la défiance vis-à-vis de ceux qui sont vraiment dans le besoin.
Les expressions sont dures, et l’opposition est désormais en place : il y a ceux qui se lèvent tôt et ceux qui vivent sur le dos des autres.

Un cran supplémentaire va être franchi mi-février, à la Réunion. L’autre France, c’est non seulement celle des petits tricheurs, mais celle des véritables délinquants :
Nicolas Sarkozy - Discours à la Réunion – 15 février 2007

Il faut que chaque citoyen sente qu'il doit donner à la France autant qu'il reçoit d'elle ! Il faut que celui qui se lève tôt pour aller travailler soit mieux récompensé que celui qui a décidé de ne plus se lever ! Il faut que celui qui prend des risques soit mieux considéré que celui qui n'en prend aucun ! Il faut que le jeune qui "bosse" dur pour s'acheter sa voiture ne soit pas ridiculisé par le dealer du coin qui gagne en un jour ce que certains gagnent en un mois !
Ce discours marque le point de départ de la phase finale intensive de droitisation du discours sarkozien : appel à l’autorité (mot prononcé 75 fois à Perpignan le 23 février), condamnation de « l’esprit de mai 68 », proposition d’un ministère de l’Immigration et de l’identité nationale, etc. La rhétorique d’opposition des catégories entre elles prendra parfois des accents très durs, comme à Meaux :
Nicolas Sarkozy - Discours à Meaux – 13 avril 2007

Que doivent penser ceux qui se lèvent à 5 heures du matin pour prendre un bus et aller travailler quand leurs impôts financent les vacances et la carte orange de ceux qui ne travaillent pas ?



3. Les accidentés de la vie

Dans ce binarisme, il n’y a pas de place pour trois catégories de citoyens, qui sont pourtant probablement bien plus nombreuses que les paresseux et tricheurs qui sont mis en avant dans la rhétorique de la France qui se lève tôt :

(1) ceux qui ont perdu leur emploi, mais souhaitent désespérément en retrouver un ;
(2) les jeunes, qui n’ont jamais réussi à entrer dans le marché du travail et connaissent une précarité considérable, qui avait été mise en évidence par les émeutes des banlieues et la crise du CPE ;
(3) la quantité importante de travailleurs précaires, dont on a vu qu’ils avaient déjà disparu du discours plusieurs mois auparavant.

La première catégorie va être progressivement réintégrée dans le discours, sous la dénomination d’accidentés de la vie. L’expression apparaît au détour d’une phrase en décembre 2006 :
Nicolas Sarkozy - Discours à Marseille – 1er décembre 2006

J'ajoute que le Président de la République de 2007 devra aussi s'attacher à rassembler les Français autour d'une vision nouvelle de la solidarité et du mérite. La fracture sociale, si elle existe, se situe désormais nettement entre la France qui travaille, se lève tôt et élève ses enfants sans bénéficier d'aucune aide spécifique, et ceux qui, par faiblesse, par accident ou par facilité, se sont laissés enfermer dans l'assistanat. L'absurdité est à son comble quand il arrive que l'accumulation des aides nationales et locales place les personnes inactives en situation de percevoir, sans aucun travail, des revenus identiques à ceux que procurent des métiers rémunérés au SMIC. Déjà ébranlée par chaque livraison de la presse qui apporte son lot de fraudes, d'abus et d'escroqueries en tout genre, affectant tantôt l'un, tantôt l'autre des pans de notre protection sociale, c'est l'idée de solidarité qui est menacée de ne pas survivre à la perpétuation de telles injustices.
Les accidentés de la vie sont enserrés entre les tricheurs (la faiblesse) et les paresseux (la facilité).

L’expression accident(é) de la vie va apparaître fin janvier et sera martelée jusqu’à la fin de la campagne. Elle réfère habilement autant à la perte d’emploi qu’au handicap et à la maladie, dont elle récupère la charge émotionnelle :
Nicolas Sarkozy - Discours à Saint-Quentin - 25 janvier 2007

Je souhaite que les intérêts des emprunts pour acheter son logement soient déductibles en totalité du revenu imposable, que le crédit hypothécaire soit réformé, que l’accès à la propriété pour les locataires de logements sociaux soit facilité parce que la propriété c’est la meilleure assurance contre les accidents de la vie, contre la précarité.

[…]

Je veux être le Président d’une France dans laquelle l’Etat aide ceux qui en ont besoin, ceux que les accidents de la vie ont abîmés au point qu’ils n’arrivent plus à se tenir debout tout seuls. Ma France, c’est celle où l’Etat ne laisse personne dans la détresse, où l’Etat tend la main à l’enfant pauvre, au malade, au handicapé, à la personne âgée qui est dépendante, où l’Etat accompagne ceux qui veulent s’en sortir, ceux qui sont prêts à faire un effort sur eux-mêmes, où l’Etat donne à ceux qui n’ont plus la force de vouloir, l’énergie de vouloir de nouveau.
Elle apparaîtra en particulier, et c’est très symbolique, au soir du premier tour :
Nicolas Sarkozy - Discours au soir du premier tour - 22 avril 2007

Je veux parler à tous ceux que la vie a brisés, aux accidentés de la vie, à ceux qu’elle a usés, à ceux qui sont dans la détresse. Je veux parler aux malades, aux handicapés, aux personnes âgées, à ceux qu’une pression trop forte a épuisés, à ceux qui ont trop souffert
C’est la seule catégorie de la « France qui ne se lève pas tôt » qui trouve donc grâce aux yeux du candidat. Le mot accident marque clairement l’idée que ce n’est pas de leur faute. Ce n’est pas dit, mais l’implicite est forcément que les autres catégories, même si elles ne sont pas des tricheurs et des paresseux, sont responsables de leur situation. Les jeunes n’ont qu’à se prendre en main, et les travailleurs précaires n’ont sans doute qu’à travailler plus pour gagner plus.


