Jean Véronis
Aix-en-Provence
(France)


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mercredi, janvier 12, 2005

Traduction: Intérêt pour l'intelligence économique

Depuis début 2004, le gouvernement s'est doté d'un comité interministériel de "veille et d'alerte" dans le domaine de l'intelligence économique, dont l'un des buts est d'éviter la mainmise d'investisseurs étrangers sur des entreprises sensibles (voir article dans 01.net). Le journal La Tribune révèle dans son édition du 11 janvier (archives payantes seulement) que deux PME spécialisées dans la traduction automatique (TA) ont été aidées par ce comité, qui leur a trouvé des investisseurs privés.

Alain Juillet, haut responsable du comité, déclarait en décembre dans la Revue Défense Nationale (c'est moi qui souligne) :
La construction de la réussite et le niveau de performance reposent désormais sur la capacité d’extraction, de sélection, de traduction, d’analyse des données pertinentes, et de réalisation de synthèses partielles. Il faut savoir chercher à l’autre bout du monde le renseignement qui donnera la clé d’une opportunité ou d’une menace non identifiée. Le responsable politique ou économique doit apprendre à anticiper pour répondre très vite aux manoeuvres de déstabilisation par l’image, la rumeur, ou la désinformation. Il faut devenir réactif pour être capable, dans un délai de plus en plus réduit, de construire, mettre en oeuvre, adapter ou modifier sa stratégie. Il faut être conscient que c’est la détection des signaux faibles qui donnent l’avantage sur l’adversaire. Or, tout cela n’est possible que par un recours aux nouvelles technologies de traitement avancé de l’information dont la qualité, les potentialités, et l’efficacité progressent sans cesse. Pour gagner il faut inventer les circuits du futur dans un monde où le trafic Internet double tous les cent jours.
La CIA en est bien convaincue : elle a mis en place depuis 1999 la compagnie In-Q-Tel dans le but de soutenir les entreprises américaines dans le domaine des hautes technologies liées au renseignement. La traduction automatique fait partie de ces technologies. Elle renoue ainsi avec les motivations qui l'ont fait émerger du temps de la guerre froide. L'administration américaine a oublié le rapport ALPAC, qui avait conclu à l'inutilité des recherches en TA au milieu des années 1960, mais il faut dire que la technologie a largement progressé. Il reste bien des progrès à faire, mais la TA permet désormais de déchiffrer des textes dans un grand nombre de langues étrangères. Si les détails sont parfois osbcurs et embrouillés à cause des erreurs de syntaxe et de sémantique, le thème général et les idées principales sont généralement bien visibles. Chacun peut le tester gratuitement sur le Web, par exemple avec Babelfish. C'est exactement ce que l'on attend dans le domaine de l'intelligence économique, et ce que l'on demandait à la TA trop prématurément dans les années 1950...

1 Commentaires:

Anonymous Aetfrance a écrit...

Plus facile à dire qu'à faire
Cela permet d'alimenter le fonds de commerce de pseudo spécialistes, universitaires ou autres, souvent "officiers de réserve" qui détiennent là leur participation à la guerre en dentelles, certains vrais indics, et rais commerçants...

13 juin, 2005 12:53  

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