Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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jeudi, mai 25, 2006

2007: Ordre juste

Devinette du jour. Qui a dit : "L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique" ?



Non, ce n'est pas Ségolène Royal. C'est le pape Benoît XVI dans l'encyclique Deus caritas est ("Dieu est amour"). Le souverain pontife y utilise la formule sept fois, ce qui n'est pas rien. Il ajoute: "Un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens, comme l’a dit un jour saint Augustin: «Remota itaque iustitia quid sunt regna nisi magna latrocinia ? » Evidemment, il ne parlait pas d'un pays précis, ni d'une affaire en particulier, mais (catholique ou pas) qui peut désappouver ces propos?

L'encyclique est publiée le 25 janvier 2006. On en parle un peu partout dans les prêches et les publications catholiques. Ségolène Royal commence à utiliser le terme (à ma connaissance) le 10 février à Arras, et en fait depuis l'une des expressions clés de sa campagne.

Coïncidence?



injuste



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22 Commentaires:

Anonymous Nicolas a écrit...

Je savais que Koz était un gourou-recruteur de benoit 16, voilà qu'il a converti Ségo à l'O-J (Ségo qui comme tout le monde l'a noté suit nos blogs) et qu'Edwy Véronis soulève la supercherie !!

je sais - je devrais ête interdit de blague :(

25 mai, 2006 12:10  
Anonymous lds a écrit...

Le premier pic correspond à l'utilisation de l'expression par Benoît XVI, le second, fin avril, par Ségolène Royal. On constate ainsi que l'audience de Ségolène Royal sur le net surpasse celle du pape !

25 mai, 2006 14:23  
Anonymous www.bloghorizontal.com a écrit...

Ce qui est etonnant dans cette encyclique, c'est que l'"ordre juste" que décrit Benoit16 est justement une attitude politique. En gros, il faut que tout le monde soit égal, c'est ça l'"ordrejuste".

Rien de bien nouveau donc. Cela dit Benoit écrit aussi "L’État ne peut imposer la religion" et rapelle le principe de "la distinction entre État et Église", tandis que son texte est justement la description de ce que les Etats doivent faire.



"Il est certain que la norme fondamentale de l’État doit être la recherche de la justice et que le but d’un ordre social juste consiste à garantir à chacun, dans le respect du principe de subsidiarité, sa part du bien commun"
En gros, l'ordre juste c'est le communisme si je comprend bien.

Segolène Royal reprend à son compte une expression bonsentimentaliste pour combler son absence de programme electoral, et par le fait opère la récupération de deux mouvements utopistes : le communisme et le catholicisme.

25 mai, 2006 14:30  
Anonymous Dominique a écrit...

C'est plus ancien :
"Tout l'effort accompli par Léon XIII fut d'ajuster ce système économique aux normes de l'ordre juste. Dès lors il est clair que le système en tant que tel ne peut-être condamné. Il n'est sûrement pas vicieux par nature ; mais il viole l'ordre juste chaque fois que le capital emploie la main-d’œuvre ou les salariés de telle sorte qu'il détourne les affaires et l'activité économique à son entier avantage et selon sa volonté sans considération aucune pour la dignité humaine des travailleurs, pour le caractère social de la vie économique, la justice sociale et le bien commun. " Pape Pie XI, Quadragesimo Anno

25 mai, 2006 16:33  
Anonymous richard peirano a écrit...

J'ai fait une recherche avec l'expression "ordre juste" et l'expression "saint bernard" (de clairvaux) car je pense qu'il doit y avoir une filiation mais je sais plus trop comment. EN tout cas, j'ai trouvé cette référence http://www.dici.org/thomatique_read.php?id=000189 qui est la lettre encyclique de sa sainteté le Pape Pie IX du 8 décembre 1864

"Oui, tous ceux qui ont mis leurs efforts à bouleverser l’ordre sacré et l’ordre public, à renverser l’ordre juste de la société, et à anéantir tous les droits divins et humains, ont toujours fait tendre leurs desseins criminels, leurs désirs et leurs œuvres principalement à tromper et à dépraver la jeunesse qui ne s’y attend pas, comme nous l’avons indiqué plus haut ; et ils ont mis tout leur espoir dans la corruption de cette jeunesse."


Ah, au fait, le titre du chapitre c'est " Socialisme et communisme veulent bannir la religion de la famille."


