Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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samedi, novembre 05, 2005

Education: Des chiffres et des lettres

J'ai passé une partie de l'après-midi à corriger le premier QCM de l'année. Je fais (entre autres) un cours d'initiation aux statistiques pour les étudiants de deuxième année de Sciences du Langage. Je mets toujours une ou deux "questions cadeaux", pour que les étudiants ne se ramassent pas un zéro pointé (pédagogie de l'encouragement...), et je m'étais dit que ces deux petites questions faciles pourraient servir de mise en bouche avant d'attaquer le plat de résistance:
1. Si dans un texte de 1000 mots, un cinquième de ces mots sont des verbes, quelle est la proportion des verbes?
  • 200
  • 20%
  • 5%
2. Sur les derniers 6 mois, M. I. Mèle a reçu 6200 courriers électroniques. Parmi ceux-ci, 2300 étaient du spam. Quelle est la proportion du spam dans le courrier reçu par M. Mèle (donnez la valeur la plus proche)?
  • 1/3
  • 23%
  • 2300
Réponses au cas où (sélectionnez avec le curseur pour les voir): [1 = 20%, 2= 1/3]

Résultat des courses sur 29 étudiants:
  • 9 ont répondu faux à la première question (31%);
  • 19 ont répondu faux à la seconde (65%).
Il faut que je précise que ce cours s'adresse à des étudiants qui ont choisi la mineure "Technologies du langage", et qui ne sont donc pas totalement réfractaires aux maths et aux sciences (autres que "du langage"). Ils ont eu l'an dernier trois unités d'enseignement de manipulation des outils informatiques et une de rappel de maths! Je préfère ne pas envisager même le reste de la population de lettres et sciences humaines...

Je ne voudrais pas ajouter ma voix au concert de celles qui clament que notre système éducatif est parti en brioche (je n'ai de toutes façons pas grande solution à proposer), mais il y a manifestement quelque chose qui ne tourne pas rond. On dit que beaucoup d'élèves sortent du primaire sans savoir lire ni compter, mais pouvoir arriver en deuxième année de fac (donc avoir eu son bac, et réussi sa première année) sans savoir maîtriser des outils aussi simples que les proportions, les pourcentages, la règle de trois, etc., j'avoue que ça m'épate.

On parle beaucoup l'illettrisme, qui concerne 9% des personnes scolarisées en France, d'après l'Observatoire des inégalités, et qui, effectivement, est un handicap lourd dans la société actuelle. Mais on parle peu du handicap que représente l'incapacité à maîtriser les maths les plus élémentaires dans la société de demain! Il n'y a même pas de mot pour en parler, c'est tout dire...

Le plus effrayant est que les étudiants de cette filière ont pour ambition massive (90% à main levée) de passer le concours de l'I.U.F.M. et de devenir professeur des écoles. Pourvu qu'ils ratent!!!

Qu'est-ce qu'on peut faire?

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36 Commentaires:

Blogger TOMHTML a écrit...

Pourvu qu'ils ratent !
Vous êtes dégueulasse ! Un peu de respect Monsieur Véronis. Ce n'est pas parce qu'on est nul en calcul mental qu'on n'est pas capable d'enseigner... :-)

05 novembre, 2005 21:03  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Euh... Pas d'enseigner le calcul alors! Ou alors on n'est pas encore sortis de la boucle infernale (élèves qui sortent du primaire sans savoir lire et compter, etc.).

Mais bon, je disais ça sur le ton de l'ironie, bien sûr (j'aurais du mettre le fameux smiley ;-) -- je sens de l'ironie chez vous aussi, ça me rassure. En fait, ce que je souhaite le plus au fond de mon coeur, c'est qu'ils se ressaisissent, bossent comme des malades et réussissent ce concours (je fais tout pour, mais parfois je me sens un peu désarmé!).

05 novembre, 2005 22:53  
Anonymous MaoTseTongue a écrit...

On pourrait avoir les réponses s'il vous plaît. J'aimerais quad mêm savoir si je suis une buse.

05 novembre, 2005 22:55  
Anonymous Dandu a écrit...

