Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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mercredi, février 21, 2007

2007: Condorcet est de retour

François Bayrou est en train de monter de façon spectaculaire ces temps-ci. Pour la première fois, un sondage le donne gagnant au second tour dans les deux cas de figure : contre Sarkozy (52%) et contre Royal (54%). Un autre sondage indique que 55% des Français souhaitent que François Bayrou soit présent au second tour.



La presse commence à faire caisse de résonance :



Citations dans la presse nationale (% des articles de politique française)
Source: Presse 2007


Quelque chose se passe. On est en train d'assister en direct à la mise en place d'une variante du paradoxe de Condorcet, comme je le dis depuis un certain temps. Notre système électoral est ainsi fait que si les préférences majoritaires sont :

Sarkozy > Bayrou > Royal

on aboutit à un second tour où la préférence est :

Bayrou > Sarkozy

L'UMP le sait très bien. J'avais prédit dès janvier qu'il y aurait un infléchissement de leur stratégie et que leur «cellule de guerre» allait arrêter de dégainer l'arme atomique à chaque fois qu'elle ouvrirait la bouche. Et on a vu, effectivement que les attaques se sont espacées et adoucies. Il faut affaiblir Ségo, mais pas trop, sinon, c'est le scénario catastrophe décrit ci-dessus.

Mieux encore, un troisième sondage nous dit aujourd'hui que Royal repasse devant Sarkozy au premier tour (29% contre 28%). Résultat de sa prestation chez Jean-Luc Delarue Patrick Poivre d'Arvor, sans doute, mais le paradoxe reste inchangé. Avec un premier tour (un peu improbable, certes) :

Royal > Bayrou > Sarkozy

on aboutit à un second tour où la préférence est :

Bayrou > Royal

L'UMP et le PS ont besoin l'un de l'autre pour gagner l'un ou l'autre. Dingue, non ? Je prédis donc qu'ils vont s'épauler mutuellement pour être présents au second tour. Les médias les aideront, s'il est vrai qu'ils préfèrent la bipolarisation, comme le soutient Bayrou.

L'UMP et le PS vont donc continuer de s'attaquer, mais de façon modérée, et ils ne vont pas tarder à sortir les boules puantes contre Bayrou. Mais il est bien possible que recevoir les attaques concertées des deux grands partis le renforce justement, en lui donnant finalement un brevet de candidat anti-système. Santini et quelques autres barons de l'UDF à l'ancienne lui ont déjà bien rendu service en allant voir ailleurs.

Alors, il ne restera plus guère qu'à convoquer Le Pen (et peut-être à l'aider un peu à avoir ses signatures), pour qu'il serve d'épouvantail et incite les Français au «vote utile».

Quand je dis que la politique c'est du billard à trois bandes...


Post scriptum

  • Je ferai une analyse de sa prestation télévisée de lundi prochain sur TF1, le lendemain matin dans l'émission J'ai mes sources sur France Inter, de 10h30 à 11h.
  • Larousse ajoute Bayrou in extremis dans son édition 2008 (lu dans la lettre du Monde d'aujourd'hui).
  • Et Laurent Gloaguen signale ce petit bijou dans la même lettre du Monde :
A l'UMP et à la LCR, on a croisé les doigts pour la candidate socialiste
Lundi soir, Mme Royal a eu des téléspectateurs attentifs et attentionnés, mais non dénués d'arrière-pensées. Proche de Nicolas Sarkozy, le publicitaire Jean-Michel Goudard avoue avoir assisté "pour la première fois de sa vie" à la prestation télévisée d'un candidat de gauche en se disant : "pourvu qu'[elle] tienne". La raison : éviter un second tour Sarkozy-Bayrou. A l'autre bout du spectre politique, Alain Krivine de la LCR a croisé les doigts pour qu'"elle ne soit pas nulle". Explication : si l'électorat de gauche se met à douter d'une qualification de la candidate socialiste au second tour, il jouera le vote utile au détriment de candidats tels Olivier Besancenot.

Libellés :


28 Commentaires:

Anonymous Patrick, Septèmes a écrit...

L'axe de campagne de François Bayrou est donc tout trouvé: Pourquoi voter pour un autre que moi au premier tour, au risque de voir, à terme, élu un candidat qui vous déplaît. Je représente pour vous un compromis acceptable, votez donc utile dès maintenant!

21 février, 2007 17:38  
Blogger Sébastien a écrit...

Il me semble qu'il y a une erreur dans l'écriture du deuxième cas :
Royal>Sarkozy>Bayrou fait que Bayrou n'est pas au second tour et ne gagne pas.