Ceci étant, je suis persuadé que c'est une notion que l'on doit retrouver au 12e siècle chez saint bernard (peut être dans sa règle des chevaliers du temple) et probablement chez saint augustin (bcp plus loin dans le temps).
Mais c'est vieux tout ça pour moi

25 mai, 2006 22:50  
Anonymous Anonyme a écrit...

Un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens

Toute analogie constatée avec les dirigeants de l'Etat Français est bien sur fortuite.

26 mai, 2006 18:28  
Anonymous Sabin a écrit...

J'ai été un peu surpris de constater que vous avez posté ce billet AVANT l'amnistie présidentielle accordée à Guy Drut. Mais la phrase de Benoît XVI n'en est que davantage juste :-/

27 mai, 2006 13:20  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Anonymous, Sabin> J'ai l'impression qu'on s'enfonce... Chaque jour on se demande si on peut tomber plus bas.

27 mai, 2006 13:54  
Anonymous Merome a écrit...

Je le savais : "ségolisme" connait un petit pic dans le chronologue.
http://www.up.univ-mrs.fr/cgi-veronis/chronologue?mot1=s%E9golisme

29 mai, 2006 11:14  
Blogger Llyly a écrit...

Sur la photo Ségolène auréolée,c'est une stratégie de communication ;=))

29 mai, 2006 13:52  
Blogger Vicnent 31415 a écrit...

"L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique" ?

Encore faudrait il qu'il existât un ordre total et par voie de conséquence, une relation d'ordre. Si cela était vrai, il suffirait de nommer un(e) président(e) mathématicien(ne), ou un ingénieur en recherche opérationnelle.

Mais c'est justement parce que ceci est archi faux qu'on n'a pas un ingénieur à la tête de la France. Le multicritère décisionnel a encore de beaux jours devant lui. Je me demande encore comment qq qui s'adresse à plusieurs millions de personnes peut sortir de tels propos sans se sentir iirésistiblement envahi par la honte.

Alors franchement, ordre juste et autre connerie, merci d'avoir joué.

Et je ne dis pas ça parce que je suis Athée, Anticlérical et UMPiste.

29 mai, 2006 14:10  
Anonymous Eric Mainville a écrit...

Que Ségolène Royal puise au fondement du corpus catholique, cela n'a rien de choquant. Le terme d'ordre juste peut lui avoir été dicté après une lecture de l'encyclique. L'inconscient, ça existe.

Les derniers présidents de la république, quelle était leur religion, au fait? Bouddhistes, taoïstes, athées convaincus, protestants? Non, il se trouve qu'ils étaient tous catholique. Et que, de façon assez claire, ils ont tous dit qu'ils l'étaient. Je ne pense pas que ce soit un hasard.

29 mai, 2006 21:22  
Anonymous Eric Mainville a écrit...

Bien sûr, cela n'enlève rien au principe de laïcité! Le message catho est subluminal et doit le rester!

30 mai, 2006 09:29  
Anonymous Anonyme a écrit...

Héhé avez couplé Ordre Juste avec le petit outil magique appellé l'hyperconstitution????

30 mai, 2006 10:18  
Anonymous Mathias a écrit...

"Ordre juste", cela vous a des petits accents de "juste voie" (traduction variable suivant les sources) confuceenne, ou comment le bon ordre politique nait de l'ordre spirituel/moral, et vice-versa. Curieusement l'expression "juste voie" connait un pic tout a fait synchrone avec celui du "ordre juste" de Segolene, mais je suis pour l'heure trop eloigne des media francais pour savoir si c'est lie...

30 mai, 2006 11:47  
Anonymous Anonyme a écrit...

Vicnent 3141592,

D'où tirez vous que cet idée d'un "ordre juste" implique que cet ordre soit total, univoque, calculable, plutôt qu'un objectif fuyant, délicat, toujours à poursuivre ? Dans son vocabulaire, il s'agit plutôt pour B16 de donner une perspective, un outil d'évaluation morale (cf. le terme "devoir") de l'action politique, pour ceux auxquels il s'adresse.

L'encyclique n'est ni un programme politique ni un manuel de gouvernement. Dire qu'un ordre juste est le devoir essentiel du politique ne simplifie en rien les choix à faire ni le discernement à exercer. C'est d'ailleurs pour cela qu'on n'a pas tort de relever que la reprise de ce terme par S. Royal ne la dispensera pas de s'appuyer sur un programme politique !