Honnêtement, je suis un futur instituteur (je suis en Belgique, pas de concours ici, on a les études dédiées) et le niveau en mathématiques est affreusement bas. Certains ont vraiment beaucoup de difficultés pour convertir des heures/minutes/secondes en un nombre décimal, et je pense que votre "simple" exercice poserait énormément de problèmes à certains élèves de ma classe.

Quant à la remarque de tomhtml, c'est simple : comment apprendre à des enfants des choses que l'on ne maîtrise pas soi-même ?

Sinon, je tiens à vous féliciter pour ce blog, c'est instructif et très bien expliqué.

05 novembre, 2005 22:57  
Anonymous Anonyme a écrit...

(illettrisme)

Et s'ils réussissaient grâce à la "pédagogie de l'encouragement"? :))

Plus sérieusement, merci pour la pertinence de vos articles.

05 novembre, 2005 23:06  
Blogger Jean Véronis a écrit...

MaoTseTongue> Je les ai rajoutées!

05 novembre, 2005 23:07  
Blogger all a écrit...

1) votre blog slashdoté à 22:45/23:00 quel succès !
2) vos étudiants jugent ces questions trop faciles et subodorent un piège, affolement et dissonance cognitive et prout.. On répond à coté.
3) si 2) est vrai cela n'implique pas qu'ils puissent résoudre des pbs plus difficiles

05 novembre, 2005 23:09  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Anonymous> illettrrissmme: merci (c'est le coup de l'arroseur arrosé!)

et merci aussi pour le compliment!

05 novembre, 2005 23:09  
Blogger Jérôme Charron a écrit...

Après une "Rave géante à AixTal-en-Bloggie", il est un peu normal que ces pauvres étudiants aient un peu la tête en vrac...

Plus sérieusement, la situation est tout de même inquiétante. J'ai souvent l'impression qu'il y a dans l'air une course aux études. Une course sans but réel, sans motivation réelle. Le résultat: Des étudiants qui ne savent pas réellement ce qu'ils font ici. Des étudiants qui ne sont pas à leur place. Des étudiants qui suivent des études supérieures pour ne pas être peintre ou maçon... Et pourquoi pas d'abord? Certains seraient finalement certainement plus épanouis...

J'ai tellement souvent croisé des stagiaires en fin d'études d'école d'ingénieur qui me faisaient tout aussi peur que vos étudiants. Aucune motivation, aucune connaissance de leur domaine de compétence, aucune curiostité. Le plus fort de tous ne parvenait pas après six mois de stage à reformuler son sujet. Et dire qu'il entrait sur le marché du travail quelques semaines plus tard...

Il ne faut bien sur pas généraliser.
Mais il serait judicieux d'enseigner à nos bambins que les études supérieures ne sont pas l'unique chemin vers la réussite et l'épanouissement. De nombreuses autres possibilités toutes aussi nobles s'offrent à eux...

05 novembre, 2005 23:14  
Anonymous Anonyme a écrit...

C'est très facile de juger quand on se trouve du bon côté de la barrière. La pédagogie n'a pas besoin d'expertise. C'est bien connu. Je sais bien que ce n'est que du calcul mental mais cela remet en cause le système d'éducation français et pas seulement. Le niveau en maths est pas très élevés chez nos voisins encore que nous, nous avons de bonnes universités.

Il faut être ouvert même à l'échec. Ce n'est parce qu'un élève répond mal à une question qu'il ne serait pas capable de la résoudre en "réfléchissant un peu".

06 novembre, 2005 10:56  
Anonymous MoLysS a écrit...