4. Une erreur d’analyse

Cette opposition des catégories de Français et cet appel à la méritocratie a été jugé comme une dérive d’extrême-droite, visant à chasser sur les terres de Jean-Marie Le Pen. Il est vrai que dans le même temps l’appel à l’autorité et les propos musclés sur l’immigration incitaient à cette analyse. En fait, c’est peut-être le discours que les électeurs de Jean-Marie Le Pen voulaient entendre, mais personne ne semble avoir noté dans la presse et les médias, que, curieusement, celui-ci ne tenait justement plus exactement le même discours. Les « travailleurs pauvres » par exemple sont un mot clé récurrent de son discours, et contrairement à Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen ne culpabilise ni les chômeurs ni les assistés. Il fait porter la responsabilité de leurs difficultés sur la politique libérale, dans un discours que l’on pourrait confondre, si l’on n’était pas prévenu, avec celui d’Arlette Laguiller :
Jean-Marie Le Pen - Discours du Bourget - 12 novembre 2006
Cette politique dite « libérale » produisant chômage de masse, pauvreté, assistanat, travail clandestin et stagnation des salaires…

Jean-Marie Le Pen - Discours à Nice - 19 avril 2007
Nos soutiens à nous, c’est cette immense cohorte des victimes de la mondialisation, des délocalisations, fruits vénéneux et mortels de votre politique,
Ce sont ces 14 millions de travailleurs pauvres dont vous venez d’apprendre l’existence,
Ce sont ces humiliés du chômage, des retraites misérables,
C’est ce long cortège de nos derniers paysans devenus assistés,
C’est ce peuple entier des rmistes privés de dignité à qui vous ne concédez même plus les miettes des immenses profits que réalisent ceux qui vous dirigent !
Étrangement, la presse et les médias ne semblent pas avoir aperçu ce paradoxe. Les électeurs l’ont vu, eux, et ils ont cette fois considéré que la copie était meilleure que l’original.

*

Je vous donne rendez-vous pour d'autres décryptages dans Arrêt sur images, ce dimanche (France 5, 12h35).




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61 Commentaires:

Blogger Kaa a écrit...

Bonjour Jean, et merci pour cette analyse courageuse. Le côté manichéen, on dirait du Bush, tu trouves pas ? On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

10 mai, 2007 11:02  
Blogger all a écrit...

Notons aussi que SR a répondu sur ce sujet à NS « Je ne fais pas moi de discrimination entre ceux qui se lèvent tôt et les autres [...] il y en a qui se lèvent tard parce qu'ils travaillent tard ou travaillent la nuit»

La proposition "France qui se lève tôt" de NS est totalement symbolique ; ce qu'elle a de merveilleux est que chacun peut personnifier à souhait l'expression, remplir l'analogie à l'aune se sa propre expérience et de ses convictions (le vécu lacanien). Bref, chacun s'y reconnaît puisqu'il peut s'incarner dans la phrase. C'est le but recherché avec ce genre de concept à géométrie variable, comme le slogan de publicité qui fait aimer celui qui le formule.
La réponse de SR n'est pas à la hauteur, comme si elle n'accédait pas au symbolisme et prenait l'allégation à la lettre. C'est pour moi une indication de rigidité de caractère, mais il s'agit là d'une pure spéculation.

ToUt est symbole, vous même apparaissez habillé de noir à la TV, code d'une sympathie de gauche. Aurez vous dimanche un costume de flanelle bleu ?

10 mai, 2007 11:57  
Anonymous Frederic a écrit...

Bonjour, je me souviens avoir entendu l'expression "accidenté de la vie" dans la bouche de Sarko. C'était il y a quelques années (de l'ordre de 5 ans) lors d'un débat télévisé. Bravo pour tout, Frédéric

10 mai, 2007 12:03  
Blogger Geraud a écrit...

C'est passionnant, bravo ! D'ailleurs je lis le blog de Schneidermann parallèlement au vôtre, ils sont complémentaires et constituent une particule d'espoir dans ce monde brutal ;-)

Dommage qu'on ne puisse pas tenir ce genre d'analyse sur TF1 à 21h, *avant* les élections...

Un bémol quand même: quand vous dites
"on voit que dans la question des droits de successions, qu’il s’agit de ceux qui ont tout de même au moins un peu à transmettre et ne sont donc pas dans la plus grande pauvreté"
vous vous faites un peu avoir par la propagande sarkozienne.
Il y a des abattements conséquents sur les droits de succession, seule 10% de la population en paye. Ce sont donc des gens qui n'ont pas qu'"un peu" à transmettre, mais déjà pas mal ! Et il ne s'agit pas de la France du milieu par définition, mais de la France d'en haut (10%) !

C'est comme JF Copé qui a essayé de faire croire qu'un prof. du secondaire en fin de carrière gagne 4000 euros par mois.

Je ne comprends pas comment une partie de la classe "moyenne" a pu se faire avoir par ce genre de discours, et comment Royal n'a pas été capable de reprendre Sarkozy sur ses propos.

10 mai, 2007 12:12  
Blogger Vicnent 31415 a écrit...

La stratégie devient claire en mai 2006. Il s’agit de récupérer l’électorat du Front national.

Jean, la bonne phrase devrait être à mon sens : "il s'agit entre autre de récupérer..." : la formulation initiale laisse croire que quand NS parle de "la France qui se lève tôt", c'est uniquement pour les électeurs FN. Je ne le crois pas.

Dans la jungle des lois, j'avais moi même essayé de modéliser le comportement d'un "sans diplome fainéant", l'un au smic, l'autre au RMI. Il est clair qu'à la fin du mois, cela ne donne pas envie de travailler. Toute les charges supplémentaires additionnées, la partie assistance de l'État en moins, quand on ne peut espérer mieux que le smic, (presque) autant être au RMI...

Sachant qu'en vivant à deux mais déclaré deux fois tout seul, on a 2*420 = 840 + tous les avantages (CMU, transports) + peut être un peu de black (3 jours de black et vous êtes au smic...) contre 980 € - les avantages + les obligations de se lever tôt le matin, se raser, s'habiller, se laver, perdre 1 à 1h30 le matin ET le soir... hum...

"Se lever tôt" est un symbole extra fort. Par rapport au symbole de la "Grass' Mat'", c'est très parlant.

Ce RMI est une catastrophe. Que des personnes y soient l'est encore plus. Que des personnes veulent y rester est carrément dramatique : mais ont-elles vraiment le choix ?

10 mai, 2007 12:29  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Kaa> Pas mal de similitudes avec Berlusconi, aussi...

10 mai, 2007 12:51  
Blogger Jean Véronis a écrit...