Il s'agissait peut-être de Royal>Bayrou>Sarkozy donne Bayrou>Royal

Me trompe-je ?

21 février, 2007 18:03  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Sébastien> Oui! mauvais copier-coller, merci

21 février, 2007 18:49  
Anonymous krissolo a écrit...

Bsr,

Intéresante analyse mais qui ne prend pas en compte 3 points :
l. Il semblerait que les instituts de sondages continuent, comme en 2002, à sous évaluer Le Pen (comme en 2002.
2. Il semblerait également que l'extrème gauche ne puisse pas avoir - pour cause de signatures défaillantes - l'ensemble des 5 candidats actuellement dans les startings blocks (Laguiller, Besancenot, Bové, le candidat du Parti des Travailleurs et l'architecte Castro).
3. Corine Lepage, l'écologiste centriste, ex ministre de Juppé et chef du mouvement CAP 21 serait, elle, toute proche d'obtenir ses signatures.
Je pense que ces points sont à prendre en compte.
Bonne soirée.

21 février, 2007 19:35  
Anonymous Anonyme a écrit...

BAYROU.fr > BAYROU.com > BAYROU.de >

... BAYROU !

21 février, 2007 19:50  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Krissolo> J'ai réfléchi à ces différents points. Voici mon avis...

1. Les instituts ont intégré pour Le Pen de nouveaux modèles de "redressement" comm on dit dans le jargon. Ils ont même énormément planché sur la question car il en allait de leur crédibilité après d'aussi magistrales erreurs. On ne sait jamais ce qui se passe exactement, car les modèles sont de véritables "boîtes noires" auxquelles nul n'a accès. Mais à mon sens la soudaine montée de Le Pen qu'on a eue à l'automne dans les sondages était très probablement un artefact dû au nouveau redressement (certains instituts l'ont avoué à demi-mots). Le problème actuel est la modélisation de Bayrou, qui est probablement totalement erronée, car il n'y a aucun historique sur lequel s'appuyer : qui vote Bayrou ? Certainement pas l'électorat classique UDF, comme on le voit avec la blogosphère, très bayrouliste, ou avec les profs transfuges du PS... Je fais le pari que c'est Bayrou qui est sous-estimé.

2. Effectivement. L'intérêt du PS est qu'ils n'aient pas leur signature, car s'il grignotent juste quelques pourcents, Royal passe sous Bayrou. Le danger est très grand. Royal/Bayrou pour le second tour, ça va se jouer à très peu.

3. Corinne Lepage n'est pas créditée d'un très gros score, mais ça peut gêner Bayrou. Mais elle est tellement proche de ses positions qu'elle pourrait le rejoindre. N'attend-elle pas ses signatures pour avoir une monnaie d'échange ?

21 février, 2007 20:04  
Anonymous Anonyme a écrit...

oui enfin on peut aussi ironiser sur la petite phrase de Hollande : "le troisième homme c'est Le Pen"
oui, il sait compter :
- il n'y aura donc uniquement Bayrou et Sarkozy ?
- ou alors, galanterie oblige, il n'a pas compté sa compagne parmi les 3 hommes?

En tout cas on ne peut pas lui donner tort : il n'y a que 3 hommes dans le quatuor de tête, et le troisième c'est bien Le Pen... il aurait préféré olivier besancenot? c'est vrai que l'extrème gauche ferait plus peur que l'extrême droite... enfin, a ce que les médias en disent, allez savoir!
mais moi ça m'aura bien fait rire...

21 février, 2007 22:51  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Bien vu!

21 février, 2007 22:58  
Anonymous LeNaif a écrit...

j'ai un sentiment bizarre ... les courbes de sondage sur les votes ont un profil qui ressemble furieusement à celles du Chronologue .....

l'opinion moyenne (celle mesurée par les sondages) ne serait-il que le résultat du bruit fait autour des candidats ?...

22 février, 2007 09:03  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Lenaif> J'ai un peu l'impression que la presse s'est réveillée quand elle a vu que Bayrou montait dans les sondages. Ensuite ça fait caisse de résonance. La presse en parle, donc les gens écoutent le personnage, etc.

22 février, 2007 09:08  
Anonymous modibo a écrit...

Si on se fixe sur le paradoxe de Condorcet, Bayrou est parti pour nous faire "une Jospin".
Champion en final mais éliminé dans les poules.

22 février, 2007 09:37  
Anonymous Bayrolien a écrit...

