Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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samedi, novembre 04, 2006

2007: Désordre injuste

Nicolas Sarkozy aime visiblement piocher les élements de son langage à droite et à gauche... On se souvient du slogan «La France, tu l'aimes ou tu la quittes» qu'il avait emprunté à Philippe de Villiers, qui l'avait lui-même emprunté au Front National. Maintenant, Sarkozy pique à gauche. Il déclarait hier à Villepin...te (ça ne s'invente pas) qu'il est pour l'«ordre juste», reprenant ainsi à son compte la formule clé de Ségolène Royal, et il prétend même que c'est lui qui avait eu l'idée le premier. On emprunte décidément beaucoup en politique. Ségolène Royal tenait elle-même la formule de Benoît XVI, comme je le raconte ici. Evidemment elle avait pris une volée de bois vert dans son propre camp. On se souvient de Jean-Christophe Cambadélis, bras-droit de DSK, qui lui avait balancé début juin : «La militarisation de la sécurité, ce n'est pas l'ordre juste mais juste l'ordre» (voir ici). Ségo avait d'ailleurs commencé à édulcorer la formule, qui devenait désormais «ordre économique et social juste». Ah! On est rassurés, voilà de la bonne langue de bois rose. Il ne s'agit plus de faire entendre des bruits de bottes dans les cités.

Sarko prend un malin plaisir, à chaque fois qu'il le peut, de ramener Ségolène à droite, sachant que ce tropisme indispose bien des militants du PS. «Félicitations Mme Royal, vous êtes sur le bon chemin !» déclarait-il dès le mois de juin. Cela l'arrangerait-il d'avoir un autre candidat en face de lui ? C'est néanmoins un jeu dangereux. Ses conseillers en communication devraient peut-être lui dire «Père, gardez-vos à droite, gardez-vous à gauche», car à force de pratiquer le grand écart sémantique, son discours risque d'être illisible dans son propre camp. Et un certain Prince Noir se frotte peut-être déjà les mains dans un palais qui n'est pas en Aquitaine, mais rue du Faubourg Saint-Honoré.

En tous cas, Ségolène ne s'est pas laissée démonter : «Si M. Sarkozy reprend mon projet d'ordre juste, c'est d'une certaine façon un aveu d'échec de sa part, car le résultat de sa politique, c'est le désordre injuste», lui répond-elle du tac au tac. En attendant, au PS, c'est juste le désordre...

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