All> Vous remarquerez que je ne porte pas d'écharpe rouge. Mais non, il ne faut rien y lire d'autre : «Le drapeau noir, c'est encore un drapeau», comme disait Léo Ferré. Et je suis assez d'accord avec lui...

10 mai, 2007 12:55  
Anonymous Arthur a écrit...

En réponse à Vincent:

Il est clair que vu sous cet angle, le RMI est une calamité.

Cependant je me pose une question depuis maintenant quelques semaines... n'est-il pas étonnant que personne ne puisse donner ne serait-ce qu'une vague idée de l'ampleur de cet "assistanat"? Les fainéants tricheurs représentent-ils 1%, 10%, 50% des bénéficiaires du RMI? Je me doute bien que ce genre de statistique est difficile à produire, mais il doit tout de même bien exister des chiffres, quelque part...

Ou alors, peut-être l'assistanat est-il une légende, basée sur un fond de vérité? On connaît tous au moins un "profiteur du système", je pense. Battez les oeufs en neige et vous obtenez un cyclope, monstre hideux, cause de tous les maux de cette nation...

Qu'en pensez vous?

10 mai, 2007 12:56  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Géraud> Oui, j'aurait dû mettre un smiley pour souligner l'ironie sur "au moins un peu"...

10 mai, 2007 12:57  
Blogger Geraud a écrit...

vicnent> si le RMIste peut travailler au noir, qu'est-ce qui empêche le smicard de le faire ?

Et pour ce qui est des transports, il me semble que ça ne concerne que la région parisienne non ? Soit 1/5ème de la population.

Enfin j'aimerais bien connaître la proportion de RMIstes qui souhaitent le rester.

Il est évident que tout le monde n'a pas les mêmes capacités à se sortir de la précarité. Faut-il pour autant condamner celui qui ne peut pas s'en sortir (trop bête, trop alcoloo, trop timide, trop dépressif, trop basané, trop flemmard, trop ceci, trop cela) ? Ne pas suivre la loi du plus fort, c'est ce qui nous différencie des animaux.

10 mai, 2007 13:00  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Vicnent> Tu illustres parfaitement la rhétorique sarkozienne. Bien des gens sont d'accord (dont moi) sur le fait que le différentiel entre travail et aides n'est pas assez incitatif. D'autres le disent aussi (Bayrou par exemple). Et justement ce n'est pas sur ça que porte la critique. Mais c'est sur ça qu'il répond.

C'est un classique chez lui. Lorsqu'on proteste sur le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, il dit «comment, vous êtes contre l'identité nationale» ? Ce n'est pas non plus ça qu'on lui reproche (mais l'amalgamme des deux, qui crée lien de cause à effet...).

Etc.

10 mai, 2007 13:02  
Blogger Geraud a écrit...

Moi je pense que vous sous-estimez gravement la perte de dignité lié au RMI comparé à un travail même merdique même payé au SMIC. Et je pense qu'il est difficile d'avoir un avis pertinent là-dessus quand on ne le vit pas, surtout que personne n'a été capable de donner des chiffres.

Combien coûte à la société la fraude qui vient des gens qui vivent dans la précarité, par rapport à celle qui vient des copains de Sarko, Balkany, Juppé, Chirac, Pasqua (pour ne prendre que des politiques) ?

Pour info (pour les Parisiens) à Marseille il faut avoir un contrat d'insertion en plus du RMI pour avoir la gratuité des transports:
http://www.adai13.asso.fr/fiches/soc/soc_transport.htm

10 mai, 2007 13:11  
Blogger Bernard G a écrit...

Vos analyses sont très éclairantes, mais vous auriez pu également souligner les rapprochements avec d'autres discours populaires :
- celui de "vieux con" que nous avons tous mille fois entendu dans la bouche des retraités, d'autant plus entendu qu'ils étaient depuis plus longtemps éloignés du monde du travail. C'est lorsque l'on se repose d'une longue vie de travail que l'on se remémore avec émotion ces matins où l'on partait travailler dur ;
- celui également de ceux qui réussissent malgré tout à s'en sortir petitement au prix d'énormes efforts et qui sont impitoyables avec ceux qui ne s'en sortent pas. Je pense à ces artisans et commerçants qui vivent avec des revenus médiocres au prix de très longues heures de travail…

Pour tous ces gens qui ont voté massivement pour lui, son discours était immédiatement compréhensible : c'est celui qu'ils tiennent tous les jours quand ils se laissent aller à réfléchir sur le monde. Le Pen nous a longtemps expliqué qu'il disait tout haut ce que les Français pensaient tout bas, Sarkozy a dit devant des foules immenses et à la télévision ce que ses électeurs disent chaque jour en famille et entre amis. C'est en cela qu'il a innové. Pas en refondant la droite comme on nous le répète sans cesse depuis quelques jours.

10 mai, 2007 13:11  
Anonymous Arthur a écrit...

à Geraud:

ce qui empêche le smicard de bosser au noir en plus, c'est évidemment le fait qu'il a déjà un boulot, donc pas le temps d'en faire un 2ème...

Concernant la perte de dignité je suis parfaitement d'accord. Je suis moi même particulièrement zélé concernant mes droits à certaines aides, je déclare la stricte vérité, par principe, et je ne pourrais pas dormir la nuit si je n'avais pas la conscience tranquille.

Mais il existe des gens qui ne sont pas comme ça, ce sont eux que NS fustige... ma position face à cela? je ne souhaite pas couper les vivres à ceux qui en ont besoin sous prétexte que certains en profitent. À la fin, dieu reconnaîtra les siens... (je suis athée, c'est une expression!)

Celui qui triche envers l'état, pour moi, soit il est malade, et c'est normal de s'en occuper, soit c'est un co**ard, et pour moi il n'existe même pas.

10 mai, 2007 13:20  
Blogger yves a écrit...

Une petite suggestions: Il serait intéressant d'analyser aussi le discours de Sarkozy lors du face à face avec Ségolène et ses déclarations après son élection.

Bonne continuation avec votre blog.

10 mai, 2007 13:32  
Anonymous Maraudeur a écrit...

C'est bien beau, tout cela, mais je ne sais pas si la solution sarkosyenne pour augmenter le différentiel entre assistés et travailleurs consistera à augmenter les salaires des uns, ou à diminuer les aides aux autres... J'ai bien peur que la deuxième hypothèse soit la bonne!