Bonjour,

Et si l'on prenait enfin en considération que dans chaque individu une préférence pour l'un n'est pas une adhésion totale ?

Si l'on sondait voire même si l'on votait voter selon un mode pondéré ?

Une expérience de vote pondéré pour un premier tour d'élection présidentielle est en ligne ici.

22 février, 2007 10:07  
Anonymous JRS a écrit...

Très interessant! Bravo pour cette analyse mêlant mathématiques et histoire électorale.

Contrairement aux temps des candidatures "Condorcet" de Chaban-Delmas (1974) et Raymond Barre (1988), il ya 2 données essentielles dans l'environnement qui peuvent radicalement changer la donne en faveur de François BAYROU:

- 25 ans d'alternances PS-RPR/UMP dont 3 cohabitation, pour quels résultats... D'ailleurs 65% des Français ne croient plus (enquête CEVIPOF) que les partis traditionnels puissent être en mesure de procéder aux changements auxquels ils aspirent. Le clivage gauche-droite (hérité sous sa forme contemporaine du partage, opéré dans la 2nde moitié du XIXème Siècle entre marxistes et non marxistes)est de plus en plus flou pour eux et ne correspond plus à leur réalité de ce début du XXIème Siècle

- 71% des Français, enfin au moins 2 Français sur 3 sont aujourd'hui favorables à un Gouvernement gauche - centre - droite, d'union nationale
http://www.jrsergent.com/article-5653803.html

Ainsi les Français sont majoritairement d'accord avec la position politique de François BAYROU qui a ainsi une réelle chance d'être qualifié pour le 2nd tour...

22 février, 2007 10:09  
Anonymous Pierre a écrit...

A voir les sondages, j'ai le sentiment que l'électorat est beaucoup plus mûr que la classe politique ; que lui, au moins, a "tiré les leçons du 21 avril", contrairement à la demi-douzaine de candidats unitaires de la gauche. A mon avis c'est la seule raison qui peut expliquer le score ridicule de tous les petits candidats (je pense notamment aux 2% pour les Verts : clairement l'électorat vert, "raisonnable", préfère voter utile). Bref, on a une bonne partie de l'électorat qui a compris que le premier tour était un jeu à risques.

Je pense que les 29% de Royal sont constitués pour moitié d'électeurs socialistes convaincus, et pour moitié de gens - comme tous mes collègues (mon couloir est-il un panel représentatif ?) - qui veulent avant tout éviter un duel Sarkozy-Le Pen, et qui croisent les doigts pour qu'un Royal-Sarkozy soit en faveur de Royal. (Mais qui n'y croient plus du tout du tout du tout).

Bayrou se sent porté par une vague, alors filons la métaphore : les bulletins de météo marine indiquent toujours l'avertissement : "les vagues maximales peuvent atteindre deux fois la hauteur significative". Je crois que de la même façon, dès qu'il apparaîtra que Bayrou a de bonnes chances d'être au second tour, et surtout d'y battre Sarkozy, il récupèrera très vite les "royalistes par défaut". Je suis persuadé que Royal perdra cette "prime au 2nd mieux placé".

La pire des situations, pour ceux-là, étant d'avoir au moment du vote une 2ème place indécise : avec un Bayrou et une Royal donnés à 20% tous les deux, le "voteur utile" aurait l'air con.

22 février, 2007 10:24  
Anonymous Farid Taha a écrit...

Excellente analyse... Mais faut il vraiement se réjouir que cette vague orange commence plus tôt que prévu quand on sait que la mémoire électorale est génétiquement programmée qu'à 40 jours maxi (rires) ;-)

Mais ne boudons pas notre plaisir surtout qu'on assiste après la primaire à gauche à une vraie primaire... au centre et à ce jeu là Bayrou est favori !

22 février, 2007 12:36  
Anonymous armor a écrit...