Je suis tout a fait d'accord avec jerome charron. Je suis moi-même élève ingénieur en informatique, et c'est affolant le nombre d'élèves qui n'aiment pas l'nformatique!!!
Avant d'enseigner aux "bambins" que les études supérieures ne sont pas le seul chemin possible, il faudrait l'enseigner aux parents... et aux profs!!! et oui, quand on entent en première qu'on est "l'élite de la nation" parce qu'on est en S, il y a comme un problème.
Il faudrait aussi expliquer que les études entrainent de moins en moins la sécurité de l'emploi. Un maçon a aujourd'hui bien plus d'avenir qu'un informaticien moyen... et un bon maçon n'est pas plus bête qu'un bon informaticien!!!
Bref, oui, le système éducatif français est à la ramasse, mais les profs en sont en grande partie responsable(désolé pour ceux qui ne sont pas d'accord), et je pense qu'il faudrait permettre aux élèves de savoir vers quelle voie ils s'engagent (faire des stages GRATUITS pendant les vacances d'été où les élèves pourraient découvrir VRAIMENT divers métiers, de maçon a biologiste)

06 novembre, 2005 15:35  
Anonymous MaoTseTongue a écrit...

Merci pour les réponses, je ne suis pas un oiseau ça me rassure ^^

L'idée selon laquelle les élèves croient déceler un piège dans des questions qui n'en cachent pourtant aucun, me semble être la plus probable. Il faudrait faire tout un ensemble de tests pour vérifier ou non cette hypothèse. Par exemple, indiquer la ou les questions qui comportent véritablement un piège, pour ensite comparer les résultats avec ce premier QCM.

06 novembre, 2005 16:57  
Blogger Nicolas Perpétuité a écrit...

Recetrons un peu la situation messieurs.... (meme si ce billet est pose sur le ton de l'ironie, la situation n'est pas si catastrophique dans l'ensemble de l'enseignement francais, bien qu'elle ne semble pas prendre une direction rejouissante a souhait!)

La veritable question pose par J.Veronis est "qu'est ce qu'on peut faire ?"
Qu'est ce qu'on peut faire face a 9% de personnes illetres scolarises ?
Qu'est ce qu'on peut faire face a des eleves de facs Sciences du Langage (filiere lettre et singulierement eloignee des lettres classiques, je le sais puisque j'y suis !) aient des problemes d'apprenhension face a la reflexion mathematique ?
Qu'est ce qu'on peut faire face au fait que majorite des eleves inscrit a l'IUFM soit issus d'une formation litteraire et donc ne soient pas en relation de copinage avec les maths ?
Qu'est ce qu'on peut faire face au "handicap que représente l'incapacité à maîtriser les maths les plus élémentaires dans la société de demain!" ?
Pour les eleves en facs de lettres et a l'IUFM, je n'ai pas de reponses mais un constat : etant donne le fait que l'acces a l'IUFM se fait suite a une licence X, pourquoi chercher a obtenir une licence en math. applique ou droit (section demandant plus de travail regulier et approndi en raisonnement qu'une section de lettres, d'art du spectacle, ou de musicologie) a part pour sa culture generale ?... Je ne denigre pas ses sections puisque j'y appartient mais j'avoue que la reussite ne depend pas de la regularite au travail mais plutot de la capacite a apprendre.
Pour l'illetrisme comme pour tout phenomene de deviance, le probleme doit etre pris a la base (pour la methode : ?)
Pour la repulsion "mathematicale", la tendance principale de ma reponse accusera les methodes d'enseignement. Selon ma propre experience, un des principes de l'enseignement des maths en France est que "le raisonnement prime sur le resultat" quel que soit le domaine. Comment cela peut-il fonctionner dans uns societe de consommation ? Peut etre faudrai t-il un peu faciliter les methodes d'enseignement. Je pense notamment a la maniere d'enseigner la resolution d'equation comme les polynomes du second degre, lourde et contraigante en france mais pas en angleterre ou aux usa (raisonnement pourtant pas complique mais qui cree bien des bloquages en seconde).
Quand au "handicap a maitriser les maths dans la societe de demain", je n'ai qu'une reponse qui va de soi : democratiser l'enseignement des maths et des sciences en france !
"Il faut degraisser le mammouth !" C.Allegre

06 novembre, 2005 19:13  
Blogger Jean Véronis a écrit...