10 mai, 2007 14:41  
Anonymous Axi a écrit...

Merci de nous faire partager vos recherches et votre analyse, c'est très intéressant.

J'ai néanmoins relevé une petite contradiction à propos de Jean-Marie Le Pen : vous dites que le mot "assisté" est absent de sa campagne, alors que juste après vous nous donnez un extrait d'un discours où justement le mot apparaît : « C’est ce long cortège de nos derniers paysans devenus assistés ». Ceci dit vous avez raison, il n'en parle pas comme d'une catégorie à stigmatiser.

10 mai, 2007 14:50  
Anonymous Anonyme a écrit...

Bonjour,

Je suis d'accord, belle analyse.
Qui me fait me poser une question...
NS n'utilise t-il pas des procédés de "voyant" en posant des questions ou chacun doit trouver sa propre réponse ? ce qui fait que "personne" ne peut le contredire...
J'ai seulement l'impression qu'il use et abuse des questions avec la (sa?) réponse dans cette même question, mais il n'est sans doute pas le premier à utiliser ce genre de procédé en politique.

10 mai, 2007 16:36  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Axi> merci de me faire remarquer ça. Je voulais dire que Jean-Marie Le Pen ne parle pas des assistés sociaux (chômage RMI). Mais même dans le cas des paysans assujettis aux aides européennes, il dénonce le système, sans, me semble-t-il stigmatiser une catégorie (je ne suis pas lepéniste ;-)

10 mai, 2007 19:38  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Anonyme> Oui, ce "truc" de la question rhétorique est très utilisé par Sarkozy. Mais Royal le fait beaucoup aussi. Souvenez-vous du débat de l'autre soir. Avant de pousser sa colère, ça m'a frapper d'entendre qu'elle attaquait avec une question :

Ségolène Royal : Là, on atteint le summum de l'immoralité politique. Je suis scandalisée par ce que je viens d'entendre, parce que jouer avec le handicap comme vous venez de le faire est proprement scandaleux. Pourquoi ? Lorsque j'étais Ministre de l'enseignement scolaire, c'est moi qui ai créé le plan Handiscol...

10 mai, 2007 19:43  
Anonymous bcolo a écrit...

Merci pour cette brillante analyse, M. Véronis, bien plus pertinente que les élucubrations statistiques sur les citations dans la presse (les chiffres, on peu leur faire dire ce qu'on veut) ou que votre sympathie mal dissimulée pour le "résistant" Bayrou (tiens, le 18 juin est le lendemain des législatives, va-t-il parler à la radio de Londres ?) qui tranchait désagréablement sur le reste. Quant à Schneidermann, qui ne se prend pas pour le premier venu, vous laissera-t-il le temps de développer ?

10 mai, 2007 21:43  
Blogger Stephane a écrit...

Qui va faire l'analyse des articles de Jean Véronis pour observer son glissement progressif de l'analyse du langage des politiques à l'analyse politique de leur langage? Cet article semble bien moins neutre que les autres. Un tournant dans la vie de ce blog? Ou bien juste un saut d'humeur face à un résultat électoral contrariant?

L'argumentation est bien moins neutre qu'à l'habitude et l'on voit poindre une envie partisane de dénigrement de NS. Ainsi, en disant que le discours sarkozien a dépassé celui de l'extrême-droite, on s'attend à lire des paroles vraiment nauséabondes. Mais, comme vous le remarquez vous-même, c'est du au fait que le discours de Le Pen ressemble à celui d'Arlette sur la mondialisation. Le Pen a une conception nationale et protectioniste de l'économie qui, depuis toujours, est bien peu libérale. Rien de neuf chez Le Pen.

A qui faire porter la responsabilité des difficultés des chômeurs et des assistés? A la société ou à eux? La réalité est toujours complexe et beaucoup de facteurs interviennent. Mais dire que leur problème, c'est le système, n'est pas constructif. Après tout, quand vous mettez de mauvaises notes à vos étudiants, vous ne leur dites pas que c'est parce qu'ils ont des lacunes scolaires qui se sont accumulées depuis le primaire à cause d'une education nationale fossilisée, mais vous leurs dites de passer plus de temps à étudier vos cours, de faire plus d'exercices pratiques... Après tout, il y en a tellement qui réussissent (vos cours et dans la vie) avec un système (forcément) imparfait.

Le problème du glissement vers des articles plus politisés, c'est qu'analyser le langage ne suffit plus (c'est déjà beaucoup ce que vous faites), mais qu'il faut tenir compte du réel et du souhaitable. (Exemple: Bayrou, vous et la plupart d'entre nous approuvons que les gens qui travaillent devraient gagner plus que ceux qui sont au RMI. )

Et bravo por ce blog

11 mai, 2007 06:54  
Anonymous Anonyme a écrit...

Pour en revenir à l'analyse des mots et des textes, votre analyse montre bien la nécessité de revenir au contexte des mots, et pour cela de passer du temps. Activité dans laquelle peu de décideurs investissent lorsqu'il s'agit d'analyse à des fins d'intelligence économique et concurrentielle.

Merci pour ce travail donc, et bravo à tous les intervenants pour la diplomatie de leurs propos : ça fait plaisir un salon ou les gens n'hurlent pas dès qu'un avis contraire est émis.(A moins que les commentaire de ce genre ne soient censurés, Jean ?)

11 mai, 2007 08:39  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Anonyme> Non, rien n'eest censuré. J'ai beaucoup de chance d'avoir des lecteurs comme vous. J'aimerais tant que la démocratie et la vie publique soient à cette image ! Apprenons cette courtoisie et ce respect à nos enfants, et un jour peut-être...

11 mai, 2007 08:45  
Anonymous Marco50 a écrit...

arthur> Concernant l'ampleur de cet "assistanat"
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/12/CORDONNIER/14220

11 mai, 2007 09:08  
Anonymous Denis a écrit...