Bayrou, combien de divisions ?
FB a incontestablement bénéficié des nombreux couacs de la gauche et du pilonnage anti-SR effectué par les snypers de NS, à un point tel que ceux-ci –en toute méconnaissance de Clausewitz qui a pourtant enseigné qu’il ne fallait jamais mésestimer l’adversaire- s’en mordent les doigts aujourd’hui d’avoir ouvert bêtement un 2ème front.
Cela étant, il reste un gros problème à FB, c’est qu’il n’a pas de majorité parlementaire (il n’arrive même pas à mettre sur pieds une liste de 577 candidats à la députation, comme le relève le Canard d’hier), ses députés n’ont été élus en 2002 que grâce au soutien de l’UMP.
Or s’il y a une chose que les Français ne souhaitent pas voir renouveler, c’est une expérience de cohabitation. Souvenons-nous qu’en 2002, c’est la crainte d’une nouvelle cohabitation qui a motivé une large part des votes en faveur des candidats UMP.
Enfin, élément nouveau par rapport à la semaine dernière : SR peut bénéficier d’une très forte mobilisation des militants de gauche. Je l’ai constaté au meeting de Rennes où la foule était bien plus nombreuse que lors du meeting de Jospin en 2002 à quelques jours du funeste 21 avril. Le Monde vient de le constater à Mondeville.

22 février, 2007 17:10  
Anonymous PierreB a écrit...

Les expériences passées n'auraient-elles pas suffit ? Jean-Marie Le Pen est un peu vite enterré. Au regard de cette campagne je trouve que c'est reparti comme en 2002 !
La question ne serait-elle pas plutôt : "Qui sera au deuxième tour contre Le Pen ?" (voir Elections présidentielles 2007 - "Voilà voilà qu'ça r'commence" sur http://pierreboiteau.spaces.live.com/Blog/cns!E1A3A715B4C02CE9!164.entry)
Alors, qui ? Pourquoi pas un 2ème tour entre Jean-Marie Le Pen et François Bayrou ?

22 février, 2007 20:40  
Blogger Jean Véronis a écrit...

PierreB> Je ne crois pas à une présence très forte de Le Pen. Les instituts de sondage ont vérouillé leurs modèles de "redressement" comme on dit dans le jargon pour ne plus être surpris comme en 2002. Or, on ne voit pas vraiment un décolage.

Du point de vue linguistique, la campagne de 2002 a été marquée très fortement par le thème de l'insécurité. Jacques Chirac qui n'avait jamais prononcé le mot, l'utilise 156 fois dans le semestre qui précéde l'élection (voir billet ici). Pas un JT sans images de violence. Vous vous souvenez du papy cramé la veille du premier tour.

Cette fois-ci, les politiques ont bétonné : le thème de l'insécurité, pourtant cher à Sarkozy I a presque complètement disparu dans Sarkozy II. Les médias jouent le jeu: il y a autant de violence qu'avant, mais voyez-vous des voitures brûlées, des mamies agressées aux JT ?

Evidemment, la montée de Bayrou va inciter le PS (et l'UMP comme je dis ci-dessus) à faire monter Le Pen. Il n'est pas alors impossible qu'on revoie des images de violence à la télé.

Et effectivement, comme vous dites, le jeu pourrait alors leur échapper. Mais je n'y crois quand même pas trop.

22 février, 2007 20:55  
Anonymous PierreB a écrit...

Merci pour cette réponse aussi rapide.
Je me suis permis de la rapporter sur mon blog : http://pierreboiteau.spaces.live.com/blog/cns!E1A3A715B4C02CE9!164.entry
Très intéressante cette analyse linguistique, et l'analyse qui suit.
Par contre je ne suis pas convaincu du tout que les instituts de sondage estiment correctement le vote Le Pen.

22 février, 2007 21:25  
Blogger Jean-Baptiste a écrit...

Alors maintenant, c'est Bayrou d'un côté, et Ségo-Sarko de l'autre? On saute dans le vide, on tente quelque chose d'inédit, ou on continue comme si on aimait ça?

Montrez nous ça, chers citoyens français, cette élection devient intéressante...

22 février, 2007 22:25  
Anonymous alex a écrit...

Bonjour, encore Bravo Jean Véronis pour votre blog!
Moi qui ne suis pas trop la politique, j'ai pourtant lui avec attention, car je suis quand même très concerné, et j'ai envoyé un lien à ma mail-list. Dans mes contact, il y a un ami Américain.
Il m'a parlé d'un cas similaire: Les élections aux USA de1912.
Le lien wikipedia: http://en.wikipedia.org/wiki/United_States_presidential_election%2C_1912
La réponse de mon ami américain:
http://www.box.net/index.php?rm=box_v2_download_shared_file&file_id=f_44950377

22 février, 2007 23:31  
Anonymous Cyrille a écrit...

Il manque le fait que Bayrou roulait en solitaire, sans attaques.
Sur Royal, elle a une marge de l'opinion qui peut la faire sortir des médias et être attaqué mais revenir, là c'est intéressant.
L'UMP a eu une mauvaise lecture et a fait sa série de bruit pour se relever comme vous le dites, prévisible, mais ils se sont trompés, car c'est maintenant que campagne est partie, ça sent la crispation dans quelques temps..?

