Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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lundi, février 12, 2007

Livre: Rencontre avec le Diable

Le PoliTIC'Show explose littéralement ces jours-ci. On en parle dans les journaux, sur les radios (par exemple chez Jean Lebrun l'autre jour), sur les télés : ce soir Nicolas est invité au Grand journal sur Canal+. Pas banal, tout de même ! Mais il faut dire que l'énergie déployée par nos deux «blog-reporters» est assez stupéfiante. Ces derniers jours, ils ont réalisé une interview exclusive d'une heure de Philippe Douste-Blazy, tout à fait étonnante : le personnage est intéressant, complètement différent de l'image un peu pâlote qu'en donnent les médias (et les caricatures). Aujourd'hui ils mettent en ligne une interview d'Arnaud Montebourg, qu'ils ont suivi jeudi jusqu'à Louhans dans sa circonscription, et qui fait l'honneur de réserver au PoliTIC'Show la primeur de sa reprise de parole après sa disgrâce (non ce n'est pas lui, le «Diable», continuez à lire ! Montebourg est juste un petit diablotin facétieux ;-)

Montebourg

Au menu : Madeleine, Nucléaire civile, Saône et Loire, ascension politique, capitalisme, convictions, 6e république, Chirac, Bayrou, Sarkozy, la campagne présidentielle, la fameuse «Montebourde» et son carton-jaune... Et pendant que vous regarderez ça, ils seront en train de tourner l'interview de Dominique Voynet, qui sera en ligne dans quelques jours.

Infatigables, mais fauchés. Le «journalisme citoyen» coûte cher : du matériel, des cassettes, des billets de train, et il faut continuer à vivre, payer son appart, ses factures... Sauf à se transformer en une n-ième boîte de prod et vendre ses images aux chaînes, l'argent ne rentre pas. La liberté à un prix. N'hésitez pas à leur faire un petit don, même symbolique (bouton Paypal à droite sur la page du PoliTIC'Show) si vous voulez que leur aventure continue !

Pendant ce temps, le livre avance. Pas aussi vite que nous l'aurions souhaité. Ségo fait un peu la difficile. Bon, il est vrai qu'elle a eu du boulot ces derniers jours, mais il faut espérer que l'entretien se fasse dans la semaine, sinon ce sera rapé pour le bouquin. Il faut le temps de transcrire, de composer, d'imprimer... Je vois déjà le chapitre resté blanc, sa couleur favorite mais ce serait bien dommage : Ségolène Royal : la page blanche. Espérons, et croisons les doigts. Des gens adorables dans son entourage essaient de rendre tout ça possible... Et Sarko devrait se faire dans les tout prochains jours.

En attendant, un petit bout pour vous mettre en appétit. Le début du chapitre Le Pen, qui fera à peu près 25 pages. On découvre un personnage étonnant, «diablement» humain... Ca dérange sans doute, d'ailleurs. On aurait préféré que le diable soit diable, un point c'est tout. Mais ainsi va l'humanité. Si vous avez vu La Chute d’Oliver Hirschbiegel, vous comprenez ce que je veux dire...




Jean-Marie Le Pen
Rencontre avec le Diable


7 juillet 2006

Jean-Marie Le Pen entre dans la pièce. Nicolas et Julien ont l’estomac noué. C’est la première interview en face à face pour l’un comme pour l’autre. Commencer par Le Pen relève pratiquement du suicide. Non seulement l’homme est un redoutable animal politique, mais, comme me l’expliquera Nicolas bien plus tard, il incarne pour eux le Mal absolu, le diable ou en tout cas le pire de ce que peut porter la démocratie. L’attente a été longue. Le Pen a accumulé du retard et la dernière demi-heure qui s’est déroulée avant qu’il entre dans ce petit salon vieillot au rez-de-chaussée du manoir de Montretout, sur les hauteurs de Saint-Cloud, a été plus que difficile. Un gros chat roux ronronne tranquillement dans un coin, mais c’est bien le seul qui soit paisible. Le stress est énorme, les mains se tordent, les fronts transpirent.

Mais voilà enfin l’homme Jean-Marie Le Pen. Il néglige le canapé moelleux et va s’asseoir directement sur la petite chaise inconfortable au centre de la pièce. Surprise. Même sans qu’il arrive avec des cornes et une fourche, on s’attendrait au moins à voir apparaître un personnage raide et distant, qui correspondrait à son surnom de « Menhir ». Au lieu de cela, on a affaire à un vieux papy à l’apparence souriante et débonnaire, qui plaisante en arrangeant un coussin sous son siège peu accueillant : « J’ai pas la miche très souple, moi… Voilà. » La tension retombe pour un temps. Le directeur de la communication, Alain Vizier, s’assoit hors champ, à gauche de Nicolas.

C’est parti. Nicolas va droit à ce qui lui tient à cœur : « L’essentiel de ce qu’on va essayer de faire, c’est présenter votre programme, c’est-à-dire de survoler une quinzaine d’items afin que vous puissiez proposer vos réformes. » Le débat faisait rage sur Internet depuis que cette interview avait été annoncée sur le site du PoliTIC’show : faut-il donner la parole au Front national ? Évidemment, la question n’est pas nouvelle, mais Nicolas sait qu’il risque gros. Quelques jours plus tôt, un autre bloggeur, Versac , avait interviewé Marine Le Pen, et l’affaire n’avait pas tourné vraiment à son avantage. L’hébergeur de la vidéo, Podemus, l’avait aussitôt retirée (« censurée » a-t-on dit), l’interview de Versac avait été jugée complaisante. Des centaines de commentaires enflammés, des discussions sur des dizaines de blogs. Nul doute qu’on se dirigeait vers quelque chose d’au moins aussi chaud avec la première interview accordée par Jean-Marie Le Pen sur un blog (à part le sien, bien évidemment).

Nicolas avait tranché. Il avait fait sienne la position de Maître Eolas : « Et si pour lutter contre le FN, au lieu de jouer son jeu, de le diaboliser, on lui donnait la parole et on démontait son argumentation point par point, comme on sait bien faire sur les blogs, qui n'existaient pas en avril 2002 ? Pour cela, il faut lui donner la parole. Et cela implique qu'on n'ait pas peur de lui. ». Il ne faudra pas confondre interview et débat. On verra que ce sera difficile. Nicolas est inexpérimenté. L’autre est un des plus vieux renards du monde politique français. Et la première chose à faire est de le faire parler de son programme.

Manque de chance, Jean-Marie Le Pen interrompt aussitôt : « Oui, mais moi, je ne veux pas donner le programme des élections présidentielles dix mois à l’avance ». Gros battement de cœur. La pression remonte à plein. Nicolas brasse ses feuilles. Ca met en l’air la moitié de son plan…

2 Commentaires:

Anonymous Aurelie N. a écrit...

Interessant, cet rencontre! Ca donne envie de lire la suite!

12 février, 2007 18:38  
Anonymous Aurelie N. a écrit...

*cette* (oups!)

12 février, 2007 18:39  

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