Bravo et merci pour cet article que j'ai lu avec une réelle délectation.
J'ai aimé son ton posé et la rigueur des arguments employés.
Est-il "sarkosiste" ou "anti-sarkosiste" ? Qu'importe ! Il est modéré et reflète une façon de penser et d'analyser que chacun devrait faire sienne.
Auteur d'un article sur Agoravox, j'ai reçu en retour une foule de commentaires orduriers venant de lecteurs qui n'avaient pas pris le temps de lire (ou ne savaient pas lire, au sens où ils ne comprenaient pas ce qu'ils lisaient). La modération en tout est une qualité essentielle. Elle n'est malheureusement pas souvent de mise dans le landernau politique.
Pour terminer, une simple anecdote : mon fils de 23 ans a été contraint, ne trouvant pas d'embauche à la fin de ses études, de s'inscrire au chômage pour bénéficier des prestations sociales. Il y est resté 2 mois.
Ayant enfin trouvé un emploi, et comme je l'interrogeai sur le fait qu'après plus d'un an il n'avait toujours pas pris de congés, il me répondit : "Tu sais, lorsqu'on est resté deux mois au chômage, on a l'impression d'avoir pris des congés pour toute une vie".
Il fait partie de ces "Français qui se lèvent tôt", après avoir été de ceux qui, selon Nicolas Sarkosy, "profitent du système".
Continuez, Monsieur Véronis, notre pays a besoin de chroniqueurs tels que vous.

11 mai, 2007 09:42  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Stéphane> Je ne crois pas qu'il y ait glissement progressif. J'ai toujours poussé des coups de gueule quand bon me semblait (et contre tout le monde, d'ailleurs, rappelez-vous mon texte sur le drapeau, qui n'a pas fait plaisir aux socialistes). Je ne prétend nullement à une quelconque neutralité: on ne peut pas analyser le langage indépendamment de son contexte. Je ne suis pour autant encarté nulle part (même pas au Mouvement Démocrate ;-), et je me réserve droit de taper sur les uns et les autres...

Pour revenir aux assistés, comme pour la racaille, le kärcher, l'identité, etc., ce qui me choque c'est la façon d'en parler. Sur le fond, il y a quand même large consensus sur le fait que la société a laissé se développer des "trappes" à précarité à travers les aides, une situation inacceptable de non-droit dans certaines zones, etc. Mais en parler en opposant des groupes de gens entre eux, en faisant des amalgames douteux (non-travailleurs=fainéant/délinquant ; immigration = pb d'identité ; etc.) à base de non-dits qui en disent lourd est pour moi l'inverse de la vision humaniste de la société à laquelle je continue à croire...

11 mai, 2007 09:44  
Blogger Geraud a écrit...

Très intéressant l'article du Monde Diplo !

11 mai, 2007 10:56  
Anonymous wawa a écrit...

En marge de votre analyse dont je salue comme tout le monde (ici ;-) la justesse, une autre analyse issue d'un sondage de l'IFOP (voir ici) invite à nuancer l'impact qu'a pu avoir la formule de M. Sarkozy sur "la France qui se lève tôt".

Pour résumer rapidement, il semblerait que Ségolène Royal soit arrivée en tête au second tour pour toutes les classes d'âge de la population active et que Nicolas Sarkozy ne doive sa victoire qu'à un vote massif des retraités en sa faveur. Avec toutes les précautions qu'il est nécessaire de prendre lorsqu'on a affaire à des sondages, on pourrait donc dire que si la formule de M.Sarkozy a eu un impact, ce ne fut le cas qu'auprès de la France qui n'est plus contrainte de se lever tôt :-)

11 mai, 2007 11:21  
Anonymous Inarius a écrit...

Interessant article
Il est vrai que Sarkozy a programmé très soigneusement ses "dérapages" linguistiques, et que le personnage est beaucoup plus fin et retors que prévu. En même temps, il avait 5 ans pour se préparer et s'y prépare probablement depuis 20 ans...

Bref, à présent regardons la suite

PS : Sympa la photo du zoli bateau ! Est ce une illustration à la france qui se lève tot ?

11 mai, 2007 13:40  
Anonymous Sylvain a écrit...

Cette "France qui se leve tot" me rappelle egalement une autre expression que Raffarin avait suremployee a une epoque : "La France d'en bas".

On n'est pas tout-a-fait dans le meme registre semantique, mais ne peut-on pas y voir les premiers efforts d'une droite qui tente de reinvestir le champ populaire ?

Pensez-vous qu'on puisse etablir un lien entre ces deux expressions ?

11 mai, 2007 16:17  
Blogger Stephane a écrit...

Merci pour la réponse. C'est vrai que j'ai remarqué que vous aviez un esprit libre, et c'est bien pourquoi je reviens volontiers vous lire régulièrement depuis début 2005!

Ce qui fait justement la popularité de NS chez une majorité de nos concitoyens, c'est qu'il dise les choses sans détours et sans expressions politiquement correctes tellement vagues que personne n'est concerné. Peut-être cela choque un peu car, pendant (trop) longtemps, la gauche avait réussi à imposer un discours compatissant (mais déresponsabilisant) pour les assistés, et culpabilisant pour tous ceux qui ont un travail et financent le système. On n'est plus habitué à entendre un homme politique en France demander des comptes aux citoyens aussi (autrefois, JFK aux USA: Ne demande pas ce que le pays peut pour toi, mais ce que tu peux faire pour ton pays). Mais comme il n'emploie pas le mot fainéant, mais ne fait que le suggérer, je trouve son discours plus retenu qu'au PS (Hollande: 'je n'aime pas les riches'.)
Et puis il y a son discours de victoire:
"Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usés doivent savoir qu’ils ne seront pas abandonnés, qu’ils seront aidés, qu’ils seront secourus. Ceux qui ont le sentiment que quoi qu’ils fassent ils ne pourront pas s’en sortir doivent être sûrs qu’ils ne seront pas laissés de côté et qu’ils auront les mêmes chances que les autres."

Devenu président de tous les Français, il semble prendre beaucoup de soin pour se défaire de cette image dure qui lui colle à la peau. On jugera sur ses actes et résultats.

11 mai, 2007 21:01  
Anonymous Arnaud a écrit...

Au sujet des tricheurs, des RMIstes fraudeurs, etc. Acrimed.org a publié un excellent article contre une enquête du Point qui consistait à dénoncer l'existence de ces tricheurs qui minent la Répubique... sans aucune preuve.

Un cas de propagande avéré en somme. Voici donc le lien :

http://www.acrimed.org/article2405.html

En tous les cas, merci pour cette analyse intéressante.