23 février, 2007 00:14  
Anonymous Francis a écrit...

Condorcet est de retour? Il ne nous a jamais quitté (et ne nous quittera jamais…).

Merci pour cette analyse éclairante et ce blog que je découvre à l’instant. Tout cela découle en réalité du Théorème d’impossibilité d’Arrow qui démontre (dans un cadre mathématique bien défini) qu’il n’existe pas de système de vote « démocratique ». Concrètement, cela veut dire que tout système électoral (en France, dans le monde, depuis la naissance de la démocratie et tout ceux qui restent encore à imaginer) est sujet aux cycles de Condorcet et incite certains électeurs à voter contre leur préférence (je préfère SEGO>BAYROU>SARKO, mais je vote BAYROU alors que SEGO>BAYROU – ceci est un exemple et ne reflète pas une opinion personnelle, bien entendu :-)).

Bref, il est bien dommage que cet élégant résultat soit si peu connu du grand public, il éviterait bien des étonnements.

Bonjour des US !

23 février, 2007 03:01  
Anonymous Michel Louis Lévy a écrit...

http://michel.louis.levy.free.fr/blog/index.php?2007/02/21/385-pour-des-sondages-triangulaires

"Pour des sondages triangulaires"

Le plus simple est de demander aux électeurs de classer les trois candidats. Il n'y a qu'à choisir entre six bulletins différents

23 février, 2007 17:26  
Anonymous Inarius a écrit...

J'ai un soucis (je viens de découvrir avec grand plaisir ce site), et j'ai choisi de répondre à ce sujet pour développer mon opinion sur ce sujet "condorcet"

Le soucis est le suivant :
Bayrou comme vous l'avez justement dit, passera(it) au second tour, s'il passait le premier, car dans nu sens comme dans l'autre on a Gauche+centre > droite et Droite + centre > gauche, ce qui est du à la stratification electorale en France.

Cependant pour faire moi aussi beaucoup d'analyse de sondages depuis 1970 (enfin j'étais pas né mais j'ai beaucoup d'archives!) je constate que l'évolution "finale" se fait vers le 15 mars, et je vous rappelle qu'au 23 février 2002, Chevènement était à 12-13% dans les sondages....et balladur à 24% en 95.
Les média sont un peu comme la roue du sort qui tournent ( Ségo , puis Sarko, puis bayrou maintenant, mais on est encore loin..), je pense que le fait que bayrou soit "dans le vent" MAINTENANT ne signifie pas que dans 2 mois il sera devant la gauche ou la droite.
En l'occurence Bayrou joue un jeu très dangereux

Prenons les 3 cas de figure :
-si il est élu contre la gauche et qu'il passe alliance avec la droite (le plus probable "historiquement" au vu des 30 dernières années et du passé même de bayrou qui s'est toujours prononcé contre les socialistes et en alliance avec la droite, à l'heure actuelle au niveau régional, départemental ou communal), il devra en parler publiquement pour le 2nd tour, et va affronter une immense deception de la part des électeurs "de gauche" qui du coup vont se rendre compte qu'ils votent " à droite ".
Avez vous analysé le report des voix d'extreme droite dans ce cas de figure ?
Car Extreme droite + gauche > droite + centre
Je doute que les electeurs de jean marie lepen se reportent sur Bayrou qui sur une échelle de proximité est à l'opposé de l'échiquier politique de bayrou mais finalement pas "plus" loin de la gauche (Voir analyses de Cybergeo à ce sujet ou analyse simple du fait que le FN est plus qu'un parti à la droite de la droite).
Avec un score de ce type,
les voix de Sarko (qui racle un électorat FN) ne se reportera pas forcément sur l'UDF puisque certains sont des déçus de la gauche qui ne sont pas forcément de type "gauche DSK" qui eux sont sensibles à bayrou, mais plutot une gauche profonde "Ouvrier" qui eux sont complètement ignorés par le phénomène internet et les milieux parisiens.
Cet electorat sous estimé, qui a voté lepen en 2002 choisira t'il Bayrou contre Royal ? Rien n'est moins sur.
Bref faire l'analyse Bayrou> Royal me parait risqué dans la mesure ou celà implique que Lepen+sarko+Bayrou+"petits candidats de droite" >Ségo+ extreme gauche.
C'est sans compter sur les reports de lepen . Affaire à suivre...

