Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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vendredi, novembre 03, 2006

2007: Les jeunes s'invitent dans le débat

J'ai été surpris et flatté de voir que le magazine Ecrans de Libération (qui est passé en version électronique) avait placé une citation de ma pomme en bannière sur sa page d'accueil, à la suite de mon entretien avec Frédérique Roussel :



C'est surtout la première partie qui est étonnante. Le mot débat était effectivement le mot star de la rentrée politique, comme le montrait Presse 2007 (l'outil d'analyse de la presse nationale que j'ai développé cet été). Indéboulonnable depuis le mois d'août. Il faut dire qu'il y a eu les universités d'été des différents partis, puis les débats à l'assemblée nationale sur la fusion Suez-GDF, et, bien évidemment, le fameux débat socialiste qui occupe la presse ces derniers temps. Le «nuage» des mots fréquents variait dans ses détails, mais rien n'avait pu faire dévisser le mot débat de sa position de premier de cordée :



Plutôt encourageant pour la démocratie, me disais-je, en observant cet étonnant message subliminal de la pré-campagne. Mais je me demandais bien quel serait le premier mot à émerger après le temps du débat ! Eh bien c'est fait depuis ce matin :



Le mot jeunes vient de ravir la première place... L'anniversaire des émeutes de banlieues et son cortège d'incidents et incendies divers, jusqu'à la tragédie de Marseille qui a laissé une jeune étudiante entre la vie et la mort, nous ont soudainement rappelé que pendant les débats la révolte continue.

C'est intéressant que ce soit ce mot qui émerge le premier. Le quinquennat a été placé sous le signe des jeunes. Les jeunes que l'on disait détachés de la politique, et qui se sont mobilisés en avril 2002 pour dire NON à Le Pen, en mai 2005 pour dire NON au TCE, au printemps 2006 pour dire NON au CPE. NON, NON et NON. Trois fois NON. Depuis mai 68, la politique n'aura sans doute jamais autant été une tension entre les jeunes et les vieux qui les gouvernent (Chirac briguerait-il un autre mandat ? se demande la presse...). Certains politiques commencent peut-être à le comprendre : comme nous le racontons dans le livre, Ségolène Royal n'a-t-elle pas fait son coming out sur la chanson de Diam's Génération NON NON (alias La boulette) ?

Mais les jeunes dont on a parlé en novembre dernier, et dont on reparle ces temps-ci, ce ne sont pas les mêmes. Ceux-là ne débattent pas, ne votent pas, même si quelque rap stars essaient de les y encourager. Ils lancent des cailloux et des cocktails Molotov, et pas des paroles. Aucune revendication ne s'exprime, aucun porte-parole ne se met en avant. Avez-vous remarqué que la révolte des banlieues de l'automne dernier était une révolte sans mots ?

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