11 mai, 2007 22:18  
Anonymous Anonyme a écrit...

À dimanche alors...
Notez que même sans Jean Véronis, l'émission est très bonne, surtout que les présentateurs (enfin le présentateur et la « chroniqueuse/présentatrice ») n'ont pas peur de mettre en difficulté les personnes qu'ils interrogent (j'ai adoré l'émission avec M. Pujadas au sujet de la fiction « Poisson d'avril »).

11 mai, 2007 23:23  
Anonymous Remi Stranx a écrit...

Bonjour,

"Honneur à ceux qui se lève tôt et méritent donc plus que les autres"... les travailleurs de nuits en station services ou restauration ou ailleurs, ceux qui sont ballotés en 3x8, les caissières de supermarché ou les agents de téleservice qui embauchent à mi-journée pour des salaires de misère, ceux qui peinent à vivre de cuire des hamburgers quelques heures le soir chez McDo et consorts.... auront apprécié le propos.

12 mai, 2007 00:47  
Blogger all a écrit...

en faisant des amalgames douteux (non-travailleurs=fainéant/délinquant

Un petit mot à la fin de ce long thread pour dire que le demandeur d'emploi se reconnaît aussi dans la proposition France qui se lève tôt. La chômeur qui se démène pour trouver un emploi. Et celui là aura un jugement plus féroce envers son voisin chômeur qui glande ou qui travaille au noir qu'à l'égard du riche entrepreneur sur son yacht.

12 mai, 2007 09:38  
Blogger Jean Véronis a écrit...

All> Le tour de force de Sarkozy a été de parler à l'électorat populaire en dépalcer la lutte des classes : ce n'est plus travailleurs/patrons, mais travailleurs/chômeurs... Fort.

12 mai, 2007 09:41  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Wawa> il semblerait [...] que Nicolas Sarkozy ne doive sa victoire qu'à un vote massif des retraités en sa faveur. -- Oui. Ce n'est pas contradictoire avec la formule "La France qui se lève tôt", qui parle justement à ces gens là, qui pour la plupart

- n'ont jamais connu le chômage (pour les plus âgés)

- l'ont connu à la fin de leur vie seulement et l'ont vécu comme un traumatisme (Sarkozy les récupère dans la catégorie "accidentés de la vie").

En plus de l'opposition chômeur assisté, Sarkozy a habilement joué sur

- un conflit de génération (les vieux qui ont trimé toute leur vie contre les jeunes qui ne foutent rien)

- un conflit de visions de la société, qui remonte bien loin. Sa critique de Mai 68 est de ce point de vue révélatrice. Les plus jeunes ne s'en souviennent pas, mais il y avait déjà un fort clivage gauchistes/PC en 68 ! Pour les gauchistes (et anars), le PC était tout simplement une bande de vieux réacs et pour le PC, les gauchistes étaient des dégénérés à cheveux longs. Je me souviens très bien de ça. C'est ce clivage que Sarkozy a récussité, parce que les deux caégories sont toujours vivantes (et âgées). D'un côté les soi-disant bobos (plutôt PS) et de l'autre, les ouvriers ex-PC, qui souvent sont devenus d'ailleurs FN. Le Mai 68 qu'il dénigre c'est celui des gauchistes et les ex-PC aiment ça.
Toute sa stratégie est dans son discours aux cadres de l'UMP de mai 2006 : L'électeur du Front National que nous avons perdu en chemin parce que sa souffrance n'a pas été entendue, comme l'électeur du parti communiste qui ne sait plus à quel idéal se vouer, n'appartient à personne ! Rien ni personne ne pourra m'interdire d'aller lui parler et le convaincre de nous rejoindre !

On a beaucoup relevé qu'il draguait le FN. On a moins dit qu'il dragait aussi les ex-PC passés ou non par la case FN...

12 mai, 2007 11:35  
Anonymous Isabelle a écrit...

Très intéressante, cette entrée, comme on dit en franglais, et malgré ce que vous dites, Jean, très différente des autres. Vraiment.On dirait que les élections passées, le verdict tombé, vous prenez plus de respiration et vous "montrez" un peu plus.
Mais moi ce qui me frappe beaucoup, c'est le premier commentaire (de Kaa) de cet article (enfin!!) un peu sorti de la fumée de la forme, c'est qu'il est un commentaire "courageux". Significatif,non?

Significatif de ce que le nouveau président semble ne rien avoir à faire du tout pour impressionner à sa manière, que tout le monde s'adapte à l'avance. Quelle autorité.
Bref, dès l'élection passée, je remarque que vos commentaires sont "courageux".
En dehors de cela, qui n'était pas une critique de Kaa, celui-ci a également raison sur le point : on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

12 mai, 2007 20:28  
Anonymous Isabelle a écrit...

Il y avait aussi un chouette slogan de campagne : "le travail c'est la liberté", pas mal aussi, non?

(la vie, on l'aime ou la quitte)

12 mai, 2007 20:30  
Anonymous Julian a écrit...

@Isabelle: je n'ai pu m'empêcher de penser aux inscriptions des camps Nazis "Arbeit macht frei", lorsque j'ai entendu ce slogan "le travail c'est la liberté". Au regard de l'Histoire, il y'a certaines tournures que l'on se doit d'éviter je pense...

Enfin j'ai une question: depuis quand parle-t-on d'assistanat, et non plus de solidarité pour désigner une aide gratuite aux plus démunis???

12 mai, 2007 21:36  
Anonymous J. a écrit...

pour infos, à Rennes, la gratuité des transports concerne tous ceux dont les ressources mensuelles sont inférieures à 970€ (qu'ils travaillent ou non). On demande simplement un justificatif des ressources et un avis d'imposition.

Félicitations pour ce blog que je viens de découvrir...

13 mai, 2007 02:06  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Isabelle & Julian > Oui, c'est la devise qui surmontait le portail d'Auschwitz... Sarkozy (et surtout Henri Guaino) ne peuvent l'ignorer. La campagne de Sarkozy a été de multiples manières une campagne de la transgression (de même que ses premiers actes une fois élu).