Enfin pour ce qui est de parler du phénomène internet il ne faut pas oublier que les gens qui utilisent internet pour se renseigner sur la politique sont une minorité en France...et quand on regarde les "sondages" sur internet ils sont tous faux et surtout complètement faussé, car internet c'est une population petite mais passionnée, et qu'il élimine d'entrée de jeu la moitié des français , voire les 3/4, et qui surreprésente des CSP favorisées et éduquées disons du genre "Bourgeoisie éclairée" (qui est le vivier électoral de l'UDF depuis toujours) au détriment des personnes agées (plutot pro sarko), et des gens qui n'ont pas beaucoup de moyens (qui votent plus à gauche et moins au centre)
Bref..Méfiance



Quoiqu'il en soit ce qui est sur c'est que Sarko / Bayrou se terminera très probablement en victoire de Bayrou car les voix de gauche iront plus facilement à l'UDF qu'à l'UMP et que là les voix d'extrême gauche n'interviendront pas en faveur de sarkozy d'aucune manière.

Pour en arriver à ma 2nde partie, (si l'UDF ne gagne pas), je suis plutot pessimiste au sujet de l'emergence de l'UDF comme "3ème voix" de la politique.
En effet, l'UMP qui est son principal allié electoral jusque là, ne lui pardonnera jamais cette trahison (de même qu'en 93 Chirac n'a jamais digéré la trahison de Balladur, qu'il l'a tué politiquement, lui et son parti...un certain UDF). Si l'UMP décide simplement de présenter un candidat UMP contre les candidats UDF présents dans leur circonscription, il est fort à douter que l'UDF puisse constituer un groupe en 2007 (ils sont 29 actuellement), en dehors des députés très très bien installés. Même chose pour la plupart des élections. L'udf a survécu grâce à la passivité complaisante de l'ump, et s'il décide de s'en libérer il en payera le prix.
S'il décide de "s'allier" avec la gauche, que se passera t'il ?
L'electorat traditionnel de l'UDF, celui qui lui rapporte son 5-6% pourrait très bien s'éparpiller, et au final je ne suis pas sur qu'il y gagnerait en lisibilité
la sympathie des gens, c'est une chose, la crédibilité politique s'en est une autre.

Quant au gouvernement qu'il va devoir créer après les législatives, réflechissons un peu

l'UDF même gonflé à bloc par sa victoire en 2007 n'aura pas les moyens d'avoir un groupe politique d'envergure. Sa présence politique dans les circonscriptions est un peu comme celle des communistes. Très implantée, et assez discrète. Comprendre : peu de candidat dans peu de circonscription, mais implantés depuis longtemps.
Peu de chance donc d'un raz de marée UDF ...tout au plus peut être 60 ou 70 députés.
Qui voudra siéger avec lui ? La droite à qui il a volé la victoire ? Peu de chance...d'autant plus que il a cherché à s'en démarquer et que ses electeurs ne le comprendront jamais.
La gauche alors, dans une sorte de "cohabition" ? Mais dans ce cas, quel sera le pouvoir de bayrou, si la gauche remporte les élections législatives ? Si elle a la majorité absolue, elle aura le gouvernement, et dans ce cas bayrou sera impuissant. si elle a la majorité relative ( ce qu'espère Bayrou ), il faudra faire ou gouvernement gauche+ centre + une partie de la droite.
L'udf va il pouvoir gouverner avec la gauche qui a toujours refusé et une partie de la droite qui l'a toujours considéré comme traitre ?
Rien n'est moins sur...

26 février, 2007 10:44  
Anonymous Arnaud B. a écrit...

Une petite note tout de même : M. Balladur a été soutenu par une bonne partie de l'UDF en 1995, mais il appartenait au RPR, comme d'ailleurs un nombre pas négligeable de ses soutiens ; le plus important des soutiens de Balladur au RPR dans la scène politique de 2007 est probablement M. Sarkozy, dont on a assez commenté la "trahison".

26 février, 2007 12:31  
Anonymous Inarius a écrit...

Oui tout à fait

Cependant il a été "investi" par l'UDF pour sa campagne, notamment par l'UDF-PR qui représentait alors la plus grosse partie de l'udf, contre l'UDF-FD (bayrou) et l'UDF-DL (madelin)

26 février, 2007 16:07  
Anonymous murcia a écrit...

J'ignorais que le Lycée condorcet à Paris se nommait anciennement Bonaparte, tiens... Pauvre Verlaine, tu ne pourras plus conduire bourré après ta chimère.

29 juin, 2007 10:13  

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