Tout ce qu'on peut dire, c'est que "ordre juste" interpelle tous ceux qui veulent de l'ordre sans se soucier de justice, par exemple. Maintenant, en tant qu'AAUMP, vous pourrez toujours critiquer le pape pour son manque de vision politique, mais je ne crois pas qu'il soit candidat à aucune candidature.

31 mai, 2006 14:06  
Blogger Spinodo - Charles Mougel a écrit...

Tout cela m'amuse. Le papadit, Ségolènadit... l'une à copié sur l'un.
Quel est la probabilité, pour qu'une personne, associe ces deux mots, au cours de sa vie ?
- "ordre" et "juste".
Il me semble qu'il est loin d'être nul. Car ordre et la justice, sont tout de même des notions qui reviennent souvent dans le vocabulaire politique ou religieux, non ?
Quelles sont les chances de naissance indépendante de ce couple de mots ?

01 juin, 2006 01:00  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Spinodo> Quelles sont les chances? -- Bien difficile à dire. Pour pouvoir estimer une probabilité, il faudrait avoir une idée de la distribution sous-jacente. Or, les mots ne sont pas de boules dans un sac... Mystère.

01 juin, 2006 11:31  
Blogger Spinodo - Charles Mougel a écrit...

Je cherchais à pointer ici la naissance d'une espèce lexicale...

Une nouvelle forme culturelle, à un moment donné, va avoir une certaine probabilité d'apparition.

Une fois apparue, et perçue progressivement, elle se réplique par adhésion de ses utilisateurs.

Mais, dans l'ensemble des personne non encore confrontées à sa perception, la probabilité de naissance est toujours la même (par humain)!

Ainsi, il est possible d'observer des innovations à plusieurs endroits à la fois, sans qu'il y ait de lien causal de l'un vers l'autre.

Juridiquement, c'est la preuve d'une date de première "perceptibilité" qui fait foi. Mais dans les faits ?

Bref, tout cela pour dire que 2 expressions nouvelles ne sont peut-être pas liées directement. (on retrouve les origines communes, en étudiant les éléments de culture partagée, que l'on pourrait appeler "mèmes").

Il est clair qu'il est difficile de trouver une méthode pour évaluer les degrés de cette "indépendance créative". Sauf peut-être poser la question directement à Ségo pour le cas qui nous occupe ;-)

02 juin, 2006 15:54  
Anonymous Anonyme a écrit...

Bloghorizontal
"En gros, l'ordre juste c'est le communisme si je comprend bien."

pas du tout ! habituelle confusion entre justice et égalité. Ce n'est pas parceque une société est juste que tout le monde a le même rang social... Mais seulement que le loi est la même pour tout et appliquée de la même façon.
Après ce n'est pas parceque j'ai le DROIT d'acheter une ferrari que je PEUX le faire.

Vincent
"Alors franchement, ordre juste et autre connerie, merci d'avoir joué. "

T'as raison la jutice on s'en fout. Et comme c'est pas possible il faut même pas essayer.

02 juin, 2006 21:07  
Anonymous Heisserer a écrit...

La notion d’ordre juste.

http://pheisserer.org



Le terme d’ordre est équivoque.
En un sens, il renvoie à l’idée de paix sociale. Imposée, restaurée ou instaurée par la force et au détriment de toute autre considération, l’ordre est connoté négativement. Il est une valeur conservatrice et réactionnaire, bref l’étendard d’une certaine droite.

En un autre sens, il est le véhicule des idées d’organisation, de rassemblement, de regroupement (cf. les ordres religieux, les corporations étudiantes, et les groupements professionnels), mais aussi des idées de classification, ordonnancement (en biologie) et de proportionnalité, équilibre et beauté (en musique et architecture). Dans ce cas, l’ordre vient modifier, rectifier, améliorer, parfaire, arranger le réel. Il s’oppose profondément à toute forme de conservatisme.

Aux côtés des valeurs de progrès et de justice, il peut, de droit, servir d’étendard à la gauche non-révolutionnaire.

L’expression « ordre juste » est tout aussi équivoque.
Equivocité qui, reconnaissons-le, n’est pas seulement vécue comme une forme de richesses mais aussi comme une source d’ambiguïtés, de perplexités et de craintes. La polysémie de la langue fait peur...le désordre du langage fait (aussi) paniquer.