Ceci étant, Sarkozy n'est pas un nazi, et Guaino n'est pas Goebbels — pas plus que Royal n'est pétainiste. C'est un magnifique piège dans lequel la gauche est tombée. C'est la bonne astuce du prestidigitateur : avec une main vous faire regarder dans une direction pendant que l'autre main fouille dans la poche... Et ça a marché : des millions de gens sont tombés dans le Sarko-facho, lui ont mis la moustache d'Hitler sur les affiches (et pas à Le Pen...), etc.

Au lieu d'attaquer son bilan. Avez-vous entendu Royal, les éléphants et les seconds couteaux du PS monter au créneau (comme le faisaient de l'autre côté les Pécresse, Hortefeux, Fillon, Bachelot et autres) ?). Sarkozy a fait un magnifique tour de passe passe : arriver à mettre sur l'estrade exactement la même équipe, Fillon, Copé, Hortefeux etc. et même les plus impopulaires, Juppé et Raffarin, tout en faisant croire à une rupture. Bravo. Du grand art.

Et au lieu de présenter un vrai programme, muri, réfléchi. Qu'a fait le PS depuis 2005, 2002, 1995, même ? Où a été le travail de fond sur la société, le vieillissement, le rapport à la mondialisation, à la planète ? Les rares pistes intéressantes ont été celles, désordonnées et immatures d'une femme seule et mal préparée (cela n'enlève rien à sa force et à sa bravitude).

Et c'est reparti pour juin. Comme si rien ne s'était passé. On a le président qu'on mérite, disait Le Pen au soir du second tour.

13 mai, 2007 09:09  
Blogger Jean a écrit...

La plus belle phrase de l'emission ASI : Veronis vs Guaino

"Un prestidigitateur ne révèle jamais ses tours"

Bravo pour votre prestation et à bientôt...

Au fait, entre Youlia et Judith, je me propose de vous accompagner lors de votre prochaine prestation

Bonjour chez vous

13 mai, 2007 13:32  
Anonymous brassus a écrit...

Je viens de visonner l'émission et je suis mal à l'aise devant les mimiques, les réponses rapides, les sous entendus de Guaino. Il avait vraiment l'air de dire : "on vous a bien eu". Et il est certain que le petit Nicolas a encore plus d'un tour dans son sac !

13 mai, 2007 18:46  
Anonymous Patrick, Septèmes a écrit...

Vu l'émission également!
On ne vous a pas assez entendu, malheureusement. Certes, nous avons votre blog pour de plus amples informations mais tant qu'à passer dans le poste, on aurait préféré vous voir développer davantage. Miller n'avait pas grand chose à raconter et Guaino s'exprime certainement mieux par écrit qu'à l'oral. Et manifestement, il tenait à garder son job et ne pas en dire trop! Cette émission est intéressante, mais elle reprend trop des recettes utilisées par ailleurs, à savoir que la majorité du temps les invités sont sagement assis à écouter ce que les chroniqueurs racontent... Dommage!

13 mai, 2007 19:19  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Jean, Patrick> Merci... Evidemment, je n'ai pas de contrôle sur le modèle de l'émission, mais j'ai trouvé que j'avais pu dire pas mal de choses. Et mes petits graphiques et nuages de mots étaient en bien bonne place ! Guaino était effectivement dans une position impossible, comme je l'ai dit. C'est le problème du prestidigitateur à qui on demande de venir commenter ses tours...

Mais j'ai beaucoup de respect pour l'homme de l'art (même si je n'adhère pas, évidemment, à un certain nombre des choses qu'il a pu écrire, comme ce billet le montre). Et hors plateau, j'ai découvert un personnage courtois et fort intéressant. D'ailleurs lui-même a une sensibilité beaucoup plus à gauche que son patron. C'est un gaulliste de gauche, au fond. Souvenez-vous que c'est lui qui a fait les discours de Chirac en 95 (la fracture sociale).

13 mai, 2007 19:34  
Anonymous bisane a écrit...

Bien envie de réagir à plusieurs des commentaires (mais le temps me manque) à cet excellent article... en sa construction, et dans ce qu'il révèle! Révéler étant une action difficile de mise à la lumière!

En tout cas, bravo Rennes (et d'autres, sans doute!).
Julian: c'est bien toute la force de Sarko que de détourner les mots et les idées... qui disent bien ce qu'elles veulent dire!!! Parce qu'il y en a marre de ces assistés qui ne contribuent en aucune façon à la vie de la société... mais qu'il faut bien entendu se montrer solidaire des accidentés de la vie! Bref!

Petite note d'humeur ici, avec quelques références et liens, dont celui-ci...

Merci Jean pour cet éclairage!

PS: petite remarque: il semble que les derniers commentaires ne soient pas liés à ce sujet... Ca brouille un peu le propos... et j'espère que mon commentaire figurera sur le bon article!

13 mai, 2007 22:44  
Anonymous bisane a écrit...

J'enlève mon PS...
Pas compris que c'étaient des réactions à l'émission!!! Pardon!
J'essaie de la trouver sur Internet...

13 mai, 2007 22:57  
Anonymous Isabelle a écrit...

pardon, je reviens à "le travail c'est la liberté" : bien sûr, Jean vous avez entièrement raison dans votre admiration du beau tour de prestidigitation...
mais comme Claire Legendre, je ne peux m'empêcher de penser que, si on peut, choqués mais admiratifs quand même, faire remarquer ces réussites sans angoisse, c'est qu'on (vous, moi, elle) est des privilégiés qui ne souffriront pas trop des mesures sociales

isa-qui-se-lève-tôt

14 mai, 2007 07:22  
Anonymous bcolo a écrit...

J'ai vu l'émission (en différé) et comme je m'en doutais, il n'y a pas beaucoup de place pour les invités, ce qui fait que des choses intéressantes sont dites (plus par les chroniqueurs que par Schneidermann, d'ailleurs) mais le tout est un peu perdu. Et votre article est beaucoup plus précis et argumenté que ce que vous avez pu glisser à l'antenne.
Quant à Ioulia, ouf ! J'espère pour vous que vous avez eu le temps de discuter un peu avec elle après l'émission. Elle est beaucoup mieux que Colombe Schneck, laquelle ne supporte pas, d'après Acrimed, qu'on critique notre nouveau président.