All, Maotestongue> Dissonance cognitive, appréhension du piège, etc. - Bien sûr, je ne nie pas que cela puisse exister: la situation d'examen et ainsi de suite. Mais j'ai d'autres indices que ce simple QCM. En fait, un vécu quotidien (j'enseigne à l'université depuis 25 ans...): les étudiants ont de plus en plus de difficultés avec les problèmes mathématiques simples. Je ne parle pas d'équations, de polynômes, etc. Je parle de règles de trois, de fractions, de pourcentages, d'éléments de géométrie basique. Rien qui dépasse le niveau 4è (et sans doute même CM2 pour beaucoup de choses). Très inquiétant d'autant que bon nombre vont devenir profs des écoles, et vont ainsi participer à la spirale infernale. Plus inquiétant encore: on parle beaucoup d'illettrisme. Presque jamais de l'équivalent en maths et en sciences. Semblerait-il moins grave?

06 novembre, 2005 19:43  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Jerôme, Molyss> Oui, une grande erreur (collective) a été de valoriser pendant des années les seuls métiers intellectuels. Plus personne ne veut être pâtissier, plombier, etc. On paie la mode des "80% au bac". Peut-on renverser la tendance? Expliquer aux jeunes que ces métiers sont beaux, et qu'on en a besoin?

06 novembre, 2005 19:49  
Blogger Nounou, l'ours en peluche a écrit...

Les maths sont quand même coef 4 (sur 14) au concours de l'IUFM. Il est vrai que c'est, pour beaucoup, considéré comme la matière la plus difficile et qui demande le plus de travail. Mais dire que les futurs professeurs des écoles ne savent pas compter, c'est un raccourci un peu rapide.

Par-contre, et cela se retrouve, même chez les élèves "scientifiques", comme aujourd'hui on essaye de priviligier le raisonnement mathématique plus que que le calcul mental (qui n'est pas la même forme de raisonnement), les élèves sont assez mauvais en calcul dès qu'on les prive de calculatrice.

06 novembre, 2005 20:23  
Anonymous Anonyme a écrit...

Bonjour,
j'ai le sentiment que vous sous-entendez que les plombiers et les patissiers ne savent pas calculer un pourcentage ou faire une règle de trois. Détrompez vous. Un patissier sait exactement quelle quantité de beurre et de farine il lui faut le dimanche pour faire 350 croissants et le lundi pour en faire 150. Le plombier ne se trompera jamais dans le calcul de la TVA ni du kilométrage qu'il vous facturera. Le problème, à mon sens, provient plus du fait de calculer dans l'abstraction, en dehors de son domaine de compétence. J'ai remarqué cela aussi dans mon métier. Beaucoup sont perdus dès qu'il faut appliquer ses connaissances théoriques et cesser de suivre des recettes. Il faut aussi enseigner la réflexion et la logique, pas seulement les recettes de chaque corps de métier.

Deuxième point...je suis épidémio...(logiste, pour faire référence à l'un de vos anciens articles sur les "logues" duquel je me suis sentie exclue !)...bref, toute la journée, je compte...les malades, les morts, les facteurs de risques...et je fais des calculs savants pour comprendre "pourquoi ...?" et je ne quitte pas ma calculatrice :) Un académicien peut il vivre sans un dictionnaire à portée de main ? D'ailleurs j'ai aussi un dictionnaire. :D Ne mentez pas. Je suis sûre que vous avez un dictionnaire et une calculatrice vous aussi !

06 novembre, 2005 23:59  
Blogger Jérôme Charron a écrit...

anonyme,
Relisez mon commentaire. Je ne sous-entendais pas que les métiers "manuels" ne nécessitent pas de savoir compter (bien au contraire). J'écrivais tout simplement qu'ils n'étaient pas assez valorisés, et qu'aujourd'hui dans les esprits, la poursuite d'études supérieures semblent (malheureusement) être une obligation.
Concernant votre deuxième point, je ne crois pas qu'il soit question d'être réactionnaire vis à vis des outils dont nous pouvons disposer (calculatrice, dico, ordinateur, internet, ...), mais plutôt de constater que les 2 premières questions du QCM proposé par Jean sont vraiment très très simples... c'est du bon sens, de la compréhension de l'énoncé et non pas des maths. J'ai pour ma part du mal à imaginer de pouvoir me passer dans la vie de tous les jours de ce genre de "calculs".