Passons.

Cette expression (ordre juste) est, (au yeux d’un socialiste), un amalgame honteux :
si l’on tient pour acquis que l’ordre est, par principe, essence ou nature injuste. Derrière tout ordre (présent ou actuel) se cache/rait des injustices passées. Enfouies et tenaces, elles n’en sont pas moins ignobles, obscènes et écoeurantes.

par conséquent, rendre l’ordre juste c’est rendre acceptable ce qui ne l’est pas, ne peut l’être et ne doit pas l’être.

Cette expression est aussi une juxtaposition nécessaire :
si l’on part du principe que la réalité chaotique et désordonnée ne profite qu’aux plus forts (les plus riches et les plus puissants), le désordre, source d’inégalités et de violences doit être considéré comme l’ennemi, l’allié objectif de ceux qui créent et se nourrissent des injustices.

il convient, dès lors, pour créer du lien social, de la cohésion et de l’harmonie de combattre le désordre, c’est-à-dire de corriger les déséquilibres.

Synthèse drôle ou termes seulement mis dans un ordre juste :
L’ordre est juste. Il faut le maintenir (à tout prix)= Approche conservatrice.

L’ordre est injuste. Il faut le détruire (à coup sûr)= Approche révolutionnaire.

Le désordre est juste. Il faut le créer (le plus possible)= Approche libérale.

Le désordre est injuste. Il faut le combattre (à bon escient)= Approche socialiste.

Maintenant si on n’y prête pas garde (ou si l’on fait exprès, cela arrive !), il ressort que comme aux yeux d’un conservateur l’ordre est juste (ce qui signifie incidemment mais pas exactement que le désordre ne le serait pas) et que comme pour un socialiste le (quelque chose du) désordre est injuste, il y aurait comme une communauté de pensée entre le conservatisme et le (un certain) socialisme.

Pourtant, ce n’est qu’un tour de passe-passe conceptuel, tant l’ordre auquel se réfère les socialistes diffère de celui valorisé par les conservateurs.

Ordre à inventer et non à restaurer.
S’il ne s’agit que de restaurer un ordre passé (dépassé devrait-on dire !), le souci d’introduire un ordre juste devient passéiste, conservateur, une authentique perversion/régression aux yeux d’un socialiste.

A l’inverse, s’il s’agit de répartir, rééquilibrer, réguler, maîtriser, transformer la réalité, le projet d’introduire un « ordre juste » devient un idéal de gauche à part entière, pour ne pas dire une utopie nécessaire.

Par conséquent : démontrer, constater que le désordre est source d’injustices, revient à penser qu’inventer de nouvelles sécurités (un ordre ni donné, établi, naturel ou ancien mais à construire, à négocier, conventionnel et nouveau) est un authentique projet de gauche et non seulement une synthèse entre progressisme et conservatisme, entre droite et gauche.

Conclusion :
Ce n’est pas seulement s’il est associé à l’idée de justice que la notion d’ordre est une idée de gauche. C’est en elle-même que l’idée d’ordre est porteuse d’un idéal socialiste. Encore faut-il avoir à l’esprit que cet ordre qui s’oppose à un certain désordre (la violence, la pauvreté, la guerre, les inégalités) doit être inventé !

Ainsi l’analyse de Michaël Fœssel qui considère que « l’essentiel n’est pas tant le contenu de l’« ordre juste » que l’unité qu’il réalise entre conservatisme et progressisme » (Cf. http://www.esprit.presse.fr/esprit/word.php nous semble insuffisante, non pas erronée mais unilatérale et réductrice. Elle ne voit que la dimension négative de l’idée d’ordre et en oublie les aspects positifs.

Pascal Heisserer.

http://pheisserer.org

29 juillet, 2006 11:01  
Anonymous Anonyme a écrit...

sache petit que l état est le froid des monstre froid
je m'explique nous le peuple on se fout
de qui sera président mais une femme nous pensons que cela va vous faire chier et c pour cela que nous allons voter en masse pour sego laine roi ha alle
j en revient au monstre froid nous le savons que l état est l émanation du peuple nous aussi on veut etre des monstres froid et plus froid que les monstres froid
tete de pioche avec des anal lise
suprises brilliantes
manipuler de l intérieur et controler de l extérieur
nous les monstres froid
FNietzsche

02 septembre, 2006 23:07  

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