14 mai, 2007 07:44  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Isabelle> Oui... Je ne sais pas, en fait. Je ne suis pas convaincu que Sarkozy fasse le programme à la Thatcher que dépeignent certains. Mon impression est qu'il a eu un discours destiné à prendre le pouvoir, donc conquérir le FN et les ex-PC. Une fois cette chose faite, il va gouverner comme toujours en France, au centre droit (je parle pour Mitterand aussi sauf 1981-82). Les télés américaines en commentant sa victoire parlaient du candidat de centre-droit, d'ailleurs... Il est à mille lieues des néo-cons.

Il y a des indices : Guaino, comme je le disais est un gaulliste social, pas un néo-con. Or, il va être le Jacques Attali de Sarkozy. Idem pour Fillon. Je ne sais pas quel rôle aura Borloo, mais ce gars-là n'est pas un "méchant". Idem avec MAM, et d'autres. Sans parler de l'ouverture à gauche (Allègre, Kouchner ?)...

Donc, ma prédiction : il va y avoir un volant de textes tous azimuts en juillet. Ils vont surtout essayer de saboter l'impact de la grève dans les transports et les services publics avec le service minimum pour avoir les mains libres. Et puis après ça va se calmer... Et en fin de quinquennat il y a aura carrément un virage à gauche en vue de la réelection.

En 1981, on voyait déjà les chars russes dans Paris. Et finalement, le capitalisme ne s'est jamais bien porté que sous Mitterrand... A mon avis ce sera la même chose dans l'autre sens. On joue à se faire peur.

Ce qui m'inquiète plus c'est la concentration des médias et le contrôle par de grands groupes. Ca, c'est déjà en route. Idem pour la big-brotherisation générale de la société. Fichage ADN de tout le monde etc. Très inquiétant pour le long terme. Mais pour ça, les syndicats ne descendent pas dans la rue...

14 mai, 2007 09:18  
Anonymous Olivier a écrit...

Je prie pour que Sarko ne supprime pas le Rmi, sinon je meurs !!!

14 mai, 2007 09:23  
Blogger yves a écrit...

Jean > Sarkozy a fait un magnifique tour de passe passe : arriver à mettre sur l'estrade exactement la même équipe, Fillon, Copé, Hortefeux etc. et même les plus impopulaires, Juppé et Raffarin, tout en faisant croire à une rupture. Bravo. Du grand art.

Coment vous expliquez cette manque d'esprit critique chez les électeurs ?

14 mai, 2007 09:44  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Mais non, mais non... Comment pourrait-il le faire ? Ce serait la guerre civile.

Sarko me rappelle une chanson : Parole, parole...

14 mai, 2007 09:46  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Bcolo> Je ne vous surprendrai pas en vous disant que j'ai surtout discuté (longuement) avec Henri Guaino après l'émission ;-)

Quant à Colombe, alors on ne doit pas parler de la même ! Gardons l'esprit critique toujours — même vis-à-vis d'Acrimed...

14 mai, 2007 09:50  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Yves> Manque d'esprit critique — Croyez-vous que le phénomène soit nouveau... (hélas) ?

14 mai, 2007 09:51  
Blogger Jean Véronis a écrit...

PS sur ma réponse à Isabelle> Et vous verrez qu'il apparaîtra comme le sauveur même sans faire grand chose, en bénéficiant de l'embellie prévue de la croissance (comme Jospin) (voir cet article du Monde).

14 mai, 2007 10:03  
Blogger Geraud a écrit...

Excellente émission, bien que trop courte. Bravo Jean, et merci aussi à Gérard Miller pour avoir enfin posé la bonne question, "qui sont ces assistés dont vous parlez et combien sont-ils ?" à laquelle Gaino n'a bien sûr pas répondu (à part un "même une infime proportion c'est déjà trop" qui est proprement hallucinant, et le salaire de Bernard Arnault, c'est pas déjà trop peut-être ?).

Sarko n'est certes pas un nazi, et je veux bien croire que son programme socio-économique va virer au centre-droit tôt ou tard, mais je pense que vous sous-estimez le danger qu'il représente. Ses déclarations sur la nature génétique de la pédophilie par exemple. Et ses actes de Ministre de l'Intérieur, surtout: c'est lui qui a envoyé la police dans les écoles, même Pasqua n'avait pas osé. C'est lui qui a étendu le fichage génétique aux simples suspects d'un simple vol, y compris les enfants.

Ce qui m'inquiète plus c'est la concentration des médias et le contrôle par de grands groupes. Ca, c'est déjà en route. Idem pour la big-brotherisation générale de la société. Fichage ADN de tout le monde etc. Très inquiétant pour le long terme. Mais pour ça, les

14 mai, 2007 12:23  
Anonymous bcolo a écrit...

> Sans parler de l'ouverture à gauche (Allègre, Kouchner ?)
> Et en fin de quinquennat il y a aura carrément un virage à gauche en vue de la réelection.
> [...]en bénéficiant de l'embellie prévue de la croissance

Difficile de laisser passer ça, quand même.
- Allègre est la honte de la gauche, la honte de la politique française, la honte de la science. Que Jospin, qui est quelqu'un de sensé, ait pu faire confiance à ce type restera un des plus grands mystères de la gauche plurielle.
- Quand vous dites un virage à gauche, vous pensez à quoi ? Un rapprochement avec Bayrou, ou avec Strauss-Kahn ? Sarkozy est viscéralement de droite, la pire qui soit, la revancharde, et j'ai plutôt peur qu'il mette le pays à feu et à sang bien avant la fin du mandat.
- L'embellie de la croissance, ça profite à qui ? Et ça sert à quoi ? A augmenter les dividendes, pas à créer du travail. Et à pousser les gens à acheter des choses inutiles dont ils n'ont pas besoin. La vraie rupture, ce serait celle-là : en finir avec le dogme de la croissance. On en est loin, hélas.

14 mai, 2007 19:03  
Blogger Rouge Le Renard a écrit...

Bien vu.

Voilà comment répandre la haine entre les gens au lieu de les fédérer autour d'un projet de société.

C'est que l'élite est devenue complètement étrangère à la société civile, elle la gère comme du bétail.
Alors que les choses soient claires, la situation n'est pas non plus alarmante, mais les dictatures sournoises s'installent à l'usure, en prenant le temps d'imprégner les esprits, au point où les gens croient que tout cela vient vraiment d'eux même.

C'est d'un machiavélisme démoniaque.

06 avril, 2010 18:01  

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