07 novembre, 2005 00:11  
Anonymous Luc Bentz a écrit...

On pourrait multiplier d'autres exemples à l'envi. Un enseignant du premier degré est un généraliste qui doit, à ses heures, se transformer en professeur d'éducation physique, de technologie, d'histoire-géographie, de chant, etc. Ça n'exclut pas la maîtrise du contenu qu'on enseigne mais on peut penser que les lauréats du concours auront une formation adaptée et, surtout, quelques aides et indications (en mathématiques notamment, les « livres du maître » sont généralement fort bien faits.

Reste la seconde épreuve, qui me semble particulièrement intéressante, parce qu'il n'y a pas de résultat juste mais qu'il faut approcher le résultat par encadrement et comparaison. Je souhaite simplement que vous ayez eu l'occasion de disposer d'une séance après celles des QCM pour qu'ils tirent parti de leur(s) erreur(s), non pas seulement pour refaire à l'identique le même raisonnement, mais pour apprendre à le transposer. (Et c'est une mécanique intellectuelle utile pour valider à la louche un calcul avec calculette : si en tapant 52×38 j'obtiens quelque chose autour de 2000, c'est bon ; à 20 000, il y a un schmilblick (mot qu'on doit à l'invention de Pierre Dac et qui ne fut repris qu'ensuite, bien après, par Guy Lux).

Sur l'illettrisme (débat croisé), on peut creuser un peu plus en examinant l'étude originelle assurée par l'INSEE. J'ai écrit deux ou trois lignes sur le sujet ici :
http://lucbentz.hautetfort.com/archive/2005/10/08/illettrisme.html.

Bien cordialement,

07 novembre, 2005 00:31  
Anonymous Loïc a écrit...

Votre constat, cher professeur, fait évidemment froid dans le dos… De même, si l’on balade ses yeux le long des listes de résultats affichées dans les couloirs de la fac, on est effaré de voir le nombre de notes en dessous de la moyenne, voire en dessous de 5. Mais vos 90% de mains levées ne sont pas forcément une bonne indication de ce que veulent vraiment devenir les individus qui les ont levées, ces mains. N’y a-t-il pas aujourd’hui sur les bancs de la fac une grande proportion de jeunes qui sont là par défaut : « passe ton bac, on verra après… ! »
Le fait d’être là par défaut anesthésie sans doute l’intelligence. Anesthésie d’autant plus forte que l’on a de cesse de répéter à ces mêmes étudiants que les études ne garantissent pas un emploi à la sortie.
Alors parlons de motivations : pourquoi t’es là ? Quelles sont tes passions ? Quels sont tes rêves ?
Je suis assez persuadé qu’une grande partie de ceux qui n’ont pas répondu [1 = 20%, 2= 1/3] sont en fait des gens qui ne savent pas où sont leurs réelles motivations.
Pareil ! Parmi tous ceux qui visent l’IUFM, combien se sont posé la question de la vocation ? Est-que « prof » n’est pas le seul métier qu’ils aient l’impression de connaître ? Simplement parce que c’est le seul métier qu’ils fréquentent depuis qu’ils sont petits ?
Brèf, ya D DKlaj, mé on C pa tjs ù i son vréman….

PS : mR6 pour votr blog ^_^
et continuez à avoir foi en votre enseignement, au non des quelques trop rares qui savent pourkoi ils sont assis devant vous pendant le cours de stats…
;-)

07 novembre, 2005 01:08  
Anonymous Breizahd a écrit...

Mon cas perso : j'ai redoublé ma 6e, et donc j'ai refait les évaluations de début d'année, et qui était les même que l'année précédente. J'ai eu des résultats plus mauvais....
Ce choc m'a fais finir ma scolarité sans trop de soucis. Mais je me rend compte maintenant que j'ai du mal à écrire, compter.... La calculatrice et le dictionnaire orthographique sont de vrais fléaux.

