Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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samedi, décembre 02, 2006

Lexique: Messied (ça m'assied !)

Louis-Jean Calvet et moi avons décortiqué sur France Inter le passage de Nicolas Sarkozy dans l'émission « A vous de juger » de jeudi soir (voir ici pour écouter l'émission). Un mot nous avait frappé (parmi bien d'autres, nous en reparlerons peut-être), l'usage du verbe messeoir :

Un peu de pudeur ne messied pas dans le débat public.
Nicolas Sarkozy n'est pas un grand amateur de mots compliqués (contrairement à Jean-Marie Le Pen, par exemple), et ça a dû lui échapper. C'est curieux, mais plein de gens ne connaissent plus ce verbe, qui signifie « ne pas convenir » (au départ, ne pas être sur son séant). Il fait partie de ces verbes moribonds, comme choir. Il n'existe plus guère qu'à la troisième personne, et à la forme négative.

Les militants qui ont transcrit le débat sur le site de l'UMP n'y ont visiblement compris goutte, et ont écrit :
Un peu de pudeur ne me sieds pas dans le débat public.
C'est à dire exactement l'inverse (faisons abstraction de la faute d'accord). Mais peut-être ont-ils pensé que c'était réellement la pensée de leur chef. Le doute est possible quand on se remémore le fiston mis en scène (« Bonne chance mon papa ! »), l'affichage avec Cécilia dans les magazines, et autres petites scènes de la pipolisation quotidienne chez les Sarkozy.

Nous avons interrogé l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, qui avait lancé en son temps la mode du relâchement de la pudeur politique (rappelez-vous : l'accordéon, le ski en famille, etc.). Il a confirmé lui aussi qu'il en revient :
Un peu de pudeur ne saurait méchoir.
Ca m'a scié.

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