07 novembre, 2005 08:34  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Anonymous>j'ai le sentiment que vous sous-entendez que les plombiers et les patissiers ne savent pas calculer un pourcentage ou faire une règle de trois -- absolument pas! bien au contraire, je suis complètmeent d'accord avec vous.

vous avez un dictionnaire et une calculatrice vous aussi -- absolument, et je suis devenu catastrophique en calcul mental, n'ayant plus à le pratiquer (alors que j'étais excellent à l'école). Mais mon QCM n'était pas un problème de calcul mental (les étudiants avaient d'ailleurs droit à leur calculette, ou tout bonnement au papier et au crayon). je crois que c'était vraiment une question de représentation des pourcentages, fractions, etc. j'ai constaté à de multiples reprises au fil des années que de nombreux étudiants ne savent pas que 20% = 0.2. Cela paraît incroyable, mais, c'est ainsi...

07 novembre, 2005 08:40  
Anonymous Pex a écrit...

Moi je trouve tout cela très cohérent : les futurs profs sont nuls, et pas seulement en maths (il s'agit là aussi d'un problème de compréhension du langage), ce qui altère forcément leur capacité à enseigner, et donc réduit la qualité des futurs profs, etc., etc..

Le seul problème ici, c'est que l'écart de génération entre le professeur, (auteur de ce blogue), et ses élèves, est trop grand ce qui aboutit à une différence de savoir trop importante et donc une cruelle prise de conscience.

Il suffit de réduire l'écart de génération entre les élèves et leur professeur pour que ce problème ne soit plus détecté. En effet, comme le monde moderne nous l'apprend : "sans thermomètre, pas de problème de température" (i.e. : le réchauffement de la planète n'existait pas aux US jusqu'à ce que son effet -les cyclones- ne se fasse sentir).

J'ai 1 constat et 2 questions (donc 1/3 d'affirmation et 2/3 d'interrogation) :

- Plus les autres sont nuls, plus je suis intelligent et donc plus mes chances de m'en sortir sont grandes (ça c'est le constat).

- Les autres questions du QCM étant censées être plus difficiles, quelles est la proportion d'élèves qui a obtenu une note supérieure ou égale à la moyenne;
- Quelle est la véritable motivation de ces étudiants pour devenir enseignant ?

Merci de votre blog.

Pex

07 novembre, 2005 09:10  
Anonymous Abie a écrit...

J'ai un problème :
2300 x 3 = 6900 sauf erreur. Donc 2300 est le tiers de 6900, pas 6200!
2300 corespond à 37% de 6200, ce qui n'est pas tout à fait le tiers...

07 novembre, 2005 20:10  
Blogger Jean-Marc Bondon a écrit...

Très joli billet et quelle richesse de commentaires!

C'est mieux lors d'un calcul si on a un ordre d'idée du résultat à trouver. Il serait intéressant de connaître le nombre d'étudiant qui ont répondu 200 à la première question ne sachant pas visiblement qu'il devait trouver un pourcentage et non le résultat de cette proportion. Mettre la proportion et le résultat de cette proportion parmi les choix possibles était semble-t-il suffisant pour attraper les étourdis.

Les malheureux qui ont choisi 5% ont pu faire l'analogie avec le un cinquième de l'énoncé et là c'est plus grave, il faut revenir à la métaphore du gateau partagé en cinq part.

Nous pourrions également envisager ceux qui ne comprennent pas le sens du mot proportion, le nombre d'étudiant ayant échoué aux deux questions serait une bonne indication.

07 novembre, 2005 20:13  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Abie> Je demandais la réponse la plus proche, donc c'est 1/3.

07 novembre, 2005 22:03  
Blogger Jean Véronis a écrit...

Pex> Je n'ai la réponse qu'à un seule de vos 2 questions: la moyenne générale au QCM a été de 11,1, et 9 étudiants sur 29 n'ont pas eu la moyenne. Dans l'ensemble ils s'en sont mieux sortis avec les questions où il suffisait d'apprendre le cours.

07 novembre, 2005 22:07  
Blogger Vicnent 31415 a écrit...

vu dans une copie d'étudiant en maitrise de sciences économiques :
ln a = b donc ... a = b / ln
étonnant, non ?

07 novembre, 2005 23:13  
Blogger VinZ a écrit...

Après "Sauver les lettres", ne faudrait-il pas aussi un collectif "Sauver les maths" ?

08 novembre, 2005 14:47  
Anonymous Sébastien a écrit...

Un utilisateur anonyme a dit…

" Je sais bien que ce n'est que du calcul mental mais cela remet en cause le système d'éducation français et pas seulement. Le niveau en maths est pas très élevés chez nos voisins encore que nous, nous avons de bonnes universités."

06 novembre, 2005 10:56

Juste pour mettre au point: le niveau en math se détériore aussi dans d'autres pays (je suis de Belgique) et certainement les lacunes sont à combler essentiellement en niveau secondaire voir plus tôt... Mais il me semble faire preuve de chauvinisme que de déclarer que vous, au moins, vous avez de bonnes universités: regardez chez vos voisins et vous verrez si leur universités sont médiocres, comme vous le laissez sous-entendre. Je peux vous dire que les universités française n'ont en tout cas pas une grandre notoriété en dehors de vos frontières et ne sont pas très attractives. Du moins l'opinion que je m'en fais est appuyée par des reportages qui ont tendance à me faire penser que certaines sont en mauvaises états. D'autres constats comme les places insuffisantes dans les auditoires pour les étudiants en médecine et un exode massifs d'étudiant vétérinaires en Belgique me renforcent dans mon opinion. Je ne dénigre pas celles-ci mais le ton qui était doné à cette remarque me semble inaproprié. Pour en revenir à l'article lui-même il serait intéressant de voir combien ont mal compris cette question, l'échec en milieu universitaire devenant de plus en plus lié à une méconnaissance du français. Ne tirons pas non plus de conclusions trop hâtive car un échantillon de 29 personnes n'est pas stastistiquement signifiable. Cependant cela reste troublant...

08 novembre, 2005 16:42  
Blogger VinZ a écrit...

Non, je suis d'accord : en France, nous avons les meilleurs maternelles du monde, nous avons encore malgré tout l'un des meilleurs enseignements secondaires du monde, mais pour les facs ce n'est pas ça...

08 novembre, 2005 17:46  
Anonymous Alice a écrit...

Une chose est sûre: ne demandez jamais à un serveur de vous calculer la TVA sur votre note de restaurant si la machine ne l'a pas fait: faites-le vous même, profitez en pour lui montrer comment on fait (non, on ne multiplie pas le TTC par 19,6%!)

08 novembre, 2005 22:41  
Anonymous Invité a écrit...

VinZ a écrit : « en France, nous avons les meilleurs maternelles du monde ».
Je crois surtout que la France est le seul pays au monde à avoir une École maternelle.
Mais cette anomalie est - semble-t-il - en voie d'être corrigée.

09 novembre, 2005 22:19  
Anonymous Anonyme a écrit...

Le capes,l'agreg ou la thèse ne vous donne pas forcement la fibre pédagogique surtout en maths.

Un de mes profs de maths s'en tirait par une pirouette :

dixit "Si vous n'avez pas compris, sois je parle plus fort, soit j'écris plus gros"

10 novembre, 2005 09:29  
Anonymous Xavier Brochard a écrit...

Le resultat n'est pas si surprenant. Il suffit de compter (je vous renvoie a l'un de vos petits jeu):
define:mathematique
il est vrai que les mathematiques sont plurielles:
define:mathematiques
vos etudiants seraient-ils plus litteraires ?
define:texte
et non, c'est le siecle de l'image:
define:image

18 novembre, 2005 00:41  
Anonymous Pascal a écrit...

Dans un des derniers contrôles de math que j'ai donné à mes élèves : 80% sont restés bloqués sur la première question.
Normal, la question était très au-dessus du niveau demandé.
La réponse à la première question était donnée dans l'énoncé. Ils devaient juste la recopier.
Ce n'était pas un problème de math, mais juste de compréhension de l'écrit.
J'ai été obligé d'annuler le contrôle et d'en refaire un... sans piège.

24 novembre, 2005 10:35  

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